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France : Société

Peugeot : le devoir de l’Etat est de ne pas prendre une place démesurée

Jeanne Smits analyse l'affaire Peugeot (article en accès libre) :

"De fait le problème auquel fait face le groupe PSA est le fruit de plusieurs facteurs où la délocalisation de la production des modèles bas de gamme, dont la production en France coûte trop cher, l’insuffisant prestige des véhicules haut de gamme face aux géants allemands notamment, et la saturation du marché français et européen où la concurrence est rude, créent un contexte des plus difficiles.

L’Etat, qui n’est pas par nature constructeur automobile, ni spécialiste en marketing, ni en mesure de dire aux Français qu’ils pourront acheter une voiture de leur choix, pourvu que ce soit une Peugeot ou une Citroën fabriquée en France, n’est décidément pas la solution.

Ce dont souffre Peugeot, ce n’est pas d’un manque de savoir-faire, ni d’un besoin d’aide directe de l’Etat. Le patron de PSA, Philippe Varin, ne souhaite pas une nouvelle prime à la casse : « C’est du dopage, ce sont des prix cassés, on ne va pas acheter deux fois les voitures. » Non : il plaide pour que « la capacité d’innovation de cette filière puisse se réaliser », et pour cela, il faut une baisse « massive » du coût du travail en France. Ce n’est pas que Peugeot manque de sécurité financière, ni d’usines qui marchent, ni de clients : l’entreprise produit bien à l’étranger et les marchés étrangers lui sont ouverts.

Ce sont les lois sociales, les charges, les 35 heures, la socialisation de l’économie et tout ce qui est au service de l’Etat-nounou – largement financé par les entreprises – qui entravent la marche normale de l’entreprise en France, en somme. « Pour restaurer nos marges, il y a une marge de flexibilité sur le coût du travail. Nous avons le coût du travail le plus cher en Europe et nous produisons 44 % de notre production en France, donc il faut baisser les charges qui pèsent sur le travail de manière massive. » 44 %, c’est plus que n’en fait Renault…

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a préféré parler du « devoir » de PSA Peugeot Citroën « vis-à-vis de la nation France ». Mais c’est d’abord le gouvernement qui a un devoir vis-à-vis de la nation France. Le devoir de ne pas laisser l’Etat prendre une place démesurée.

Le travail et l’économie au service de l’homme ? Au service du patriotisme ? Cela ne peut fonctionner que dans le cadre d’une entreprise qui réussit sur le plan économique et financier, sans être entravée par l’idéologie à la fois mondialiste et socialiste qui empêche d’agir en fonction de la complexité du réel.

Les syndicats, et spécialement la CGT, s’annoncent combatifs. « On va devenir le pire cauchemar de Peugeot », clame Jean-Pierre Mercier, délégué CGT à Aulnay-sous-Bois. Et à Varin, « on va lui faire la guerre ». Langage qui en dit long sur la difficulté de faire fonctionner une entreprise dans une logique de lutte des classes. Casser le patronat ne peut aboutir qu’à casser l’entreprise… […]"

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13 commentaires

  1. Il y aussi le fait de la concurrence déloyale dans des pays à faible coût de main d’oeuvre où l’homme est réduit à être payé à sa survivance… Travailler toujours plus, pour gagner moins au final…

  2. Analyse clairvoyante et plutôt mesurée.
    « (… )sans être entravée par l’idéologie à la fois mondialiste et socialiste ».
    L’aspect socialisant et le racket fiscal est très bien mis en avant, il faut une « baisse massive du coût du travail ».
    Il aurait cpdt été souhaitable de plus parler des effets pervers de la mondialisation, des délocalisations et du dumping social qui tend vers un esclavage mondialisé.
    Il y a pas 36 solutions : retour du protectionnisme et des douanes pour préserver nos emplois.

  3. Peugeot a raison de quitter la France. Que les socialos se débrouillent. Eux qui donnent des leçons à la terre entière et subventionnent grassement les syndicats.. caste privilégiée…

  4. Excellent article.
    Quant aux employés en colère, ils peuvent manifester sans fin, défiler partout en France, incendier leurs usines, voire tuer les directeurs, tout sauf créer un seul emploi.
    Voilà ce qu’ils devraient comprendre et se souvenir qu’ils ont voté pour des gens qui ne savent rien du tout du commerce mais qui veulent régenter tout.

  5. Excellent article.
    Ce qui se passe pour PSA se produira pour d’autres entreprises petites et grandes.
    Le coût du travail est trop cher chez nous dans un contexte de libre échange sans frontière.
    Charges sociales asphyxiantes et salaires trop élevés par rapport aux pays concurrents.
    Et les démagogues de gauche comme de droite voudraient encore augmenter le smig ! La clef sous la porte et vogue la galère.

  6. Baisse des charges sociales de 25%, baisse de la TVA à 15 % . Voilà les ingrédients de la croissance. Ce qui sera perdu d’un côté sera gagné de l’autre, retour de notre industrie, relance de la consommation immédiate par le simple effet de levier des masses qui sont dépensières par essence. Imposition sur les transaction financière à 4 % au niveau européen, dé-remboursement des actes d’IVG (qui ne sont pas des maladies) voilà d’autres pistes permettant recettes et économie. réduction de 25% du salaires des hauts fonctionnaires en seront une autre. De 15000 à 11250 mensuel cela laisse de quoi acheter qq paquets de pâtes.
    De plus sur cette affaire l’état n’a AUCUNE leçons à donner et surtout pas la bande à flambe. Rappel l’état est encore actionnaire de Renault qui produit massivement à l’étranger. De plus sur ces chiffres effets d’annonce se sont environ 2000 emplois qui seront transférer sur les autres sites de productions. Une fois de plus dés que les rouges sont au pouvoir c’est la chienlit, pas 6 mois aux commandes de levier immédiat des troubles sociaux, commandités par les forces socilo- communistes aves à la clés les bonnes vieilles recettes patron facto et tout le tsinsouin. Il y en a un qui doit rigoler, mais rigloer à ce taper sur le ventre , c’est niko. Le cadeau flambe va en attraper une allergie, pas plus de 18 mois vous verrez …………

  7. tout est faux : il est clairement démontré que le coût du travail n’est pas plus élevé en france qu’en allemagne et notamment dans le secteur automobile où, au cas particulier de Peugeot, il est inférieur de…10%. Le problème, c’est le coût de production, et ce n’est pas la même chose. Et chez peugeot, ce coût est très élévé pour des raisons largement développées dans les magazines spécialisés.
    La où jeanne smits n’a rien compris à la stratégie de Peugeot, c’est que c’est justement sa tentative de positionnement sur le secteur des véhicules haut de gamme face aux marques allemandes qui s’est révélé catastrophique, alors que Peugeot aurait du continuer à travailler sur son coeur de métier, le véhicule généraliste, ce qu’à fait renault. C’est donc bien, au cas particulier, la stratégie de la famille Peugeot qui est en cause et non les éléments incriminés par jeanne smits. Il devient lassant, comme je l’ai déjà dit dans un autre post, de voir ressortir ces derniers temps tous les stéréotypes de la vulgate libérale pour expliquer de manière simpliste, une situation extrêmement complexe dont les causes internes, externes et systémiques réelles ridiculisent une analyse à l’emporte-pièce particulièrement dogmatique.
    Juste comme ça, en passant, rappelons à jeanne smits, que la restructuration économique des trente glorieuses est largement l’oeuvre de l’état qui mit en oeuvre un colbertisme modernisé.
    Quant à la haine anti ouvriers et anti fonctionnaires qui se dégagent de certains commentaires, elle est attrante.

  8. Jeanne smits sait-elle qu’aux USA, c’est l’état qui a sauvé GM de la faillite et en a refait le 1er constructeur américain en 4 ans, en entrant majoritairement au capital de la firme ?

  9.  » Quant à la haine anti ouvriers et anti fonctionnaires qui se dégagent de certains commentaires, elle est attrante. »
    aramis, pourriez–vous expliquer cette phrase ?
    ____________________________________________
    Merci pour votre commentaire économique, simple et clair, et qui permet de mieux comprendre les évènements.

  10. je vois deux commentaires qui manifestement font des ouvriers, syndicats et fonctionnaires les cibles un peu faciles,la source des problèmes (je ne dis pas que les syndicats et fonctionnaires ne posent certains problèmes d’organisation et de structures, mais c’est un autre problème). C’est une logique de bouc-émissaire. Ces réactions sont récurrentes dans les commentaires des articles économiques du salon beige? Témoignant quelquefois d’une véritable haine effectivement. Je trouve cela atterrant, désolant de facilité. C’est ce que je voulais dire.

  11. Voici ce qui arrive à Peugeot :
    « A vous maintenant, riches ! Pleurez et gémissez, à cause des malheurs qui viendront sur vous. Vos richesses sont pourries, et vos vêtements sont rongés par les teignes. Votre or et votre argent sont rouillés; et leur rouille s’élèvera en témoignage contre vous, et dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez amassé des trésors dans les derniers jours! Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie , et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur des armées. Vous avez vécu sur la terre dans les voluptés et dans les délices, vous avez rassasié vos coeurs au jour du carnage. Vous avez condamné, vous avez tué le juste, qui ne vous a pas résisté ». (Jacques 5:1-6)
    Mettre Peugeot aux tribunaux
    Peugeot, pour éliminer ses employés qui ne veulent pas prendre leur retraite quand il le demande, trouve des prétextes futiles pour les licencier pour faute grave. Demandez au service Pôle Emploi le nombre de licenciements pour faute grave enregistrés dans les 2 ou 3 ans avant la retraite, le nombre en est anormalement très élevé.
    Si donc Peugeot exerce une justice aussi expéditive, c’est la méthode que le gouvernement doit employer à son encontre.
    Je lui suggère particulièrement cette attaque qui ferait du bruit :
    «L’exclusion de certains salariés du bénéfice de l’avantage consenti sous la forme d’une mesure générale, applicable à l’ensemble du personnel, en l’occurrence une augmentation de salaires, se présente comme une sanction puisqu’elle était fondée sur un comportement jugé reprochable.» (art. L. 140-1 ch.III B – 32. du code du travail)
    «Aucune sanction ne peut être infligée au salarié sans que celui-ci soit informé dans le même temps et par écrit des griefs retenus contre lui.» (art. L. 122-41 du code du travail)
    Les membres du Conseil d’Administration et du Conseil de Surveillance PSA se sont augmentés de plus de 80 % en 2011 tandis que les salariés ont été augmentés de 1,7 %.
    Il faut faire recracher les énormes augmentations que les grands se sont permis en laissant les moyens et petits sur le carreau. La manière d’y parvenir est de les attaquer sur les 30 ans passés sur la différenciation d’augmentation systématique entre les grands et les autres dans chaque société ou service, ce qui est interdit par les lois citées ci-dessous.
    Les courbes du PIB et des salaires montaient de concert il y a plus de 30 ans et soudainement le différentiel entre le PIB et les salaires a changé de pente vers le haut. Tout ce différentiel est passé dans la poche du haut patronat. Il s’agit donc bien d’un accaparement systématique de la richesse du pays.

  12. aramis, merci pour cet éclaircissement : je saisis mieux le sens de votre dernière phrase.

  13. … et la politique y est aussi pour bcp :
    PSA vendait 450 000 véhicules/an à l’Iran !
    Ceci peut aussi expliquer cela…
    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_He8rNza6w4

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