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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Personne n’a pu contester le fond des propos de Mgr Vigano

Personne n’a pu contester le fond des propos de Mgr Vigano

Jean-Marie Guénois, rédacteur en chef du Figaro, responsable des affaires religieuses, est interrogé dans La Nef à propos des scandales d’abus sexuels dans l’Eglise. Extrait :

Comment analysez-vous le fait que le pape n’ait pas répondu ou fait répondre aux graves accusations de Mgr Vigano comme le souhaitaient nombre d’évêques américains ?

L’épiscopat américain, comme l’épiscopat africain, figurent parmi les épiscopats les moins en phase avec l’actuel pontificat. Cela dit, l’Église reste l’Église. La foi catholique n’est pas ici en jeu. Il s’agit d’opinions sur des orientations pastorales qui peuvent avoir de lourdes conséquences.

L’affaire Vigano est d’un tout autre ordre. Si Mgr Vigano a ruiné sa crédibilité en demandant la démission du pape, ce n’est pas pour autant un hurluberlu. Vigano est celui qui, sous Benoît XVI, avait déjà osé dénoncer les compromissions financières au sein du Vatican. Il était en charge du gouvernorat de la cité du Vatican, il savait tout. Sa dénonciation adressée à Benoît XVI s’était retrouvée dans la presse en raison des fuites de documents de l’affaire Vatileaks. Ce n’est pas Vigano qui les avait provoquées. C’est donc un homme à la réputation de rigidité et de droiture. Par devoir de « conscience », il vient de sacrifier sa carrière et sa réputation pour dénoncer la prégnance de l’homosexualité dans certains milieux ecclésiaux et les réseaux de pouvoirs de ce genre dans l’Église. Il a été attaqué comme personne, mais personne n’a pu contester le fond de ses propos.

Le pape, par ailleurs, ne pouvait répondre à quelqu’un qui demandait publiquement sa démission. Enfin sur la question « homosexuelle » tout le monde sait que ce n’est pas un sujet hors de propos. Au printemps 2017, Mgr Luigi Capozzi, secrétaire du cardinal Coccopalmerio, président du Conseil pour les textes législatifs, fut arrêté par la gendarmerie Vatican dans son appartement au deuxième étage du palais de la Doctrine de la foi lors d’une partie fine homosexuelle avec de la drogue… Autre fait retentissant, la démission de Mgr Krzysztof Charamsa, en octobre 2015, veille du synode sur la famille, pour proclamer son homosexualité. Il était secrétaire adjoint de la Commission théologique internationale, basée au Vatican. L’affaire de Mgr Ricca, l’un des hommes de confiance du pape François à qui il a confié de superviser indirectement les finances du Saint-Siège est également indéniable. C’est en répondant à une question à son propos, car un scandale homosexuel le concernant était connu, dans l’avion du retour des premières JMJ de François au Brésil, que le pape a prononcé la fameuse phrase « qui suis-je pour juger ? » Il faudrait ajouter en 2018, l’affaire Barros au Chili, l’affaire du cardinal McCarrick aux États-Unis, l’affaire de Mgr Pineda au Honduras qui fut auxiliaire du cardinal Maradiaga, conseiller de François. Et celle qui vient de rebondir avec l’argentin Mgr Zanchetta qui touche très directement le pape qui l’a promu à Rome. Toutes sont des questions d’homosexualité. Il ne s’agit pas de « juger » quiconque comme dit le pape mais les accusations de Vigano ne sont pas des lubies.

À l’occasion de l’affaire Vigano, certains ont évoqué un « complot » du catholicisme conservateur américain pour déstabiliser le pape François : qu’en pensez-vous ?

Il n’est pas faux que des groupes conservateurs américains catholiques s’emploient dans une vision très « Far West » à déstabiliser le pape. Il n’est pas faux que Mgr Vigano y a des amis et des appuis. Il n’est pas faux qu’il a fait relire sa lettre par Marco Tossati – un des grands vaticanistes de la Stampa à l’époque de Jean-Paul II – aujourd’hui publiquement anti-François. Ce qui a nourri – après une première salve d’accusations diffamantes sur la personne de Vigano – la seconde ligne de défense pour contre-attaquer les révélations de sa lettre : on l’a alors accusé d’être aux mains de lobbies ennemis du pape François. Mais c’est oublier que Vigano n’est pas un prêtre du fond des Pouilles. Il a occupé la plus haute charge de gestion interne du Vatican, il a occupé le plus haut poste diplomatique, celui de Washington. Son objection de conscience vient donc de loin : il l’avait exprimée, sous Benoît XVI, contre les malversations financières dans la gestion des finances du Vatican profitant à des entreprises amies avec des « commissions », en liquide ; il l’a exprimé, sous François, contre le cardinal McCarrick, ancien archevêque de Washington qui a reconnu avoir couché avec ses… séminaristes, symbole donc des réseaux homosexuels dans l’Église. On dit Vigano rigide et ambitieux. On devrait aussi reconnaître son courage et sa conscience. Même si ce prélat a manqué de prudence en demandant au pape sa démission. […]

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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3 commentaires

  1. ” Il y a aussi derrière cette indignation face à des prêtres pervers, l’attente consciente ou non, de prêtres saints. De l’Eglise, les gens attendent un exemple ”
    J.M. Guénois a raison de souligner cette attente des fidèles. Ceux qui imaginent que cette dénonciation de l’homosexualité dans l’Église tient plus d’un complot de la presse pour l’atteindre et salir son image que de la réalité se comportent en autruche. Casser le thermomètre ne guérit pas le malade.
    Même si cette réalité existe aussi voire plus fortement dans la société laïque, il n’en reste pas moins qu’on attend des clercs de l’Église un comportement exemplaire car à quoi servirait la foi si elle n’incite pas à nous débarrasser de nos travers et vices ? Combien de fidèles ont ainsi perdu la foi en constatant ces comportements honteux chez ceux dont nous sommes sensés imiter les vertus ?
    L’homosexualité a pu se développer parmi les prêtres pendant de trop nombreuses années en profitant du silence coupable de tous ceux qui désapprouvaient cette déviance. Il faut donc inlassablement la dénoncer pour faire cesser le martyre de l’Église.

    • Dans les années 30 , il y avait l infiltration des communistes dans le milieu ecclésiastique et on peut se demander à quel point , ils n ont pas eu une part d aggiornamento dans Vatican d eux (2) et maintenant ils enfoncent le clou avec l homosexualité et la pédophilie qui lui est concomitante. On imagine sans peine que tout est ” bien” orchestré depuis un centre qui se trouve au Moyen-Orient dont les loges sont la courroie de transmission .

  2. Entier soutien à Mgr Vigano !
    La vérité nous rendra libre.
    Si l’on peut comprendre que l’Église ne souhaite pas faire de publicité à tout cela et qu’une certaine discrétion puisse être de mise, il est par contre INADMISSIBLE que de lourdes sanctions n’aient pas été prises contre la totalité de ceux qui ont eut des comportement illicites.
    Malgré les révélations de Mgr Vigano on attend toujours les sanctions !!!

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