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L'Eglise : François

Père Sylvain Brison : “On peut tout à fait critiquer le pape et son action : il n’y a pas de pensée unique dans l’Église”

Père Sylvain Brison : “On peut tout à fait critiquer le pape et son action : il n’y a pas de pensée unique dans l’Église”

Extraits de l’interview accordée à La Croix par le père Sylvain Brison, ecclésiologie, maître assistant à la faculté de théologie de l’Institut catholique de Paris à propos de ce qu’est un schisme pour la théologie catholique :

Est-on schismatique lorsque l’on critique le pape ? Ou lorsque l’on écrit au pape ses dubia (doutes), comme l’ont fait quatre cardinaux après le synode sur la famille ?

Père Sylvain Brison : Dans sa conférence de presse donnée dans l’avion qui le ramenait de Madagascar, le pape rappelle bien que le schisme est une atteinte à l’unité du peuple de Dieu, pas seulement à sa hiérarchie. On peut tout à fait critiquer le pape et son action : il n’y a pas de pensée unique dans l’Église. Celui qui dit que le pape est « communiste » n’est pas à proprement parler schismatique. De même que ces cardinaux qui ont exprimé au pape leurs dubia, tant qu’ils restent avec lui dans un dialogue ouvert (…)

Qu’est-ce qu’un schisme pour la théologie catholique ?

Père Sylvain Brison : Le schisme est une rupture de communion avec l’Église. Cette définition est à la fois la plus simple et la plus traditionnelle. Les pères de l’Église, qui ont été très tôt confrontés à ce problème, étaient particulièrement sensibles aux ruptures de communion sur le contenu de la foi. À leur époque, tout schisme est une hérésie et toute hérésie est un schisme. Ceci tient au fait que l’unité de l’Église repose sur l’unité de la foi et non l’unité de la pratique. Les catholiques croient tous la même chose mais ils ne pratiquent pas tous de la même façon partout (…)

À quel moment les critiques deviennent-elles dangereuses pour la communion de l’Église ?

Père Sylvain Brison : Le problème surgit lorsqu’elles en viennent à porter atteinte à l’unité du peuple de Dieu et donc de la foi. Autrement dit, mettre en cause de manière continue et répétée l’autorité du pape, l’accuser d’hérésie peut déboucher sur un schisme. Au fond, et comme le dit le pape, le problème n’est pas tant la critique mais l’attitude qui est derrière : s’agit-il de construire l’unité ou de diviser ? Aujourd’hui, il y a incontestablement entre le pape et certains courants catholiques – américains, allemands ou autres – des différences doctrinales, disciplinaires et idéologiques. Ces différences d’appréciations sont normales, et on ne considère pas qu’il y a un schisme dès lors qu’un groupe entre en résistance contre le pape… sinon, il y en aurait eu beaucoup dans l’histoire de l’Église ! (…)

Le devoir du pape mais aussi de tout chrétien est de préserver l’unité de la foi, coûte que coûte parce que nous croyons qu’il n’y a pas de Salut en dehors de la communion de l’Église. Un schisme est donc toujours un échec, des deux côtés.

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1 commentaire

  1. Le Pape doit préserver l’unité de la Foi mais pas de n’importe quelle foi au contenu plus ou moins liquide ou variable. Il doit préserver l’unité autour de la foi reçue des NS Jesus Christ, pas autour de concepts moderno-compatibles. François semble vouloir trouver une unité autour d’une pastorale nouvelle sous-tendue par des dogmes nouveaux (incompatibles avec les enseignants de toujours).

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