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Culture de mort : Avortement / Marche pour la Vie

Oui, nous sommes contre l’avortement

Oui, nous sommes contre l’avortement

Dans Valeurs Actuelles, Charlotte d’Ornellas a interrogé le porte-parole de la Marche pour la vie, Adélaïde Pouchol, rédactrice en chef adjointe de L’Homme Nouveau.

La « marche pour la vie » s’organise encore cette année, pourquoi ce rendez-vous annuel ?

Qu’y a-t-il de plus fondamental que la question du respect de la vie ? Dire et redire qu’aucun humain ne peut être considéré comme une variable d’ajustement et que le respect de la vie est le fondement même de la civilisation me semble être le minimum vital de l’engagement politique.

On pourrait résumer l’enjeu de la Marche pour la Vie en trois mots : dire, demander et encourager. Nous marchons pour dire qu’un enfant est une personne comme les autres et qu’à ce titre, il ne peut être considéré comme un droit ou un dû dont les adultes peuvent disposer ; pour dire que les médecins ne sont pas les fonctionnaires de la puissance politico-médiatique que l’on peut forcer à poser un acte qu’ils réprouvent. Et, parce que nous sommes convaincus qu’on passe de la civilisation à la barbarie dès que l’on cesse de protéger les plus petits d’entre les hommes, nous marchons pour demander une politique en faveur de la vie. Enfin, nous marchons pour encourager tous ceux qui se sentent seuls dans leur combat, encourager tous ceux qui pensent que l’avortement et toutes les autres évolutions bioéthiques qui fragilisent la société sont une fatalité.

Vous êtes cette année le porte-parole de la « marche pour la vie ». Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter de le devenir ?

A titre personnel, alors que je commençais tout juste dans le journalisme, j’ai eu l’idée avec une amie d’aller « infiltrer » le Planning familial pour voir, de l’intérieur ce qu’on y raconte aux femmes enceintes. J’y suis donc allée plusieurs fois dans le cadre de cette enquête journalistique, un coussin sous le pull, avec des scénarios différents… Outre les menus arrangements avec la loi (ordonnances falsifiées, etc…), tout est fait pour pousser à l’avortement, la grossesse est présentée comme une maladie et les hommes comme des monstres. Ce que j’ai vu et entendu là-bas a été un électrochoc (J’ai voulu avorter, hors-série des Ed. de L’Homme Nouveau). Et justement, la Marche pour la vie, avec ses milliers de militants de tous les âges, avec son espérance et sa persévérance, me semble être un bel antidote à la culture de mort !

Qu’attendez-vous concrètement de ces manifestations ?

Médias et politiciens s’acharnent depuis 40 ans, pour l’immense majorité d’entre eux, à expliquer que l’avortement n’est pas un sujet ou que fabriquer un enfant dans une éprouvette puis le priver de père est une évolution nécessaire de la société qu’on ne saurait remettre en question. Il y a une conspiration du silence sur l’avortement conjuguée à une forme de dictature du progrès qui interdisent toute pensée qui, pour faire court, serait contraire aux recommandations du CCNE et aux tweets de Marlène Schiappa. Parce qu’elle remet, année après année, la question du respect de la vie sur la place publique, la Marche pour la Vie est le caillou dans la chaussure du moralement correct. Si, en nous voyant passer dans la rue, une seule personne pouvait prendre conscience que l’avortement n’est pas encore une affaire définitivement classée en France, si une seule femme blessée par un avortement pouvait comprendre qu’il y a des gens pour entendre et reconnaître cette souffrance, si une seule personne pouvait réaliser que sous couvert de médecine on élimine aujourd’hui en France 96 % des trisomiques… Alors nous aurions gagné !

Vous avez cette année choisi de vous focaliser sur la question de la liberté de conscience. Pourquoi ce choix ?

C’est une chose que d’être convaincu de la valeur de toute vie, encore faut-il pouvoir le dire et le vivre. L’hystérie collective qui s’empare de la plupart des personnalités politiques et médiatiques dès que quelqu’un ose remettre en cause l’avortement ou la PMA sont la preuve que la liberté de conscience est très abîmée en France. Évidemment, le scandale autour des propos du docteur de Rochambeau en septembre dernier a remis l’objection de conscience sur le devant de la scène… De quoi affoler tous ceux qui, militant pour le droit des femmes à choisir, voudraient que les médecins, eux ne puissent plus rien choisir du tout. Pouvons-nous laisser advenir, sans rien dire ou faire, une société dans laquelle un médecin n’a même plus le droit de soigner en conscience ?

La liberté de conscience générale existe déjà en médecine, certain vous répondrons qu’il est dont inutile d’en avoir une deuxième spécifique à l’avortement…

Ceux qui veulent supprimer la clause de conscience spécifique ne le font pas pour faciliter le recours à l’avortement, quoique ce soit l’objectif affiché. Il est aujourd’hui beaucoup plus facile d’avorter que d’avoir un RDV d’opticien et les 220 000 avortements annuels en sont la preuve. Cette clause gêne parce qu’elle est le signe que l’avortement n’est pas un acte médical comme les autres. Il n’est, d’ailleurs, pas un acte médical du tout. En outre, aujourd’hui la clause de conscience spécifique ajoutée à la clause de conscience générale ne suffit pas : les témoignages sont nombreux de sages-femmes, infirmières, médecins… qui sont violemment critiqués, harcelés dans leur travail ou même licenciés après avoir fait objection de conscience. Dans de telles circonstances, deux dispositions juridiques ne sont certainement pas de trop.

Outre cette revendication, êtes-vous contre l’avortement tout court ?

Oui, nous sommes contre l’avortement, tout simplement parce que nous sommes pour la vie ! Je sais bien que c’est la chose à ne pas dire aujourd’hui et pourtant, je suis fière d’être de ceux qui pensent que chaque vie compte, même une vie abîmée, même une vie fragile, même une vie inattendue ! Alors nous marcherons le 20 janvier parce que nous sommes convaincus que la société peut répondre autrement que par l’avortement à la détresse des femmes, pour dire qu’une loi qui permet de supprimer une vie innocente pour résoudre un problème n’est pas une avancée sociale.

Mais c’est aujourd’hui considéré comme un droit de la femme…

Quand on écoute les femmes, deux témoignages ressortent tout particulièrement. Il y celles qui avortent parce que leur conjoint ou compagnon menace de partir si elles gardent l’enfant : il est tellement plus facile pour un homme de faire avorter sa femme que de prendre ses responsabilités. Il y a aussi celles qui avortent parce qu’elles peinent à boucler les fins de mois et ne savent pas comment elles pourront nourrir une bouche en plus : il est tellement plus facile pour nos politiques de promouvoir l’avortement que de lutter contre la précarité. Bref, dans de trop nombreux cas, l’avortement est un signe de l’impuissance masculine ou politique. On fait mieux comme symbole de libération des femmes, non ?

En évoquant le grand débat national à venir, le porte-parole du gouvernement a précisé que l’avortement ne serait pas remis sur la table. Que vous évoque cette précision ?

En disant que l’avortement ne serait pas remis sur la table, le porte-parole l’a fait, justement ! Sa déclaration est la preuve que le sujet n’est pas clos, loin s’en faut. Notez l’ironie de ceux qui disent que la remise en cause de l’avortement est largement minoritaire, qu’elle n’est l’affaire que de quelques sales types arriérés et qui, en même temps – comme dirait l’autre – réagissent comme si le droit à l’avortement était gravement menacé. Ce droit finira par tomber parce qu’il est le contraire de ce qui fait une société, il est même le ferment de la dissociété dès lors qu’il fait dépendre le bonheur, l’autonomie  ou le confort des uns de la mort des autres. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’un des reproches que nous adressent le plus souvent les militants pour l’avortement est ce fameux « Si une femme veut avorter, c’est son problème pas le vôtre. » Au contraire, nous croyons que ce qui fait la société, c’est la conscience que les actes des uns ont des conséquences sur les autres et l’idée qu’on ne peut tendre au Bien commun qu’en se souciant d’un peu plus que de son propre confort. Imaginez un peu un monde où l’on dirait : « Ce gars au coin de la rue crève de faim mais c’est son problème, pas le vôtre » ou bien « ce monsieur a battu sa femme mais c’est leur problème, pas le vôtre » !

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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