On pouvait espérer qu’avec François Hollande, le fond avait été touché

Lu dans Les 4 Vérités :

7787934_bd3a38e2-7614-11e8-9d1a-96cec5ced457-1_1000x625"Chaque jour nous donne une nouvelle illustration de cette maxime de Bossuet: «Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Le plus frappant, en effet, chez les politiciens contemporains, c’est leur inconséquence. Ainsi, la semaine dernière, à deux jours d’intervalle, Emmanuel Macron a-t-il défendu et abaissé la dignité présidentielle.

D’abord, il a « recadré » un lycéen apprenti révolutionnaire qui l’appelait « Manu ». Il lui a sèchement rappelé que l’on disait «Monsieur le Président» et l’a enjoint de passer son bac avant de songer à la révolution. Mais, deux jours après, il a transformé l’Élysée en boîte de nuit interlope, laissant des chanteurs qui s’enorgueillissaient de se définir comme « noirs et pédés », insulter la France – en anglais d’ailleurs.

Allons, me direz-vous, vous n’entendez rien à l’art … Ce qui est sûr, en tout cas, c’est je ne vois rien de beau dans ces borborygmes et ces danses tribales. Et je trouve indécent que des chanteurs invités dans la résidence du chef de l’État appellent à brûler la maison (sic!). Sans parler de la promotion de la drogue et d’un traitement des femmes à faire rougir Harvey Weinstein. Nous sommes loin de l’amour courtois et de la galanterie française!

Il est vrai que la résidence fut naguère construite pour être une garçonnière et que c’est une façon de la rendre à son utilisation originale. Il est vrai aussi que l’occupant des lieux avait eu le goût exquis de nier jusqu’à l’existence de la culture française pendant sa campagne électorale. Mais comment M. Macron peut-il raisonnablement être écouté des jeunes Français quand il prétend restaurer l’autorité de l’État si lui-même la détruit si méthodiquement ? La semaine dernière, le vrai révolutionnaire n’était sûrement pas ce gamin, mais bel et bien le président de la république lui-même.

Je ne peux pas m’empêcher depenser à l’affiche soixante-huitarde représentant le chef de l’État de l’époque avec, au-dessous, le slogan: «La chienlit, c’est lui ! » Depuis, rien n’a changé – si ce n’est en pire. La malédiction de la Ve République est que chaque président a réussi le tour de force de nous faire regretter le précédent. On pouvait espérer qu’avec François Hollande, le fond avait été touché. Mais non, on pouvait encore faire mieux en matière d’humiliation de la France et de son État. Emmanuel Macron va- t-il, lui aussi, réussir à nous faire aussi honte que son prédécesseur?"

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