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France : Société

“On pense toujours qu’on est commandés par des gens compétents, et on se rend compte que non”

“On pense toujours qu’on est commandés par des gens compétents, et on se rend compte que non”

Stéphane, CRS, a livré son témoignage à France Inter, sur la gestion du maintien de l’ordre face aux gilets jaunes, les 1er et 8 décembre 2018 :

“Jusqu’à fin novembre 2018, dans le fond, j’étais à moitié ‘gilet jaune’. Je trouvais anormal la hausse des taxes sur le gasoil, les réformes du gouvernement Macron…” “il n’y avait pas du tout de tensions, juste des revendications très fortes. Malheureusement, ça a été très mal géré politiquement. Il n’y a eu que du déni et de la fermeté.

“Les black-blocs hyper-violents, les hooligans sur de gros matchs de foot, on les connaît et on sait comment les prendre. Mais là, c’était des gens de la population. Des gens de la classe populaire, des ouvriers, des sans emploi, qui se transformaient en bêtes sauvages.” “Et pour que des gens ‘lambda’ se transforment comme ça, c’est qu’il y a un réel souci en France. Et pas depuis l’année dernière : c’est une cocotte-minute qui a explosé en décembre, mais qui couvait depuis des années.”

“Dès 8 h 30, 9 h du matin, on entendait sur les radios de la police que ça commençait déjà à ‘grenader’ et à partir à l’affrontement, chose qui est incroyable dans une manifestation. Là, on s’est dit : ‘la journée va être très longue’.”

“J’ai vu dans les yeux de mes collègues la crainte qu’on ne puisse pas tenir notre position. Si on avait été attaqué là où j’étais, on aurait pas pu tenir : l’Élysée tombait. À posteriori, ça fait vraiment peur”. “Si on avait été vraiment ‘enfoncés’ au niveau de l’Élysée, personne ne pouvait nous secourir.”

“Quand vous avez 3 000 “gilets jaunes” qui passent devant votre barrière, vous vous dites : là, s’ils réalisent qu’on est que trois et que l’Élysée est à 100 mètres, on va peut-être téléphoner à la famille pour leur dire qu’on les aime et qu’on ne sera pas là ce soir.”

“Il y avait vraiment de la haine, les gens voulaient tuer du flic, tout brûler, tout casser. Je me suis dit ce jour-là : ‘il va y avoir des morts’. Côté policiers, côté manifestants, ou les deux.”

“Au lieu de balancer trois tirs de LBD, on en tire 20, 30, 40. À ce moment-là, on ne se pose pas la question de la légalité, du code pénal ou de la déontologie. Moi, je vous parle de survie. […] Il y avait au minimum 3 000 personnes devant nous sur les Champs, et nous on était 80 !”

“Le niveau de violence chez les manifestants était tel que pour y répondre, il a fallu avoir encore plus de violence. C’est ce qui a occasionné tous les blessés qu’il y a pu avoir avec les LBD et les grenades.”

“On se disait : qu’est-ce qu’on fait ? On quitte notre position et on s’enfuit en courant, on tient jusqu’à la mort, on sort notre pétard, on fait quoi ? Si on se fait “enfoncer”, on fait quoi ? Et on n’avait pas de réponse.

On pense toujours qu’on est commandés par des gens compétents, et on se rend compte que non”

“On pensait avoir une hiérarchie et des têtes pensantes de bon sens, professionnelles, qui prenaient les bonnes décisions”. “Mais on s’est très vite rendu compte qu’il y avait eu de très très mauvaises décisions de prises au niveau des effectifs de terrain, et que la tactique prévue n’était pas du tout en phase avec ce qu’il se passait.”

“On a toujours un train de retard sur les événements. On va modifier notre façon de faire, mais après un événement. Il n’y a pas d’anticipation.”

“La qualité d’un commandement, on ne le voit pas en temps de paix : on le voit quand ça chauffe sur le terrain. Eh bien là, le 1er et le 8 décembre, ils ont été mauvais. À la préfecture de police de Paris, au ministère, ils n’ont pas pris l’ampleur de la situation.”

“Si les gens sont encore en poste dans les ministères, que notre Président est encore en poste, c’est grâce à eux. Et personne ne le dit.”

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5 commentaires

  1. Contrairement à ce qu’affirme ce CRS, le professionnalisme des casseurs indique plutôt des blacboks et autres dégénérés. Cette violence a été voulue par le gouvernement pour discréditer le mouvement.
    Lors des manifestations de 2013 contre la parodie de mariage des homosexuels, il a agi de même en utilisant des casseurs.

  2. Version corrigée :
    Quand on fait tenir le rôle de “Premier Flic de France” par un joueur invétéré de poker (de surcroît dans les tripots de la mafia marseillaise), il ne faut pas s’étonner de la répression sauvage à l’encontre des vrais Gilets jaunes et de la pusillanimité (pour ne pas dire l’emploi bienveillant) à l’encontre des black-blocks et des antifas dont les exactions ont servi à discréditer les Gilets jaunes et à dresser les Français les uns contre les autres.

  3. il était si évident (au vu des reportages télé que les crs éborgnaient des manifestants pacifiques (sur ordre?)
    mais restaient bien passifs lorsqu’il y avait des blackblocs qui cassaient tout ou des racailles qui volaient ce qu’ils pouvaient

  4. J’ai bien du mal à croire que les CRS n’aient pas reçu l’ordre de viser la tête, lors des manifestations des gilets jaunes. Tant de borgnes lors de ces manifs, ce n’est pas le fruit du hasard. Par contre, pas un borgne ou un manchot parmi les black blocks. A croire que pour ce qui concerne ces affidés du gouvernement, la consigne était claire : les laisser faire pour discréditer le mouvement des gilets jaunes.
    Quant à ces gens qui se seraient transformés en bêtes féroces, je crains que le policier interviewé n’ait encore rien vu. Si le gouvernement rapatrie les djihadistes de Syrie ou d’Irak, prêts à recommencer leurs actes criminels,si la justice se contente de donner des peines de 10 ou 15 ans de prison aux terroristes, si les égorgeurs continuent de sévir contre les innocents qu’ils croisent dans la rue, si les manifestations “contre l’islamophobie” se déroulent au cri de allahakbar qui est le cri de ralliement des tueurs…il y a fort à parier que la guerre civile voulue par le pouvoir aura enfin lieu. Et là, oui vraiment, la France deviendra un champ clos où s’affronteront les bêtes sauvages.
    Quant à nos dirigeants, après avoir mis le pays à feu et à sang, ils s’enfuiront comme des oiseaux vers des cieux plus cléments.
    Que Dieu nous vienne en aide.
    Le peuple français est patient mais on fait tout pour le faire sortir de ses gonds.

  5. Les propos tenus par ce CRS font rétrospectivement froid au dos. Partout on entend des policiers dire qu’ils sont dépassés dans leurs missions, que ce soit dans les zones de non-droit dans les banlieues, que ce soit pour le démantèlement des filières de drogue ou d’immigrés clandestins etc.., alors que la France est actuellement relativement calme.
    Pendant les manifestations des Gilets Jaunes, je ne craignais qu’une chose, que les banlieues s’embrasent. On ne peut même plus compter sur l’armée dispersée dans les Opex et non entraînée pour maîtriser les soulèvements populaires. Le pays serait tombé dans le chaos.
    Quand on entend les mécontentements croissants exprimés ci et là, on tremble.

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