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Pays : Russie

On n’humilie pas impunément la Russie

De Roland Hureaux :

"Même si la réaction de la Russie à l’affaire géorgienne est
compréhensible, rien ne garantit qu’ayant réussi ce coup, elle ne
cherchera pas ultérieurement à pousser plus avant ses avantages. Une
bonne raison pour que les Européens réfléchissent aux moyens de lui
faire une place honorable dans le concert européen
. Cela passe sans
doute par une parfaite intransigeance sur l’intangibilité de toutes les
frontières et, malgré l’imprudence du bouclier antimissile,
l’indépendance des anciens satellites de l’Europe de l’Est, Pologne en
tête. Mais de leur côté les Russes ont droit, nous semble-t-il, à des
égards au moins égaux à ceux de la Turquie, à ce que les affaires
balkaniques ne soient pas réglées de manière unilatérale ou encore que
les anciennes républiques soviétiques observent à son égard une sage
neutralité
.

Il n’est pas d’autre recette au maintien de la paix que la modération.
Dans les affaires de l’Europe de l’Est, ce n’est pas, jusqu’à preuve du
contraire, les Russes qui en ont manqué le plus."

MJ

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6 commentaires

  1. L’Europe avait une chance historique de rompre le lien de vassalité qui l’assujettit aux USA, elle ne l’a pas saisi; c’est helas la demonstration qu’elle n’existe pas !
    Comment peut-on accepter qu’un membre de l’UE
    -la Pologne- installe sur le sol de l’Union des missiles d’une puissance etrangere sans que celà necessite l’accord unanime des 27 membres des lors que celà les entraine ipso facto dans un conflit qu’ils n’ont pas choisi.
    Soit la Pologne renonce à cette installation, soit elle est exclue de l’UE.

  2. Tout à fait d’accord avec cette analyse. Toute nation qui désire encore rester indépendante en faisant respecter ses intérêts vitaux réagirait comme les Russes le font. Il n’y a que les Européens pleurnichards et droitdel’hommistes pour accuser les Russes de méthode dictatoriales. Et il est tout à fait scandaleux que presque la grande majorité de nos médias “aux ordres” n’ait pas daigné souligné la stratégie d’encerclement pratiquée par les Etats-Unis depuis plusieurs années, fidèle en cela aux idées développées par Z. Brzezinski dans son livre “Le Grand Echiquier”.
    Autre inconséquence grave dans l’analyse de plusieurs commentateurs européens. Ils se plaisent à souligner la nécessité de rester indépendants de la sphère russe d’un point de vue énergétique sans même mettre en évidence que c’est pour faire dépendre encore plus étroitement la France et l’Europe de l’axe Washington-Ankara-Tel-Aviv. Il faudra bien un jour que nous choisissions notre camp. Que les catholiques réfléchissent bien car je ne suis vraiment pas sûr que les Etats-Unis soient les plus à même de défendre les valeurs de la Tradition.

  3. Un regard pour le moins objectif et réfléchi, frappé au coin du bon sens !

  4. Le sommet extraordinaire de lundi à Bruxelles est une vaste fumisterie ! En effet, comment défendre l’intégrité de la Géorgie (non encore ni dans l’u.e, ni dans l’otan) quand on ferme les yeux sur celle d’un pays membre, Chypre en l’occurence occupé par la Turquie ! Sans parler du parallèle avec l’affaire du Kosovo, occulté volontairement par la “presse”, Il y a là, quelque chose qui défie le bons sens.

  5. http://www.menapress.com/article.php?sid=2140
    La Chine ferme la porte au nez de Poutine
    Par Laurent Murawiec à Washington, Metula News Agency info # 010209/8, 2 septembre 2008
    Poutine
    La grande politique du génial stratège Saint Vladimir allait “isoler” et “encercler” les Etats-Unis
    Les crises sont à la fois des révélateurs et des catalyseurs : l’évolution latente s’accentue, elle est précipitée par la crise. L’affaire géorgienne n’échappe pas à la règle. Moscou n’a pas seulement lancé une confrontation avec l’Occident, mais elle a forcé la main de bien des pays – quand la crise éclate, il faut choisir son camp.
    A cet égard, l’événement premier résultant de l’agression moscoutaire n’a pas reçu l’attention méritée : le “président” faux-semblant Medvedev s’en est allé demander à ses partenaires de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui rassemble la Chine et les républiques d’Asie centrale, de la soutenir contre l'”agression géorgienne” et de reconnaître l'”indépendance” des entités sud-ossète et abkhaze.
    Le poids géopolitique du Tadjikistan, du Kirghizstan, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan oscille de la plume à la grosse feuille de papier. La Chine, poids lourd, est l’un des fléaux du monde, non comme le fut Attila, mais dans la balance mondiale. Or, voilà des années que toutes sortes d’analystes stratégiques prédisent ou discernent une alliance stratégique entre la Russie et la Chine. A Moscou, les idéologues en vue acclament ce partenariat supposé agir tel un contrepoids majeur aux Etats-Unis.
    D’aucuns ont même discerné l’émergence d’une coalition rassemblant Russie, Chine et Inde, “puissances montantes”, pour s’opposer au capitalisme néo-libéral “décadent” et à l'”américanisation du monde”. Le rêve altermondialiste était censément en voie de réalisation.
    Les jeux chinois au Moyen Orient, comme son approchement avec l’Iran, le flirt avec le Soudan et les amitiés mal placées avec le tyran zimbabwéen Mugabe, le déploiement géopolitique des intérêts chinois dans toute l’Afrique et en Amérique latine, ont pu suggérer que Pékin partageait peu ou prou les desseins qui unissent Poutine, Ahmadinejad, Chavez et autres gangsters.
    C’est du moins ce dont on était fermement convaincu à Moscou. La grande politique du génial stratège Saint Vladimir allait “isoler” et “encercler” les Etats-Unis. Avec l’affaiblissement du lien transatlantique, avéré par la mollesse ouest-européenne face à l’agression tchékiste, la Russie triomphante était “de retour”, comme on s’en gargarise à Moscou. L’équation stratégique mondiale changeait de point d’équilibre.
    Saoulé par l’odeur du pétrole, grisé par la toute-puissance que lui confèrent les hydrocarbures en folie, aveuglé par une mince pellicule d’or noir, voilà notre Poutine, qui, égal de Souvorov et Koutouzov, successeur de Joukov, terrasse le géant géorgien et son immense armée. “Nous n’avons pas peur d’une nouvelle Guerre froide”, fanfaronnait le petit Medvedev.
    Patatras ! Voilà, en fait, le roi Picrochole qui tombe sur le derrière. Alors que ses ministres et généraux menacent à tour de bras, qui la Pologne, qui les Baltes, qui les Ukrainiens, et font les gros yeux aux Européens qui ne se sont pas encore tout à fait couchés — ils ne sont pas nombreux : le G7 adjurait encore il y a quelques jours la Russie, “notre collègue [russe] du G8” de mieux se comporter, avec son armée en décrépitude, le maître chanteur du Kremlin était le maître du monde.
    Au petit télégraphiste Medvedev, l’Organisation de Shanghai – c’est-à-dire la Chine, a opposé une fin de non-recevoir. Pire, Medvedev s’était entretenu de la question géorgienne et des entités séparatistes avec le numéro un chinois Hu Jintao. Pour toute récompense de ses efforts, le porte-parole des Affaires Etrangères de Pékin a déclaré que “la situation dans la région… devrait être résolue par le dialogue”, ce qui n’est ni le fort de Poutine, ni ce qu’il espérait.
    La Chine n’est pas seulement soucieuse des tendances séparatistes qui, du Tibet à Taiwan et dans toute la vaste province occidentale du Xinjiang, le Turkestan chinois, peuplée d’Ouighours musulmans, pourraient miner l’empire. Elle ne se soucie aucunement de s’aliéner brutalement les Etats-Unis par une géopolitique antagoniste et “confrontationnelle”. Entre Poutine et Hu Jintao, il y a toute la différence entre l’ivrogne imprégné de mauvaise vodka et le sobre calculateur pékinois.
    Pour les Chinois, la Russie est, premièrement, un vaste supermarché des systèmes d’armement qui lui font défaut ; deuxièmement, un ennemi héréditaire, héritier de tous les “Barbares du Nord” qui ont envahi la Chine depuis deux millénaires, Huns, Mongols, Mandchous ; à ce titre, ils sont par excellence les impérialistes continentaux, historiquement bien plus menaçants que tout ennemi venu de la mer, ce que sont les Américains.
    Le généralissimo Tchang Kaï-chek, qui régna sur la Chine de 1926 à 1949, avant de s’embarquer pour Taïwan, l’avait bien dit : les Russes sont une maladie des viscères alors que les Japonais sont une maladie de peau. Les Russes, en outre, profitent encore des vastes territoires chinois mal acquis par le biais des “traités inégaux” du XIXème siècle.
    Les Chinois sont devenus l’atelier du monde, et dédaignent les Russes, rentiers fainéants. Le Russe, “long nez” (dabizu en mandarin) ou “diable étranger” (gwailo en cantonais), est un objet de mépris. Pour les élites chinoises, l’unique interlocuteur au monde est les Etats-Unis, terme de référence, antagoniste, rival ou partenaire. Le reste n’existe, au mieux, que de façon utilitaire.
    D’où l’attitude chinoise envers la politique caucasienne de Moscou. On ne se soucie aucunement d’une Russie “hégémonisant” l’Europe : qu’elle reste faible ! Ni d’une Russie débridée et déchaînée.

  6. M. HUREAUX a raison de dire que la Russie devrait être plus écoutée sur les Balkans, car il existe des liens historiques, religieux et culturels entre les Serbes et la Russie.
    Cependant, si les Européens et les Américains du fait de la faiblesse voulue, consentie et acceptée des principaux pays de la Communaute Européenne, se sont intéressé aux Balkans, comme à la Pologne, ou aux pays Baltes, c’est tout de même parce que ces pays avaient subi 50 ans de vassalisation russe et communiste. Et que en sortir, ils n’avaient d’autre choix que l’Ouest, la Russie n’ayant rien fait pour les aider, strictement rien, après la chute du Mur.
    La raison en est simple : la société russe n’est pas une société libre, et ses citoyens n’ont aucun droit civique,culturels, associatifs, et très peu de droits économiques, ou politiques, etc…. Ce n’est pas encore une société libre, au sens de la Doctrine Sociale de lEglise, et ce modèle n’attire pas les ex pays communistes.
    Le but de la Russie n’est pas l’épanouissement dans un modèle social conservateur, mais le contrôle des pays devenus indépendants par l’arme stratégique du gaz et du pétrole, ou par l’utilisation des minorités russes à des fins de division . On l’a vue en Roumanie -Moldavie-Transnistrie, vient de le voir en Géorgie, on le verra en Ukraine et peut-être dans les pays baltes.
    Je trouve très paradoxal que les défenseurs de la culture grand russienne tiennent pour négligeables la culture et l’indépendance des pays ex communistes : ce qui nous convient et convient aux Russes leur serait interdit ? Je n’en vois pas clairement la raison, si ce n’est la croyance en un mythe : POUTINE est un chrétien de droite conservateur. Alors qu’il n’est qu’un KGéBiste utilisant l’arme N° I de la propagande : utiliser les valeurs de l’adversaire pour mieux le contrer et le vaincre. Il est vrai que les droits de l’homme, l’anti racisme et une forme jacobine de souverainisme en lutte contre le fédéralisme européen anti national sont pour lui des leviers de division et d’affaiblissement idéaux.
    Dans ce sens, Poutine et son clan issu des écoles du KGB récolte les fruits de 50 ans de propagande et de subversion communiste à l’Ouest. Mais dire qu’il aime les peuples et leurs libertés n’est pas crédible. Il utilise nos faiblesses, que ses maîtres communistes ont contribué à fabriquer.

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