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Culture de mort : Avortement

On ne peut pas remettre en cause un système de l’intérieur

On ne peut pas remettre en cause un système de l’intérieur

Discours de Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Lejeune, lors de la Marche pour la vie de dimanche:

Permettez-moi une mise en perspective des exploits législatifs de ces derniers mois à la lumière de l’expérience du Pr Lejeune et de celle de la fondation dans le domaine scientifique, médical et bioéthique.

S’agissant de l’allongement des délais de l’avortement, on entend de plus en plus, de la part de ceux qui s’en indignent, qu’il faudrait revenir à l’esprit de la loi Veil, comme s’il y avait eu un âge d’or de l’avortement. Pour un peu, Mme Veil aurait été opposée à l’avortement ! Non, la loi Veil n’est pas la solution, elle est le problème. Et valoriser la loi Veil, c’est rendre inéluctables les évolutions qu’elle engendre. Car, historiquement, son objet n’est pas de restreindre l’avortement mais d’en ouvrir l’accès. Sa malice ne réside pas dans ses modalités mais dans sa progressivité. C’est au nom de l’accomplissement de la loi Veil que l’entretien préalable, la condition de détresse, les tentatives de dissuasion, l’objection de conscience, l’autorisation parentale pour les mineures, les délais finissent par disparaître. On nous a bien expliqué que ces précautions avaient été prises pour rassurer les parlementaires hésitants des années 70 mais qu’elles n’avaient plus de raisons d’être aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que l’avortement est devenu un soin comme un autre dans ce nouvel ordre établi dont la remise en cause est punie de prison. Le pire est de s’indigner de l’avortement à 9 mois voté fin juillet et de faire semblant d’ignorer que cette pratique est déjà autorisée dans la loi Veil pour les enfants handicapés. Pourquoi les enfants en bonne santé ne seraient-ils pas aussi les heureux “bénéficiaires” de l’avortement sans délai qu’on préconise si facilement pour les enfants trisomiques ? Pourquoi cette disparité de traitement ? Il est où l’accueil de la différence ? Je suis contre le passage de l’avortement à 9 mois, mais pour tout le monde ! Et, de ce fait, je suis contre cette discrimination créée par la loi Veil !

Quant aux lois de bioéthique, elles souffrent d’une polarisation sur un seul thème qui cache tous les autres : la PMA pour toutes qu’il faudrait combattre pour s’en tenir sagement à la PMA dite médicale. Mais c’est la PMA dite médicale qui permet la PMA pour toutes, dont elle n’est qu’une variante. C’est la PMA dite médicale qui contient le scénario de toute l’industrie procréatique : prélèvement, sélection et conservation des gamètes, fabrication, congélation et décongélation des embryons, expérimentation et destruction des embryons dans des projets de recherche douteux qui incluent les bébés médicaments, les bébés à trois parents et le transgénisme. Vouloir s’en tenir à la PMA dite médicale qui a déjà instauré le tri, la traque et le troc d’embryons, c’est rendre inéluctable la PMA pour toutes. Pourquoi ? Mais parce qu’une technique n’est jamais neutre, elle propage une certaine vision du monde. La technique de la PMA a sa propre logique de performance, d’efficacité et d’exhaustivité qui ambitionne toutes les évolutions possibles, y compris de devenir la norme de la reproduction. La meilleure illustration est le projet du DPI-A c’est-à-dire le tri systématique des embryons trisomiques pour chaque PMA et qui nous a valu cette phrase d’un député dans l’hémicycle : « Oui il faut traquer, oui je dis traquer les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques. »

Pour conclure :

– ces transgressions ne sauraient trouver de limite dans la convocation permanente du Cheval de Troie qui les porte, que ce soit la loi Veil ou la loi de bioéthique depuis 1994 ;

– si l’on veut remettre en cause un système, on ne peut le faire de l’intérieur ; vouloir rester dans la culture de la loi Veil et de l’industrie procréatique c’est être en liberté surveillée pour que rien ne change ;

– il n’y a pas de rupture anthropologique brutale mais un nœud coulant, noué depuis 45 ans, et qui se resserre inéluctablement sur une société dans le déni ; la première chose à faire est de nommer les mensonges qui permettent ces ignominies. « Ne pas les désigner c’est participer. » A l’aube d’une époque qui commence peu à peu à se libérer des grands libérateurs des années 70, c’est un réel motif d’espoir.

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6 commentaires

  1. Il y a un an exactement, cet article du Figaro où les familles témoignent redouter “la traque” des handicapés, telle que réclamée par le député UDI Philippe Vigier :

    https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ces-familles-qui-redoutent-une-traque-du-handicap-20200117

  2. La 1ère des choses à faire est de parler de *loi de biobarbarie* mercantile.

  3. “si l’on veut remettre en cause un système, on ne peut le faire de l’intérieur ; vouloir rester dans la culture de la loi Veil et de l’industrie procréatique c’est être en liberté surveillée pour que rien ne change.”

    #Séparatisme ❤️

  4. ‘Sa malice ne réside pas dans ses modalités mais dans sa progressivité.’ dixit Jean-Marie.

    Cette remarque est très pertinente. C’est exactement comme la ‘Nouvelle Messe’ !

    Qui est-on pour avoir cru qu’on pouvait inventer une ‘nouvelle’ Messe !!!

    Inepte, absurde, un peu comme mes commentaires…

  5. Très pertinent en effet !
    C’est pour cette raison que j’exclus toute solution venant d’un individu systémiquement contaminé, les frères Villiers, MLP, Dupont-Aignan et autres sont tous des convertis -volens nolens- à la république maçonnique, à la démocratie mensongère, à l’adaptation aux principes sataniques qui tuent la France depuis plus de deux siècles. Si l’on compose, on meurt ! Si l’on croit que l’ennemi a raison, on meurt ! Si l’on admet une part de vérité dans la tromperie générale, on meurt ! Je sais que notre époque rejette cela de toutes ses forces mais c’est la dure vérité. La justice n’admet pas l’injustice ni la vérité le mensonge, nul ne peut servir deux maîtres, que votre oui soit oui et votre non soit non…,qui n’est pas avec moi est contre moi, etc, etc… Ni en politique, ni en religion, il n’y a pas de cote mal taillée !

  6. Merci. M. Le Méné un nouvelle fois de convoquer la raison dans le discernement.

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