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Pays : Italie

Objection de conscience : l’exemple italien

De Pierre-Olivier Arduin :

A"Dans un rapport publié en octobre et dont un quotidien suisse vient de se faire l’écho, le ministère de la Santé italien révèle que l’immense majorité des gynécologues du pays se déclarent objecteurs de conscience[1].
Les chiffres sont tels qu’une association transalpine pro-avortement
prédit que la loi 194 de 1978 pourrait ne plus être appliquée en Italie
d’ici 2016
si les taux d’objecteurs se maintenaient à ces niveaux. […]

[I]l nous semble que trois explications méritent d’être avancées pour mieux comprendre la situation.

En premier lieu, on peut rappeler que dès l’adoption de la loi dépénalisant l’avortement en 1978, l’Eglise italienne a donné des instructions fortes aux professionnels de santé et a initié auprès d’eux une pastorale dynamique qui ne s’est jamais démentie. Le bienheureux Jean-Paul II lui-même a payé de sa personne pour ne perdre aucune occasion de rencontrer les médecins catholiques italiens. […]

La seconde explication tient à la mise en place d’un mouvement laïc de défense de la vie et de la famille qui a su s’organiser efficacement, regroupant des soignants bien sûr, mais également des responsables politiques, des juristes, des universitaires, des hommes et des femmes de culture,… L’un de ses grands mérites est d’avoir toujours cultivé l’unité entre les diverses associations ainsi qu’un dialogue continu avec les pasteurs. Ces caractéristiques expliquent certainement la victoire de l’Eglise italienne à faire échouer le référendum sur la bioéthique en 2005 – permettant ainsi à l’Italie d’avoir une des législations les moins transgressives d’Europe en la matière – ou le succès en 2007 de la grande manifestation populaire nationale dans les rues de Rome pour dire non au Dico, version italienne du Pacs. […]

Le troisième point qui me semble essentiel à souligner pour comprendre la situation italienne est celui de l’existence de facultés catholiques de médecine dignes de ce nom dont les deux plus importantes sont la prestigieuse Université catholique du Sacré-Cœur et le Campus bio-medico géré par l’Opus dei. Situés tous deux à Rome, ces établissements de renom accueillent un nombre considérable d’étudiants qui se destinent à devenir médecins, scientifiques, sages-femmes ou infirmières. […] Peut-il y avoir objection de la conscience sans formation de la conscience ?

Cette rapide analyse nous montre que l’objection de conscience des médecins italiens n’est pas tombée du ciel. […] Sur ce point, les Italiens ont beaucoup à nous apprendre et il y aurait, à n’en pas douter, des leçons importantes à en tirer pour la diffusion d’une nouvelle culture de vie dans notre propre pays.

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3 commentaires

  1. Entendu dans un débat, de la bouche d’un “homme de gauche” sur un ton très “IIIeme République”
    “En démocratie, la loi du peuple est au dessus de la Loi de Dieu”.Nos amis italiens ont sans doute une notion plus juste de la Vérité…Parce Domine

  2. Le quatrième point ou la première leçon est qu’en Italie, contrairement à la France, l’Etat ne tient pas tout entre ses mains, et que par conséquent la gauche n’a pas tout colonisé de l’appareil d’Etat.
    En France, les cathos, au lieu de soutenir une ligne politique de réformettes conservatrices (une peu moins d’impôts, un peu plus de redistribution aux familles sous perfusion, un peu moins d’immigrés et un peu moins de culture de gauche à l’école), devrait soutenir une ligne de rupture avec l’étatisme jacobin, qui génère le socialisme et son anti culture de mort aussi surement que le serpent son venin.
    Mais en France, les droites, UMP comme FN, sont demeurées adeptes du Veau d’or Etat. La première parce qu’elle est dirigée par des hommes de l’Etat, et le second parce qu’il croit que c’est en singeant la classe étatiste dirigeante de l’UMPS et son recours à l’Etat sauveur qu’il parviendra au pouvoir.

  3. Très juste, PG !
    Et le cinquième point c’est que les évêques français sont soumis aux mondanités. C à d qu’ils continuent de nommer des laïcs à des responsabilités diocésaines en raison de leur activisme et de leur propension à faire le moins de bruit possible.
    C’est ainsi que j’ai des confrères qui trempent dans l’avortement mais qui ont de hautes fonctions diocésaines qui touchent au domaine de la bioéthique (je n’en dirai pas plus) à 3 semaines de la veillée pour la vie).
    Et ceux qui “triment” à faire reconnaître leur droit à l’objection de conscience et le font savoir publiquement sont ignorés…
    A part Mgr Aillet et Rey, tout est fait en France dans nos diocèses pour ne pas froisser les bons cathos bourgeois qui renient largement, mais sans le dire, la morale catholique dans leur vie personnelle et professionnelle.

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