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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Où l’on reparle du rite dit de Saint Pie V

Confirmant la rumeur lancée par l’abbé Laguérie, un site italien laisse entendre que la libéralisation du missel de 1962 se fera en novembre :

1962 "Ainsi que l’avait annoncé il y a déjà plusieurs mois l’Archivum Liturgicum, dans quelques semaines le Saint Père promulguera le document de libéralisation de la Liturgie Romaine. De nombreuses voix bien informées confirment pour novembre la date de publication du décret.  Autant qu’on puisse le savoir, le contenu du document concernerait la libéralisation totale du Rite tridentin – selon les rubriques de 1962 – le mettant sur le même plan que le rite réformé ; la nouvelle liturgie serait définie «rite ordinaire» alors que celle traditionnelle serait définie «rite extraordinaire», sans aucune limitation à la célébration par quelque prêtre catholique que ce soit. Il semble que dans le décret déjà signé par le Saint Père au début de septembre, soit exprimé le désir que les églises principales célèbrent au moins une messe tridentine dominicale."

Cette idée de rite ordinaire et de rite extraordinaire rappelle ce qui a été dit par le Cardinal Hoyos aux prêtres du nouvel Institut du Bon Pasteur. Celui-ci, créé début septembre, s’avère être en quelque sorte un "ballon d’essai" destiné à "tester" la réaction de l’épiscopat français avant ce fameux mois de novembre, durant lequel se déroulera également la traditionnelle réunion de la Conférence épiscopale à Lourdes, au cours de laquelle un groupe de travail doit présenter un texte sur la question des traditionnalistes (ici pages 2-3).

Michel Janva

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14 commentaires

  1. Une seule Eglise, mais avec deux rites.
    Est-ce que cela ne créerait quand même pas un problème quant à l’unité de l’Eglise ?
    Eglise à deux vitesses, ou à deux visages ?
    Des prêtres,nombreux, qui célebrent des messes Pie V mais ne peuvent répondre à une forte demande de messes Paul VI (mariage,funérailles),est-ce si encourageant pour la réevangélisation de la France ?
    Toutes ces interrogations ne m’empecheront cependant pas de me féliciter d’une nouvelle qui ne peut que réjouir mes nombreux amis « tradis » avec qui je partage la même foi même si elle ne se concrétise pas dans la même liturgie.

  2. Mais, mon Dieu, très cher Arnolphe,
    que signifie donc cette « très forte (?!) demande » d’une messe qui ne fait plus naître de vocations et tarit la vie de la Foi?
    Ces paroles peuvent paraître fortes, voire choquantes, incontestablement exagérées… mais malheureusement pas autant qu’on le voudrait…
    Les « messes » tridentines ne connaissent pas le problème de la relève, malgré une crise qui touche tous les milieux.
    Peut-être serait-il temps de réfléchir humblement aux causes?

  3. @Arnolphe.
    Il ne s’agit pas d’une seule Eglise à 2 rites, puis que l’Eglise Catholique en compte plus que 2 (Romain, Maronite, greco-catholique, …)
    Il s’agit uniquement du rite Romain. Donc de 2 formes pour un rite unique.
    Maintenant, pour l’église à 2 vitesses, elle existe déjà : regardez la réaction des bordelais !
    A coté de cela, là où est la communauté Sta Martin, aucun fidèle ne ressent le besoin d’avoir une messe sous l’ancienne forme.
    La question se solutionne simplement : la communauté St Martin applique à la Lettre les normes Liturgiques, selon les ordres des différents Papes !
    Or, de nos jours, mis à part en de rares lieux, il n’est pas possible en France de trouver une Messe « Paul VI » sauf à la communauté St Martin ou à Solesmes et consorts.
    Pousser la porte de n’importe quelle paroisse de France et comparez avec le Missel : cela n’a rien à voir !

  4. Une, Sainte… Eglise c’est dogmatique dans le fond.
    Quant à la forme?
    Vaut-il mieux assister à la messe traditionnelle où il arrive que l’on arrête le Sanctus pour la consécration et qu’on le finisse après, ou bien assister à une messe dite de Paul VI où toutes les déviances sont cumulées?
    Ma foi, je n’en sais rien, bien que j’assiste régulièrement aux deux rites.
    La liturgie est la forme la plus aboutie de l’expression du retour à Dieu de la Création.
    Il y a des hommes blancs, noirs, jaunes… Pourquoi n’y aurait-il pas plusieurs liturgies?
    Encore faudrait-il que le clergé dans sa totalité respecte les textes des Conciles!!
    Ceci nous aurait évité depuis quarante ans ces querelles stériles basées sur une non connaisance des textes en la matière!!
    L’orgueil aidant, chacun est persuadé de détenir la vérité…
    Bref, on ne pourra s’en sortir qu’avec un surcroît de Charité et de l’humilité à en revendre.

  5. Je fais partie de ceux qui se sentent fort mal à l’aise , tant dans une assemblée coupée de Rome que dans une « ultra laïcisée »
    ne me permettant pas de reconnaître la religion de mon enfance.
    Je comprends parfaitement ,et partage pour une large part,les interrogations d’Arnolphe.
    Pourtant, je suis convaincu qu’il fallait entreprendre quelquechose et me réjouis des supposées intentions de Benoît XVI.
    Qu’entendez-vous par « deux vitesses »?
    L’expression « deux visages » s’applique mieux,à mon humble avis.
    Mais ce deuxième visage existe depuis la deuxième moitié de la décennie 60 , en raison d’un excès (qui a pris souvent figure de dérive)dans l’interprétation de « l’esprit du concile »,me semble-t-il.
    Je pense plutôt que pour attirer à l’Eglise les gens de l’extérieur, on a créé une crise.
    Quoiqu’il en soit,il nous faut prier pour que notre Pape continue d’être bien inspiré et poursuive sa tâche avec courage.

  6. Ce n’est pas une seule Eglise avec deux rites, mais une seule Eglise avec beaucoup plus de rites que cela. N’oublions pas les gréco-catholiques qui ont leur rite propre.

  7. Je ne pense pas que l’existence de deux rites crée un problème d’unité à l’Eglise: ainsi, pendant des siècles l’Eglise de Lyon a eu son propre rite (le rite lyonnais) sans jamais rompre l’unité avec Rome. Au contraire cela ne peut que démontrer la formidable capacité d’adaptation de l’Eglise ce qui a toujours été une de ses caractéristiques essentielles.

  8. Bonjour,
    La libéralisation de l’ordo (et non du rit) de saint Pie V, si elle s’avère exacte, n’est sans doute pas une fin en soi pour Benoît XVI. Pour lui, c’est la « réforme de la réforme » qui est la vraie priorité, laquelle passe d’abord par le retour à un strict respect des normes liturgiques.
    Il est certain que la manière dont est célébrée l’ordo tridentin doit être pris en exemple par les prêtres qui célébrent selon l’ordo de Paul VI : c’est là, je pense, la raison principale qui pourrait pousser Benoît XVI à libéraliser l’ordo de saint Pie V.
    Mais il est évident que la présence de deux ordo qui se font concurrence ne peut être qu’une solution provisoire.
    En Christ,
    – VR –

  9. Je faisais simplement référence à une réalité indéniable : quand un couple cherche à se marier, à faire baptiser son enfant ou qu’une famille prépare des obsèques, et qu’ils souhaitent une cérémonie religieuse alors même que les mariés ou le défunt ne sont ou n’était pas pratiquants,ils ne sont pas forcément favorables à ce que la cérémonie se fasse selon le rite de saint Pie V. Je maintiens donc qu’il existe bel et bien une forte demande de sacrements, et que l’ordo de Paul VI est celui vers lequel se tourneront le plus naturellement ceux qui se définissent comme catholiques mais fréquentent peu les offices.
    C’est une simple anectode qui m’a amené à craindre ce que j’ai appelé, un peu rapidement il est vrai, « une Eglise à deux vitesses »: un de mes amis a pu, pour ses fiançailles, voir ses alliances bénis par deux prêtres traditionnalistes.
    Dans le même temps, dans le diocèse, des obsèques sont « animées » par des laïcs…
    D’où une question toute simple : les prêtres qui célèbrent des messes selon le rite « extraordinaire » pourront-ils aussi célébrer des messes selon le rite « ordinaire », à la demande de leur évèque par exemple ?

  10. d’urgence lisez et relisez « l’esprit de la liturgie »

  11. Bonjour,
    L’idée d’un double culte ou plus exactement d’un même culte sous plusieurs formes peut être intéressante.
    Je pense que c’est l’équivalence des deux qui devrait être mise en avant. Avec, pourquoi pas un culte de référence (St Pie V) pour les grandes occasions, les rassemblements, les fêtes et un second culte plus ordinaire (Paul VI ; enfin paul VI appliqué correctement); les deux pouvant être célébrés par tous les prêtres et si possible dans chaque paroisse (au moins à la paroisse cathédrale…).
    Une telle voie (pourtant déjà dificile) me paraît plus envisageable que toutes les positions extrêmes qui viserait à supplanter tel rite par tel rite (dans un sens ou dans l’autre)…
    Bonne fin de dimanche
    Victorius

  12. Que d’esprits chagrins et pinailleurs à l’annonce de cette très bonne nouvelle! Avant de commencer à s’inquiéter d’éventuels problèmes à venir, on devrait d’abord, aujourd’hui même, se réjouir, non? Vive le pape!

  13. Attention à ne pas parler trop facilement de deux rites (Paul VI et St Pie V): ce sont deux Missels du même rite romain.
    On peut en tout état de cause, célébrer le nouveau rite avec l’esprit de l’ancienne liturgie (contemplation et sacrifice), comme célébrer l’ancien rite (St Pie V), avec l’esprit du monde, activiste et naturaliste (sens faussé de la participation des fidèles, perte de la beauté et du sacré en galvaudant des rits centenaires par l’improvisation, par l’introduction artificielle dans la vénrable liturgie de commentaires, d’ornements, de chants peu amènes à nous élever vers le Ciel). J’adhère à 100% avec la conclusion de Christian Dancourt : formation sur le sens et la pourquoi des gestes Liturgiques, saupoudrée de la Charité (cf Epître de ce matin). Veritas in Caritate rappelait Lahire…!

  14. Je suis impatient de pouvoir ENFIN (j’espère) aller à des Messes tridentines dans mon diocèse. Le Missel Romain (du concile Vatican II dont la dernière édition est de 2002) et les instructions s’y rapportant étant plus ou moins ignorés des équipes liturgiques et des prêtres voire de certains évêques, les fidèles sont très rares à supporter encore les spectacles avec touches personnelles de chaque acteur.
    Dieu, le Christ et le Saint Esprit sont les mêmes que ce soit dans la liturgie conciliaire ou dans la liturgie tridentine, et chacun pourra trouver les moyens de les louer, de les adorer dans les Messes qui seront les plus adaptées; la beauté liturgique, la solennité, l’immense respect pour les personnes divines, la musique sacrée etc vont sans doute enfin faire leur retour dans des paroisses sinistrées. Merci MON DIEU.

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