Nicaragua : l’Eglise défend le peuple contre Ortega

UnknownDes milliers d'habitants de Masaya, la ville du Nicaragua qui s'est déclarée en rébellion, ont accueilli jeudi les évêques catholiques venus empêcher un massacre par les forces de l'ordre voulant en reprendre le contrôle. En deux mois, la vague de contestation, pour exiger le départ du président Daniel Ortega et de sa femme Rosario Murillo, vice-présidente, a fait 187 morts et plus de 1000 blessés.

Le cardinal Leopoldo Brenes, accompagné du clergé du diocèse de Managua, a traversé les rues de la ville de 100000 habitants, située à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale et devenue l'épicentre des protestations, en brandissant une image de Jésus et suivi d'une foule de riverains. Des centaines d'entre eux ont aidé à lever les barricades pour permettre aux évêques d'entrer, au son des cantiques, dans le quartier indigène de Monimbo, foyer de résistance visé par les forces progouvernementales.

L'évêque auxiliaire de Managua, Mgr Silvio Baez, l'une des voix les plus critiques envers le gouvernement, a invité la population à ne pas chercher à faire justice elle-même et lancé un appel "aux francs-tireurs, à Daniel Ortega et Rosario Murillo: pas un mort de plus".

Mais pendant ce temps, des tirs d'armes à feu et de mortiers artisanaux résonnaient encore dans la ville.

Suspendu depuis lundi, le dialogue entre gouvernement et opposition semblait pourtant sur le point de reprendre, alors que l'exécutif a finalement invité, comme il l'avait promis, des organismes internationaux comme l'Union européenne ou le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme à venir enquêter sur les violences commises. 

L'Eglise appelle le président Ortega – un ex-guérillero de 72 ans au pouvoir depuis 2007 après l'avoir déjà été de 1979 à 1990 – à permettre l'organisation d'élections générales anticipées en mars 2019 (au lieu de fin 2021). Ce dernier reste muet sur ce point. La vague de contestation, engagée pour dénoncer une réforme de la sécurité sociale qui a depuis été abandonnée, cible le chef de l'Etat et son épouse, accusés de confisquer le pouvoir et de brider les libertés.

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