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France : L'Islam en France

Montauban-Toulouse : l’islam innocent ?

Dans un article très intéressant, Annie Laurent estime "qu'on ne peut plus se satisfaire des affirmations rassurantes des dignitaires musulmans, répétées à chaque drame" et pense d'une part que

– "les représentants officiels de l’Islam doivent s’interroger sur le rapport des musulmans à leurs Ecritures sacrées et se livrer à un examen honnête de celles-ci en vue de susciter une interprétation du Coran compatible avec les impératifs de la coexistence pacifique

– et d'autre part que "les Etats européens doivent exiger des représentants officiels du culte islamique des engagements clairs pour le respect de l’ordre public, seul critère qui limite légitimement la liberté religieuse".

Voici l'article dans son intégralité : 

"Suite aux assassinats de sept personnes, commis à Toulouse et à Montauban les 11, 15 et 19 mars 2012 par Mohamed Merah, jeune Français d’origine algérienne et militant salafiste, et comme à chaque affaire de ce genre, des appels à éviter « les amalgames » entre l’islam et la violence ont été lancés.

1/ Quelques déclarations de responsables musulmans en France

– Mohamed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) : « Cet individu M. Merah ne peut en aucun cas justifier ses actes par la religion musulmane ».

– Chems-Eddine Hafiz, vice-président du CFCM : « Le musulman est celui qui pratique une foi qui suit les textes sacrés du Coran. A ce titre-là, lorsque quelqu’un effectue la moindre violence au nom de l’islam, je considère que ce n’est pas un musulman qui agit de la sorte : c’est un criminel, un assassin, un terroriste ».

– Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris : « Nous ne voulons pas qu’il y ait d’amalgame entre la communauté musulmane et les faits qui viennent de se dérouler, qui n’ont rien à voir avec l’islam. Nous demandons donc à la communauté nationale de se garder de tout mauvais jugement envers notre religion ».

– Ahmed Jaballah, président de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) : « L’islam est une religion d’amour et de paix », déclaration qu’il appuie sur le Coran : « Celui qui a tué un homme qui lui-même n’a pas tué, ou qui n’a pas commis de violence sur la terre, est considéré comme s’il avait tué tous les hommes » (5, 32).

2/ On lit aussi dans le Coran…

Sans mettre en cause l’engagement personnel de ces responsables religieux en faveur d’un islam paisible, il faut observer que les terroristes se réfèrent aussi au Coran pour justifier le rejet de l’autre et le recours à la violence (1).

– « O croyants ! Ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens. Ils sont amis entre eux. Celui qui les prend pour amis finit par être des leurs » (5, 51).

– « Que les incrédules n’espèrent pas l’emporter sur vous ! Ils sont incapables de vous affaiblir. Préparez, pour lutter contre eux, tout ce que vous trouverez, de forces et de cavaleries, afin d’effrayer l’ennemi de Dieu et le vôtre » (8, 59-60).

– « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les polythéistes (2), partout où vous les trouverez ; capturez-les, assiégez-les, dressez-leur des embuscades. Mais s’ils se repentent, s’ils s’acquittent de la prière, s’ils font l’aumône (donc s’ils appliquent les rites de l’islam, ndlr), laissez-les libres – Dieu est celui qui pardonne, il est miséricordieux » (9,5 dit « verset du sabre »).

– « Combattez : ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier ; ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite ; ceux qui, parmi les gens du Livre (juifs et chrétiens ou « Nazaréens »), ne pratiquent pas la vraie Religion (l’islam). Combattez-les jusqu’à ce qu’ils paient directement le tribut après s’être humiliés » (9, 29).

 Selon Ibn Hazm (Xè-XIè siècles) et Ibn Arabi (XIIè-XIIIè siècles), commentateurs classiques et autorisés du Coran, ces versets abrogent le 5,32 cité par Ahmed Jaballah (cf. supra). Ce dernier peut-il ignorer cela, lui qui dirige un centre de formation doctrinale islamique (l’Institut Européen des Sciences humaines à Saint-Denis) ?

Dans le Coran, les verbes « tuer » et « combattre » (quelqu’un) se trouvent respectivement soixante-douze fois et cinquante et une fois, dont dix et douze à l’impératif, ce qui sous-entend qu’il s’agit d’injonctions émises par Dieu, puisque le Livre sacré des musulmans est tout entier, pour eux, dictée divine sans collaboration humaine.

3/ Que faire ?

On ne peut plus se satisfaire des affirmations rassurantes des dignitaires musulmans, répétées à chaque drame ; il ne suffit plus qu’ils se désolidarisent en leur nom personnel des actes criminels commis par certains de leurs coreligionnaires ; les élites religieuses et politiques non musulmanes ne peuvent plus feindre d’ignorer le double visage du Coran (religieux et politique sans distinction). Continuer d’entretenir ces dénis de réalité et de fuir ces questions ne peut que conduire à des affrontements destructeurs de la paix civile.

Une révision des positions est donc nécessaire de la part de tous les responsables concernés.

1. Les représentants officiels de l’Islam doivent s’interroger sur le rapport des musulmans à leurs Ecritures sacrées et se livrer à un examen honnête de celles-ci en vue de susciter une interprétation du Coran compatible avec les impératifs de la coexistence pacifique. Cette démarche, qui implique la remise en cause de l’intemporalité et de l’intangibilité du Coran, est-elle possible en l’absence de Magistère unique et authentique dans l’Islam ? C’est en tout cas le seul moyen de rendre injustifiés les amalgames et de protéger les musulmans de toute stigmatisation, en particulier ceux qui souffrent, eux aussi, des agissements islamistes. Un philosophe français musulman, Abdennour Bidar, ouvre la voie à cette démarche : « Quelle que soit la distance considérable et infranchissable qui sépare ce tueur fou de la masse des musulmans, pacifiques et tolérants, n’y a-t-il pas tout de même dans ce geste l’expression extrême d’une maladie de l’islam lui-même ? » (Le Monde, 24 mars 2012) (3).

2. Les Etats européens doivent exiger des représentants officiels du culte islamique des engagements clairs pour le respect de l’ordre public, seul critère qui limite légitimement la liberté religieuse (cf. la Déclaration Dignitatis humanae du concile Vatican II, n° 7).

Annie Laurent

(1) L’enseignement chrétien

– « Tu ne commettras pas de meurtre » (5ème commandement, Ex 20,13 , rappelé par Jésus en Mt 5, 21-22).

– « Qui prend le glaive périra par le glaive » (Mt 26, 52).

– « Aimez vos ennemis et priez pour vos persécuteurs » (Mt 5, 44).

Des chrétiens peuvent certes haïr et, animés par la colère et la haine, tuer, mais ils agissent alors en tant que pécheurs et ils ne peuvent en aucun cas légitimer leurs actes par leurs Ecritures sacrées et par l’interprétation officielle ou commune qui en est faite dans leurs communautés.

La Bible comporte aussi des passages justifiant la violence, mais, avec le Christ et son exemplarité normative, l’Eglise détient la clé d’une interprétation authentique de toutes les Ecritures, qui rend impossibles une compréhension et une application « littéralistes » de l’Ancien Testament.

(2) Les polythéistes sont ceux qui adorent plusieurs divinités et s’opposent au dogme coranique de l’unicité divine (Dieu unique et seulement Un). Par extension, ce terme s’applique aussi aux chrétiens, « associateurs », coupables, par leur foi en un Dieu trinitaire, d’associer deux divinités (Marie et Jésus ?) au Dieu unique (cf. p. ex. : Coran 4, 171 ; 5, 72-73 ; 9, 30-31 ; 13, 33 ; 39, 65-66, etc.).

(3) Cf. aussi ses livres : Un islam pour notre temps, Seuil, 2004 ; Self islam, Seuil, 2006 ; L’islam sans soumission, Albin Michel, 2008.

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16 commentaires

  1. Joseph Fadelle raconte son histoire personnelle, dans son livre “Le prix à payer”. Il n’y a aucun amalgame lorsqu’il raconte ce qu’il a subi. Pour un musulman qui veut sortir de l’islam, c’est tout simplement impossible car une fatwa est lancée contre lui. La violence islamique n’est pas un dérapage provenant d’un groupuscule, elle fait parti du Coran.

  2. Les représentants de l’Islam ne manquent pas de culot. Ou bien, tablent-ils sur l’ignorance du Coran (réelle ou feinte par lâcheté) par nos irresponsables politiques?
    Se pourrait-il qu’à Sciences-Po, et à l’ENA on n’étudie pas la distinction : qualitative, temporelle et hiérarchique entre les sourates abrogées et abrogeantes ?

  3. Article très intéressant, qui renvoie les dignitaires de la communauté musulmane devant leurs responsabilités (et leurs contradictions).

  4. Ce ne sont pas plutôt le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui font que les Chrétiens sont des associateurs ?
    A rappeler également le principe de la Takya qui permet à tout musulman de mentir pour sa religion.

  5. Cher Exupéry
    Votre commentaire pourrait nous laisser croire que vous vous illusionnez beaucoup sur les connaissances en matière islamique de nos futurs dirigeants, comme de nos dirigeants actuels sans doute.
    Je ne connais rien des programmes de Sciences-Po ni de l’ENA, mais ils doivent être assez différents, j’imagine, de ceux des doctorats de l’Université Al-Azhar.
    Pour m’intéresser un peu au sujet je trouve l’ignorance de nos concitoyens, fussent-ils députés ou ministres, abyssale. Et la notion d’abrogation dans le coran c’est déjà d’un niveau bien élevé pour ces messieurs-dames…
    S’ils pouvaient seulement comprendre les faits, tels que… Mais effectivement cela demande une qualité qui les fuit depuis toujours: le courage, le vrai !

  6. pour un musulman à 100% ce n’est pas un péché devant Dieu de mentir à un non
    musulman. Le problème est que la république se croit invincible !!!

  7. Il faut rappeler que :
    – le Coran interdit la critique (exégèse) des écritures ;
    – il n’y a pas d’autorité en islam ni représentant officiel de l’islam ;
    – que le mensonge peut être utilisé légitimement par un musulman dès lors qu’il sert à défendre sa foi.
    On voit donc que l’islam est une porte qui peut demeurer fermée comme elle peut aussi s’ouvrir à tous les excès. Tout peut être justifié par le Coran et aucune autorité musulmane n’a le droit de condamner un musulman ; tout juste peut-elle exprimer un désaccord face à tel ou tel excès. Mais ça ne va pas plus loin.

  8. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris : « Nous ne voulons pas qu’il y ait d’amalgame entre la communauté musulmane et les faits qui viennent de se dérouler, qui n’ont rien à voir avec l’islam. Nous demandons donc à la communauté nationale de se garder de tout mauvais jugement envers notre religion ».
    IL S’EST BIEN GARDÉ DE MANIFESTÉ!!!!

  9. On oublie trop vite que l’Islam est a deux visages. Il y a les musulmans et les islamistes. Les musulmans cohabitent dans la paix qu’ils désirent, les islamistes n’ont qu’une idée en tête conquérir le monde et lui imposer “leur charia”.Leurs conquêtes par le meurtres et les tortures sont leurs signatures. Les Coptes en Egypte en savent quelque chose.La charia a été proclamée en Tunisie. Bonjour le printemps arabe.Partout où ils passent il ne reste que des ruines et des morts.

  10. Ce n’est en effet ni aux journalistes ignares ni aux hommes politiques tout aussi incompétents en la matière de régler ces questions internes au musulmanisme ( j’emploie ce terme pour éviter tout amalgame!….).
    Que les journalistes nous informent des FAITS, que les hommes politiques assurent l’ordre public, que les docteurs en islam lavent leur linge sale en famille et…”les vaches seront bien gardées”.
    Merci à Annie Laurent – qui, elle, sait de quoi elle parle – d’avoir mis les points sur les i à ce sujet.

  11. Je pense qu’il n’y a pas d’étude à faire. Leur programme est toujours le même…tuer…tuer…tuer ceux qui ne pensent pas comme eux.Il n’y a rien à faire. Mais je ne confondrait jamais les musulmans et les islamistes.Ce serait faire injure aux musulmans.Comme la guerre et la paix.Souvenons nous des massacres pendant la messe de Nöel à Bagdad.45 morts dont des enfants, des jeunes et des bébés.Les islamistes ont le diable au corps et rien d’autres.C’est le seul but de leur vie.Ils seront moins fanfarons quand ils seront là haut…pas de jeunes vierges pour les attendre, la chaleur promise ne sera pas celle là.Ils seront mêmes capables de menacer encore et de brandir leur charia….

  12. jeune, plus ou moins, Franco-Algérien possédant un passeport algérien à jour et un passeport français périmé

  13. “Mohamed Merah, jeune Français d’origine algérienne”
    Il serait plus exact d’écrire “ce bi-national franco-algérien” car, si on en croit cet article du jeudi 29 mars 2012 (http://www.liberte-algerie.com/actualite/mohamed-merah-n-avait-pas-de-passeport-francais-dernieres-infos-175085)
    ce jeune homme n’était guère préoccupé de sa nationalité française:
    “Le jour de sa mort, soit le 22 mars dernier, Mohamed Merah n’avait pas de passeport français…valide. Il avait expiré près de quatre ans avant.”
    L’article apporte les précisions suivantes:
    “un seul passeport français a été délivré à Mohamed Merah. (…) Son passeport français lui a été délivré le 22 avril 1998 (il avait donc 09 ans, 5 mois et 12 jours) à Toulouse et il ne l’a jamais renouvelé.”
    Ce document était donc expiré à compter du 23 avril 2008.
    En revanche, toujours selon la même source
    “Par contre, son passeport algérien était encore valide. Le 20 juillet 2005 il avait obtenu ce document officiel algérien au niveau du consulat de Toulouse. Il lui a été renouvelé le 20 mars 2010, toujours dans le même consulat.”

  14. Les Musulmans ne peuvent pas changer (sauf en se convertissant) puisque le Coran est la parole incréée de Dieu. Il ne faut pas en changer un iota.
    Ils naissent mignons comme tout le monde, puis on les habitue à voir le sang (les animaux égorgés), les tortures, à croire tout ce que dit le Coran et à ne pas poser de questions.
    Ils sont donc tous prêts à tuer les non-musulmans, comme c’est leur devoir – et à attendre patiemment le moment propice.
    L’affaire Merah a pour corollaire que nombreux sont ceux qui préparent discrètement la prochaine tuerie. Cette affaire les encourage dans cette voie.

  15. Pour pouvoir faire l’exégèse de l’islam, il faut le connaitre. Je vous invite à lire ces deux très bons articles qui expliquent d’où vient cette position victimaire de l’islam (alors qu’il a toujours été belliqueux):
    http://www.libertepolitique.com/L-information/Decryptage/Victimisation-et-violence
    et pourquoi il se renforce autant aujourd’hui:
    http://www.postedeveille.ca/2009/09/le-terrifiant-génie-de-lislam.html
    Enfin, vous pourrez mieux entrer dans l’étude de cet texte si lourd de conséquences: http://coranix.org/

  16. nous n’avons guère vu de manifestations musulmanes pour condamner les actes de M Mehra, et contre l’amalgame qui pourrait etre fait

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