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France : Politique en France

« Moindre mal » ou « moindre pire »

De l'abbé de Tanouärn :

T"Ce moindre mal… Saint Thomas en parle deux fois (pour le recommander), mais en termes extrêmement précis, comme un vrai moraliste. Il est toujours interdit de choisir le mal – même moindre. Mais poser un acte bon (le vote) d'où sortira la situation la moins mauvaise possible, non seulement c'est moralement correct, mais c'est un devoir moral ! Dans le De regno, saint Thomas me semble assez près du cas que nous avons à traiter. Il se demande s'il vaut mieux choisir… non pas Sarkozy ou Hollande, mais la monarchie ou la démocratie. Bref il s'agit de poser un choix politique, comme chacun des électeurs français aura à le faire le 6 mai.

Lequel ? Celui qui rationnellement sera le moins lourd. Je vous cite en latin la formule de saint Thomas dans le De regno, elle est irréprochable : "Cum autem inter duos ex quorum utroque periculum imminet, illud potissime eligendum est ex quo sequitur minus malum" (chap. 6 Marietti n. 764). Chaque mot est à peser. Voici ma traduction : "Entre deux possibilités qui comportent, chacune, leur danger, il vaut mieux choisir celle de laquelle va s'ensuivre un moindre mal". Saint Thomas parle du choix entre différentes constitutions, monarchique ou démocratique. Aucune de ces constitutions n'est mauvaise en soi. De même : le vote en lui-même n'est pas un mal. Chacun des deux candidats représente un certain nombre de périls. Il importe de choisir celui qui est le moins dangereux. C'est du bon sens. Uniquement du bon sens. Qui a dit que voter, c'était comme prendre la pilule ? Voter est un bien. Aucun des deux candidats n'est irréprochable. Ma concierge vous dira donc qu'il faut prendre le "moins pire".

Ma concierge… Mais le "moindre pire" dont on entend parler ici et là me semble une expression très maladroite. Ou c'est le pire (et le pire n'est pas "moindre" ou… pire, il est pire) ou c'est simplement mauvais, et le mauvais est toujours moindre que le pire… Parlons donc de moindre mal et pas de moindre pire ! "Ce qui se conçoit bien…".

Rationnellement, alors que la morale n'est pas directement en jeu dans l'acte posé – à savoir un vote – il suffit de calculer ce qu'apportent et ce que retirent les deux propositions de vote. Pas besoin d'être grand clerc."

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26 commentaires

  1. Monsieur l’abbé de Tanouärn, merci beaucoup pour cet enseignement. Je connaissais le « moins pire », exactement dans le sens que donne saint Thomas d’Aquin, mais pas le « moindre pire. »

  2. Comme il s’agit de prévoir quel sera le pire, il faut alors s’imaginer ce que seront les conséquences de son vote. Nous sommes alors dans un certain arbitraire. Car l’avenir appartient à Dieu. Le choix entre deux formes de gouvernement est de choix entre deux abstractions. Le choix entre deux hommes pour gouverner est le choix d’un individu. Nous sommes dans la situation d’un DRH qui doit choisir entre deux candidats. Or tous les deux en tant qu’homme sont bons, c’est une certitude, mais sont-ils bons pour le poste à pourvoir ? Voilà la question.
    En revanche si je sais qu’en votant pour celui qui a deux ans de retard, je serai considéré comme avalisant son programme de mort et de destruction de la France, cela pose un sérieux problème à ma conscience. Reprenons la métaphore du DRH. Le PDG qui a deux copains ne veut pas choisir entre eux. Il me refile donc la patate chaude et me dis « – choisissez-en moi un des deux ! ». Dans ces conditions, je dois recruter un comptable et, par la volonté arbitraire du PDG, je n’ai le choix qu’entre deux candidats aux casiers judiciaires chargés en matière d’escroqueries et de faux en écritures. Dois-je choisir celui dont je suppose qu’il plongera dans la caisse commune, certes, mais avec une certaine retenue que n’aura pas son concurrent ? Sachant que je peux dire : aucun des candidats présentés ne convient pour le poste, vous les avez choisis ? Vous voulez imposer votre choix ? Hé bien continuez, moi je refuse de choisir. Vous me mettez dans une situation impossible, vous vous moquez de la volonté de notre Créateur commun qui exige de nous vérité et justice, hé bien, je ne joue pas avec des grecs.
    (grec est un terme d’argot : « Arg. Homme qui filoute au jeu. Les Grecs. ,,Les tricheurs professionnels«  (Sandry-Carr. Joueurs 1963) :
    5. … (ah! si tu le connaissais!) j’en suis bien revenu sur Mazarakis. C’est un rastaquouère comme tous les autres, un fumiste, un Grec de tripot qui a toujours dans sa manche un double jeu, comme autrefois. Miomandre, Écrit sur eau,1908, p. 236. » Trésor de la langue française v° grec acception 3 A)

  3. oui je viens de faire un rêve,celui d’une abstention de tous les français lors de cette mascarade du 6 mai prochain.
    ce n’est qu’un rêve????? dommage je rêve!!!!!!

  4. Certes, mais doit on simplement s’arrêter à la conception de Saint Thomas d’Aquin sur le choix du moindre mal?
    Lui a inventé le concept de moindre mal. Au vingt et unième siècle, quelqu’un a inventé le concept du moindre pire, qui n’est qu’une extension du moindre mal, et qui exprime le fait que les choix que l’on a à poser nous conduiront tous à une situation pire que celle actuelle. Et si en effet entre deux choix on ne peut pas dire qu’ils sont entre eux pire pour l’un et moins pire pour l’autre, on peut le dire par rapport à la situation actuelle. Pire est aussi bien un superlatif qu’un comparatif.
    Et là arrive un concept compliqué en philosophie. Si un mafieux nous demande de choisir entre soit la mort soit le viol et l’amputation sur une tierce personne, doit on choisir le moindre mal (viol et amputation), et prendre une part de responsabilité dans la situation de la victime, ou bien refuser de choisir, même si on est quasiment certain que le mafieux choisira du coup le pire pour la victime?
    C’est une situation complexe, et n’ayant pas la réponse, je ne pousserai personne à choisir l’un ou l’autre. Intimement mon choix est fait. Je ne serai pas co-responsable de ce qui va se passer.

  5. Monsieur l’abbé,
    Quel est le moindre mal? Quel est le « moins mauvais » des candidats? Celui qui dit ce qu’il va faire ou celui qui fera exactement la même chose mais le cache et ment?
    Vous dites qu’il faut voter. Nous proposez vous d’aller à l’échafaud « en toute conscience » ou en nous leurrant?
    Monsieur l’abbé, que direz vous aux 220 000 enfants qui mourront l’an prochain? « Votre mort était un moindre mal? » Et aux vieillards euthanasiés? « Je ne savais pas, le candidat a menti… »?
    Non, Monsieur l’abbé, notre devoir de laïcs citoyens est ne pas nous salir les mains (j’ai malheureusement trop donné de ce côté là avec M. Ph de V), mais au contraire de les garder propres pour organiser une pression permanente, animer au quotidien les « contre pouvoirs » que sont les associations. Et vous, les prélats citoyens, en particulier l’IBP, poursuivez votre combat pour l’évangélisation. Révangélisez notre Eglise de France, la France! C’est l’effet conjugué de notre pression par le bas et votre pression par le haut qui fera changer les choses. Se rallier au diable le plus souriant des deux ne fera en rien avancer la parole de Notre Seigneur. Je me souviens de vous avoir entendu dire, Monsieur l’abbé, que le diable était d’autant plus dangereux qu’il était avenant…
    Votons « Ni l’un ni l’autre! »

  6. Une fois n’est pas coutume et je suis particulièrement heureux d’être d’accord avec Denis Merlin.
    L’abbé de Tanouärn, qui n’est pas un imbécile, me parait particulièrement dangereux par ses sophismes à répétition.
    Nous somme vraiment dans une époque de confusion extrême ou il devient difficile de savoir en qui on a confiance si ce n’est en Dieu!
    Le lien de Nicole sur Franck Abed est très parlant.
    Arrive un moment ou le choix de ne pas voter s’impose de lui-même.
    Il n’y a pas cette fois ci d’excuse à voter pour l’un ou l’autre des deux ignobles.
    Il n’y a pas de pire ou de moindre mal, ce n’est qu’une vue de l’esprit d’intellectuels pervers, c’est du baratin pour tromper ceux qui le veulent bien.
    Si vous êtes accros du suffrage unversel votez blanc, sinon abstenez-vous!
    Et là, vous agirez en vrai catho, et je sais que ce n’est pas facile car c’est une espèce en voie de disparition………apparente.

  7. Je suis d’accord avec Altaïca.
    Monsieur l’abbé s’est arrêté il y a mille ans. Son jugement aurait sans doute été juste à cette époque… Mais depuis, on a avancé (tout en gardant l’essentiel de la pensée de St Thomas).
    Quant à déplorer une expression soutenue par nos propres papes, ça commence à mettre mal à l’aise la suite de son argumentation…
    On a vraiment l’impression que chacun se créé sa petite philosophie personnelle pour justifier et son vote et sa conscience…
    Le Malin doit être mort de rire depuis des semaines par le spectacle affligeant des catholiques de France, non à cause du débat mais bien à cause de toutes ces petites compromissions que chacun acceptent pour soulager sa conscience…
    « Je suis la Vérité ».
    Il est le mensonge.

  8. Merci M l’AB.

  9. « Entre deux possibilités qui comportent, chacune, leur danger, il vaut mieux choisir celle de laquelle va s’ensuivre un moindre mal »
    Tout dépend alors de ce en quoi consiste le moindre mal.
    Si on pense que la réélection de M. Sarkozy ne fait que retarder de quelques années les mesures folles et la destruction du pays, en anesthésiant les français (allégorie de la grenouille plongée dans l’eau tiède portée lentement à ébullition), et qu’on pense que si F. Hollande est élue, une prise de conscience et une réaction des français est possible, alors, le pire est bien la réélection de N. Sarkozy, et le moindre mal celle de M. Hollande.

  10. J’ai une très grande estime pour M. l’abbé de TANOUARN, mais je demeure très sceptique.
    Non pas sur son exposé théorique, très lumineux, appuyée sur une fine analyse du De Regno. Particulièrement sur son refus de l’expression de  »moindre pire », lancé à la légère par ceux qui voulaient nous faire penser avant le premier tour que le moindre mal FN lui-même serait irrecevable, ce que lui et ses deux confrères prêtres n’ont pas fait à titre personnel, et qui nous force donc à une écoute attentive de leur conseil, contrairement à ceux qui maintenant préconisent d’ailleurs bien pire que ce moindre mal qu’ils récusaient …..
    Mais c’est bien là le sujet : en quoi N. SARKOZY, réélu, fera le moindre mal, à savoir un moindre geste pour faire baisser ne serait-ce que de qq dizaines de milliers le nombre d’avortements ?
    Il n’a rien fait avant, rien. Rien fait reculer des lois néfastes.
    Le pari est (peut-on parier en matière morale grave ?) : avec SARKOZY, au pire (tiens, tiens) ce sera retardé. Bien j’invite chez moi le voleur SARKo, alors que je jette le voleur HOLLANDE. Sauf que le voleur est aussi le chef de la police : SARKO aura le pouvoir si nous le lui donnons.
    Ce sera retardé, nous dit-on encore et cela laisse une marge d’action : certes, mais avec quelle efficacité ?
    Quand on voit N. SARKOZY obéir aussi rapidement aux injonctions maçonniques du GO à propos du FN, alors qu’il y joue sa réélection, on ne peut que craindre qu’il ne cède encore lorsque les mêmes lui mettront le marché en main dans un contexte de difficultés politiques.
    On quitte la morale en disant cela ? Mais on l’a quittée par ce pari même. Car chacun sait que dans ce pari, ce calcul, on sort de la morale pure et théorique : on entre dans des conjectures incertaines. La chute iénéluctable de l’€uro, la dette etc… entraineront une crise sociale et politique grave (avec HOLLANDE également) : comment croire que le personnage virevoltant N. SARKOZY,  »tuant » le FN durant 5 ans, pour le caresser un lendemain de mauvais résultats électoraux puis renier sa caresse même le lendemain en jurant avec la main qui caressait, puisse alors refuser le soutien de réseaux maçonniques pro mort, lesquels ne sont jamais gratuits, contrairement à ce que nous catholiques sommes appelés à faire, un acte de don gratuit et sans garanties.
    Sans garanties de moindre mal, à part ce moindre mal putatif qu’il ne cède pas.
    D’où mon scepticisme.
    Nous entrons en effet dans un pari sur une personne, sur sa qualité, ses vertus, sa virtus au sens romain.
    Et là encore scepticisme. SARKOZY, romain ?

  11. Comme HB je suis pour une fois d’accord avec Denis Merlin. Le problème n’est pas moral (choisir ou non le moindre mal); il est de déterminer où est le moindre mal.
    Si des raisonnements rationnels pouvaient fournir une réponse, il n’y aurait pas lieu de se poser une question morale. Le libre arbitre des électeurs ne jouerait pas devant une telle évidence qui entraînerait le choix.
    Mais pour le 6 Mai le problème est de savoir où est le moindre mal. Sans réponse à cette question tout vote autre que l’abstention ou le vote blanc ressemblerait plus à une roulette russe qu’à un « acte politique » délibéré.

  12. @ clovis: « Mais pour le 6 Mai le problème est de savoir où est le moindre mal. Sans réponse à cette question tout vote autre que l’abstention ou le vote blanc ressemblerait plus à une roulette russe qu’à un « acte politique » délibéré. »
    J’ai du mal à comprendre cette position que je retrouve dans nombre de posts Le programme de François Hollande comporte dans sa première année de mandat le maiage homosexuel, l’adoption homosexuelle, l’euthanasie, etc. Et on peut être d’autant plus certain qu’il les passera que sans marges de manoeuvre économiques, il devra se replier sur le sociétal.
    A l’inverse et malgré tout ses éfauts, Sarkozy s’est prononcé contre ses trois sujets. On peut certes lui faire un procès d’intention et penser qu’il ment, mais l’on a dit la même chose e 2007, et force est de constater qu’en 2012 il n’a porté aucun de ces trois points.
    Il n’y a aucune roulette russe là-dedans.
    Et je préfère ne même pas parler es tenants de la politique du pire, qui s’imaginent que bousculée par François Hollane la France va brusquement se lever. Plus de 30 ans que l’on fait ce (mauvais) calcul.

  13. Pour Marin: La roulette russe est: FH déclare ce qu’il fera, NS aussi: qui ment le moins?

  14. Le propos a sa logique.
    Cependant en votant même par défaut (pour limiter les dégâts), nous entretenons malgré tout un système pervers. Celui-ci nous re-servira la même problématique tous les 5 ans… Et tous les 5 ans, le même débat aura lieu autour du « moindre pire » ou « moindre mal » sur lesquels nous glosons… En d’autres termes, nous nourrissons le monstre qui nous dévore. Le bilan néfaste de Sarkozy n’est plus à démontrer. Voter pour lui a ses conséquences. PS ou UMP vont dans la même direction: l’établissement durable d’une société de mort. Je pense qu’il arrive un moment où il faut dire non et refuser de choisir entre deux logiques mortifères. Peser dans le débat, faire pression par des moyens efficaces (Audacia, Catholiques en Campagne, pétitions, emails…) est indispensable. Informer les français (liberté politique, le salon beige…) est primordial. Mais nous compromettre une fois encore, il serait temps de dire non.
    Que l’Esprit Saint nous éclaire !

  15. @ Denis Merlin :
    « Dois-je choisir celui dont je suppose qu’il plongera dans la caisse commune, certes, mais avec une certaine retenue que n’aura pas son concurrent ? Sachant que je peux dire : aucun des candidats présentés ne convient pour le poste, vous les avez choisis ? » :
    continuons la parabole:
    « Sachant que je peux dire : aucun des candidats présentés ne convient pour le poste », non, vous ne pouvez pas le dire : la question est lequel des deux choisir, sachant que l’un des deux deviendra obligatoirement votre comptable.
    Vous refusez donc de choisir, et c’est donc le PDG qui choisit à votre place. Il choisit celui qui plonge sans retenue dans la caisse, et qui fait couler la société qui vous permettait de nourrir votre famille. Vous vous retrouvez donc au chômage en pleine période de crise, incapable de retrouver un emploi. Vous n’êtes plus capables de subvenir correctement au besoin dans votre famille.
    Au final, votre décision de ne rien faire a eu un impact direct sur vos conditions de vie.
    Alors qu’en prenant celui qui aurait plongé avec plus de parcimonie dans la caisse, la société n’aurait pas fonctionné comme elle aurait dû, mais elle n’aurait pas coulé.
    Et souvenez-vous du choix que fit le père Kolbe. On doit toujours choisir le plus de vie

  16. En novembre 1963, dans L’Esprit Public, l’écrivain et journaliste Jacques Perret (« Le Caporal Epinglé ») s’adresse à certains patriotes de droite « Algérie française » qui deviennent partisans d’un bout de chemin avec le gaullisme pour éviter le péril socialo-communiste :
    « Ils se trouvent une sagesse facile à s’interdire une condamnation globale, réputée passionnelle. (…) On a le nez dans la crotte, mais mieux vaut continuer dans la crotte qu’affronter les inconnus de l’après-crotte : oui-oui pour la crotte stabilisée. La cause commune a ses raisons vicieuses, c’est la peur ; et les peureux une fois de plus auront précipité les fléaux qu’ils redoutaient. (…) Pour envisager quelque chose qui nous fasse regretter le gaullisme, il faut avoir l’esprit singulièrement inventif, imaginer le pire du pire. De toute manière consentir à un mal de cette espèce dans l’appréhension du pire, c’est faire le lit du pire car la nature du mal c’est d’aller au pire ».

  17. La roulette russe est la suivante: qui de FH ou de NS ment le moins. Je préfère ne pas appuyer sur la gachette.

  18. Prenons un exemple historique. Supposons que le 19 mai 1981 Giscard ait été élu. Cela eût-il été mieux ?
    Je crois que souvenir que j’ai voté « Giscard » au deuxième tour des présidentielles de 1981, sous la pression de ceux qui me disaient la même chose qu’aujourd’hui au sujet de Sarkozy. Mais rétrospectivement, je pense que je n’ai pas bien fait, car cela a augmenté l’impression que mon vote appuyait l’avortement. J’ai été décompté parmi ceux qui disaient oui à l’avortement.
    Aujourd’hui si je vote Sarkozy, je condamne injustement mes parents et mes ancêtres, je dis « oui » à l’avortement, je dis « oui » au Conseil français du culte musulman financé par l’argent des pauvres etc. La seule façon que j’ai de dire mon refus et de ne pas renforcer le camp du mal, c’est de ne pas voter ou de voter blanc.
    Institutionnellement nous choisissons un homme et pas un programme (il n’y a pas de mandat impératif), donc je dis choisissez le sans moi.
    « Otée la justice que sont les Etats sinon des bandes de brigands ? » (Saint Augustin La Cité de Dieu cité « de tête »).

  19. @ Denis Merlin
    « Supposons que le 19 mai 1981 Giscard ait été élu. Cela eût-il été mieux ? » : en tout cas bien moins pire, sans aucun doute !
    Giscard était un administrateur médiocre, mais Mitterrand a détruit la France. À partir de 1981, tous les compteurs passent au rouge : la dette explose, et nous ne nous en sommes jamais remis, c’est d’ailleurs l’une des origines de la crise actuelle. L’immigration aussi, comme l’insécurité et les premières attaques sur l’Ecole libre.
    Les nationalisations ont été un désastre financier et économique, qui nous ont fait perdre 20 ans. Le chômage, considéré comme important à l’époque de Giscard va devenir monstrueux.
    Pour l’avortement, malheureusement Mme Veil reçut l’accord secret de l’épiscopat, dixit Simone Veil qui avoua aussi récemment que les chiffres qu’elle avait utilisés lors des débats à l’assemblée étaient faux. Mais vous n’avez pas voté pour l’avortement, vous n’aviez pas le choix, surtout quand vous étiez trahis par nos chefs. D’ailleurs par la suite, on ne peut pas dire que les évêques de France se soient mobilisés contre l’avortement !
    Donc oui, voter Giscard aurait retardé la destruction de France, et peut-être permis l’arrivée de gens compétents ce que nous ne saurons jamais.
    Sarkozy sous beaucoup d’angles est un clone de Giscard.

  20. Le commentaire de SAINT tHOMAS s’applique à un choix entre 2 régimes politiques, qui peuvent etre bons ou mauvais en fonction du Pouvoir en place
    Aujourd’hui il s’agit du choix entre un énorme « moindre mal » qui rend complice d’un million d’assasinats par mandat de 5 ans, et d’un plus énorme encore
    Peut on encore appeler cela un moindre mal?

  21. Je ne commente jamais les posts, mais là, j’ai vraiment l’impression que l’abbé se fiche de nous d’une manière sophistique. Saint Thomas parle de « possibilités qui comportent un danger », à savoir pour la démocratie la démagogie et pour la royauté la tyrannie. Ce sont des dangers, des hypothèses vers lesquelles on glisse (facilement à cause de la nature humaine blessée), mais pas des états stables, des choix pérennes mauvais, sinon saint Thomas n’aurait choisi aucun de ces deux régimes (ne faites pas le mal pour qu’il en sorte un bien). La situation actuelle est complètement différente de l’hypothèse de l’aquinate, car il ne s’agit pas de choisir celui qui risque le moins de se tromper, ou de fauter, mais celui qui est le moins pécheur, le moins destructeur, le moins corrupteur, le moins… pire.
    PS : non, voter n’est pas un bien, qui voudrait dire que ne pas voter est un péché. Cette vision trop cléricale est pathétique. L’acte matériel de voter est neutre, c’est le choix formel qui engage la moralité de l’acte.

  22. Le prochain scrutin pose une vraie question de morale contrairement à ce que je lis plus haut : notre préoccupation de chrétiens dans la cité est de faire le bien, et si possible de faire le meilleur choix pour le bien commun.
    Je crois que M. L’abbé de Tanouarn a brulé une étape dans le raisonnement thomiste : avant de faire le choix entre deux bulletins de vote, avant de choisir entre deux plus ou moins pires, Saint Thomas et l’enseignement de l’Eglise sans discontinuer nous demandent de choisir le bien et de refuser toujours le mal.
    Notre bien aimé Saint Père toujours soucieux de nous guider dans ces moments difficiles, a posé les limites du Bien en détaillant les points non négociables. Je crois que nous ne devons choisir qu’entre des candidats qui respectent les points non négociables, je crois qu’au deuxième tour il est de notre devoir de ne voter ni pour F Hollande, ni pour N Sarkosy
    Je vous rejoins tout à fait M. Fafounet !

  23. fafounet,
    Vous devriez intervenir plus souvent.

  24. Voter est un devoir de conscience.
    2240 La soumission à l’autorité et la coresponsabilité du bien commun exigent moralement le paiement des impôts, l’exercice du droit de vote, la défense du pays :
    Rendez à tous ce qui leur est dû : à qui l’impôt, l’impôt ; à qui les taxes, les taxes ; à qui la crainte, la crainte ; à qui l’honneur, l’honneur (Rm 13, 7).
    Les chrétiens résident dans leur propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens et supportent toutes leurs charges comme des étrangers … Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre l’emporte sur les lois … Si noble est le poste que Dieu leur a assigné qu’il ne leur est pas permis de déserter (Epître à Diognète 5, 5. 10 ; 6, 10).
    L’Apôtre nous exhorte à faire des prières et des actions de grâce pour les rois et pour tous ceux qui exercent l’autorité,  » afin que nous puissions mener une vie calme et paisible en toute piété et dignité  » (1 Tm 2, 2).
    Je ne choisis pas entre bonnet blanc et blanc bonnet, mais je prierai pour l’autorité quelle qu’elle soit et pour que les lois changent.

  25. @ Denis Merlin
    Bravo car le début et la fin commence et termine toujours par la prière…

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