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Valeurs chrétiennes : Culture

Mobilisation pour sauver la basilique de Saint-Denis

On me communique cette initiative :

D "La Nécropole royale de la Basilique Cathédrale de Saint-Denis où bon nombre de Rois et Reines de France repose est très dégradée. Sa restauration s’impose. Les structures responsables des travaux à entreprendre semblent ignorer ce problème qui devient urgent de régler. Abandonner aux outrages des hommes et du temps ce mémorial royal unique est hors de question pour un grand nombre de français mais aussi d’étrangers.

C’est pourquoi vient de se créer une « Union Nationale d’Associations pour la sauvegarde, le respect, de la Basilique Cathédrale de Saint-Denis et de sa Nécropole royale » dont le siège est à Saint-Gilles du Gard. Cette Union d’Associations s’est donné également pour mission l’inscription de la Basilique Cathédrale de Saint-Denis et de sa Nécropole royale au patrimoine mondial de l’humanité.

Toute personne physique ou morale, peut y adhérer quelques soient ses opinions politiques ou confessionnelles."

Une pétition est lancée.

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5 commentaires

  1. Décidément, Jean Raspail est plus que prophétique : la destruction progressive de la nécropole royale y est parfaitement décrite dans _Sire_.
    Le dernier stade de l’abandon de l’humanité est lorsque les hommes ne respectent plus ni les tous-petits, ni les défunts.
    Après avoir été la fille éblouissante de l’Eglise, la France est en passe de devenir l’anti-chambre de l’Enfer…
    Sainte Mère de Dieu, priez pour nous…

  2. pétition signée !
    Karim Ouchikh s’est engagé dans ce combat , il prouve qu’on peut être français de coeur !

  3. Le sac des tombeaux de Saint-Denis, par ordre de la Convention, du 12 au 25 octobre 1793. Treize jours de honte.
    Extrait du livre de Jean Raspail : Le Roi au-delà de la mer – Albin Michel, 01-2000
    Au milieu d’une foule surexcitée qui encourageait de la voix et du geste les terrassiers, on commença à creuser aux abords immédiats de la basilique deux fosses carrées. La première était destinée à recevoir les ossements des Bourbons, la seconde ceux des Valois et des Capétiens directs, ainsi que les restes des rois des deux premières races, si l’on en retrouvait quelque chose. Puis l’on enfonça au bélier les portes de la crypte où s’alignaient les tombes royales sur plusieurs niveaux de profondeur. Le premier «tyran» forcé dans son repos éternel fut le bon roi Henri IV. Lorsqu’on eut fait sauter le couvercle de son cercueil, son corps apparut presque intact. Dans l’air raréfié de la crypte, il répandait une forte exhalaison d’aromates. Ce roi-là sentait bon. Ce ne fut pas le cas des autres. Son visage était admirablement conservé, la barbe presque blanche, les traits à peine altérés. Le cadavre fut ainsi dressé, comme un mannequin, et adossé à un pilier. La foule qui l’entourait, impressionnée, suspendit un instant sa haine. Allait-elle tomber à genoux, en témoignage d’ancien respect ? Mais la loi qui régit les masses humaines ne souffre pas d’exception : c’est toujours le plus vil qui l’emporte. Se poussant au premier rang, un courageux sectionnaire tira son sabre et coupa ras une mèche de barbe dont il se fit une moustache postiche sous les rires et les applaudissements. Puis ce fut le tour d’une mégère qui gifla le roi à toute volée, si fort que son corps tomba à terre. Après des heures d’outrages et d’insultes, réduit à l’état qu’on peut imaginer, il fut balancé sans ménagements, le premier, dans la fosse des Bourbons.
    Louis XIII fut expédié dans la fosse sans même l’aumône d’une injure. Il puait trop. Avec Louis XIV, on avait un compte à régler. Son corps fut éventré au couteau, d’où s’échappa quantité d’étoupes qui remplaçaient les entrailles, après quoi l’éventreur, avec son couteau, ouvrit en force la bouche du roi dont les mâchoires étaient bloquées depuis soixante-dix-huit années. Prélevant un chicot noir et pourri, il le montra au peuple, comme un trophée. Cette fois indifférente à l’odeur effroyable que répandait la bouche royale, la foule rugit de bonheur. Quant à la reine Marie-Thérèse, l’épouse du roi Louis XIV et fille de Philippe IV d’Espagne, elle fut basculée dans la fosse où elle S’abîma, la tête tordue et renversée, les jambes écartées levées vers le ciel, elle qui avait été si vertueuse, et cela fit bien rigoler. Marie de Médicis ne fut pas mieux traitée. On s’en débarrassa très vite, car elle coulait comme un vieux fromage. Les patriotes se disputèrent quelques cheveux qui surnageaient dans cette putréfaction. Anne d’Autriche, la fière Anne, la reine de cape et d’épée, fut balancée en hâte dans la fosse. Ses membres ne tenaient plus à son corps et la foule se bouchait le nez, agglutinée autour de ces caveaux béants méphitiques. On entassa, dans la fosse des Bourbons, des dauphins, des grands dauphins, des petits dauphins, des Mademoiselles, des Grandes Mademoiselles, quelques Orléans, des ducs de Bourgogne, d’Anjou, d’Aquitaine, de Bretagne, de Montpensier, des princes mort-nés qu’applaudissaient les mégères parce que au moins « ceux-là n’avaient pas vécu », une Stuart égarée, des duchesses de Parme, d’Artois, de Berry, et la Palatine, et Turenne, et le Grand Condé, et tant de filles de France qui s’appelaient Marie, Marie-Zéphirine, Marie-Adélaïde, Louise-Marie, Marie-Élisabeth, Marie-Anne, lesquelles coulaient comme des fontaines de mort au fond de leur cercueil de plomb. La basilique n’était plus respirable. La foule reniflait avec passion.
    C’est alors qu’on découvrit Louis XV. Dieu sait qu’on l’attendait, celui-là, pour lui montrer combien on l’avait haï, à sa mort, le Bien-Aimé ! Que n’avait-on dit, qu’il était mort de la vérole, déjà pourri vivant, et qu’on ne l’avait point embaumé parce que les embaumeurs étaient morts après l’avoir à peine touché… Il déçut. Son cercueil ne répandit aucune exhalaison mauvaise. On le trouva très bien conservé et la peau blanche aussi fraîche que s’il venait d’être inhumé. On aurait dit qu’il prenait un bain, car il flottait dans une eau abondante formée par une dissolution de sel marin. Mais, l’eau vidée, ce fut l’horreur. Le corps du Bien-Aimé parut aussitôt se digérer lui-même jusqu’à n’être plus qu’une empreinte de chair au fond du cercueil d’où s’échappait un nuage d’une effroyable puanteur. On enflamma force poudre, on tira même des feux de salve dans l’espoir de purifier l’air, comme lors des épidémies de peste.
    Ainsi fut salué le roi Louis XV. C’était le 16 octobre 1793, à l’heure où la reine Marie-Antoinette était menée à l’échafaud dans la charrette ordinaire du bourreau, tournant le dos au cheval, les mains liées derrière le dos et les cheveux roides sur la nuque…
    Dois-je continuer, Monseigneur ? C’est une déplaisante façon, je le reconnais, d’évoquer de la sorte votre famille en ces jours de 93 où la France et les Français cessèrent d’aimer d’amour leurs rois. Peut-être cette haine populaire représentait-elle une sorte de salut dévoyé à la Majesté fracassée. On vous haïssait très fort parce que vous aviez été tout, si longtemps. On vous faisait payer, par votre supplice, le bien que le pays vous devait et la grandeur où vous l’aviez hissé. Quand la tête de Louis XVI tomba dans le panier de son, le 21 janvier 1793 à dix heures et vingt-deux minutes, il se fit un grand silence qui s’étendit jusqu’aux Tuileries à travers la foule innombrable.
    C’est la haine qui, un instant, suspendait son cours, un dernier acte de communion parfaite entre la France et ses rois. Cette communion-là est anéantie à jamais, Monseigneur. L’indifférence et l’ignorance l’ont aujourd’hui remplacée, avec, au mieux, chez ceux d’entre les Français qui connaissent votre existence – j’allais écrire : votre survivance -, un peu de cette sympathie du coeur et de ces élans d’émotion que l’on réserve aux causes perdues. Allez-vous vous en satisfaire durant toute votre vie ?
    Mais revenons au sac des tombeaux de Saint-Denis. Qui sait si ce n’est pas là, justement, que vous pourriez puiser la force et la volonté de ne pas vous résigner à n’être qu’un souvenir..
    La fosse des Bourbons étant comblée, on passa aux Valois. Dans les mêmes conditions d’horreur, en deux jours le niveau monta si bien qu’un ouvrier fit remarquer qu’il n’y aurait pas de place pour tout le monde. Puis la tâche devint difficile. Il fallut plusieurs sondages obstinés et des campements de taupe pour repérer l’entrée du caveau de François Ier. Le créateur du Collège de France reposait là avec sa famille, sa mère la reine Louise, Claude de France, sa femme, et trois de leurs enfants. Ils se transformèrent, au contact de l’air, en un liquide boueux et nauséabond, qu’on vida, au seau, comme des excréments, dans la fosse aux Valois. Ce fut le dernier souverain qui pua et beaucoup le regrettèrent, car cette puanteur attisait la haine. Mais au-delà du XVIe siècle, les cercueils de plomb disparurent, faisant place à des sarcophages de pierre. Les chairs étaient réduites en poussière. Certaines avaient été bouillies afin de les séparer de leur squelette et enfermées dans des sacs de peau. L’élément solide ne comportait que les ossements et les crânes dont l’accumulation épaississait notablement la soupe de teinte indéfinissable, mêlée de chaux vive, qui atteignait presque le rebord de la fosse et qui était une sorte de concentré, de quintessence de nos rois. Les représentants du peuple crachaient dedans, car la récolte d’objets précieux n’avait pas été à la hauteur de leurs espérances. Nos princes s’étaient le plus souvent couchés dans leur tombeau en chemise, sans bijoux ni attributs royaux, en signe d’humilité chrétienne. Il y avait aussi, auprès d’eux, faisant monter le niveau de la fosse, toute une foule de dignitaires, abbés, ministres, connétables, chambellans, le sénéchal de Beaucaire, le chevalier de Barbazan, le grand Suger, abbé de Saint-Denis, et Bertrand Duguesclin, et Léon de Lusignan, dernier roi franc d’Arménie et premier d’une longue série non close de réfugiés chrétiens en France…
    Le roi Saint Louis, inhumé aussi à Saint-Denis, ne fut jamais retrouvé. Doublement odieux, comme roi et comme saint, on imagine l’acharnement avec lequel on le chercha, on le traqua de caveau en caveau. Peine perdue. Sa grande ombre s’étend, tutélaire, sur la vieille basilique assiégée. Et l’on continua à creuser. Il y eut quelque chose d’épouvantablement sacré l’insondable sacré populaire, celui qui s’oppose au divin, celui qui fait douter de Dieu – dans l’acharnement des violeurs de tombes à s’enfoncer comme des termites en plein fondement des siècles premiers, comme si c’était un nouveau droit de vie et de mort sur le passé découlant naturellement de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Épuisés, toussant, crachant, asphyxiés, les nécrophages entreprirent de se frayer un chemin à travers les plus anciens sédiments funéraires de l’antique basilique. Ce ne fut pas sans peine. Le 21 octobre 1793, au-delà du sarcophage de Philippe Auguste, mort en 1223, ils piétinaient en territoire inconnu, sans plan, sans repères, doués dans leurs boyaux souterrains qu’il fallait étayer et aérer. Avec le poids des siècles, peut-être celui de la honte commençait-il à leur peser. On doit leur reconnaître un singulier courage. Furent ramenés au grand jour et balancés dans la fosse le roi Louis VII Lejeune et Louis VI le Gros, son père, qui ne livra de lui-même qu’une poignée de poussière lumineuses Henri Ier et son épouse la reine Anne, fille du roi viking de Kiev, et d’autres, et d’autres, jusqu’à Robert II le Pieux, le second des Capétiens, né en l’an 970, à partir duquel les violeurs de tombeaux changèrent de millénaire, et changeant aussi de dynastie, à deux reprises, se coulèrent sous le dallage du choeur par d’étroites galeries inclinées, dans un labyrinthe sépulcral.
    Sur plusieurs niveaux de profondeur s’entremêlaient en un étroit espace une foule de Carolingiens et de Mérovingiens. Les inscriptions gravées étaient effacées. On trouva des ossements en tas regroupés dans des auges de pierre mais que l’anonymat ne sauva pas du plongeon dans la fosse aux Valois. En revanche, ce qui restait de Charles le Chauve fut identifié et découvert à l’intérieur d’un petit coffre de bois marqué à son chiffre, inexplicablement intact et enfermé dans un sarcophage. Charles II le Chauve, roi de France, signataire du fameux traité de Verdun, en 843, peut-être le véritable fondateur de votre royaume après le partage de l’empire de Charlemagne… Le coffre flotta quelques instants à la surface de la fosse, au milieu de grosses bulles immondes, puis bascula comme un navire qui sombre et disparut au sein de ce magma royal.
    Mais le triomphe final, l’apothéose de l’abjection, ce fut la découverte de Dagobert Ier Enfin ! On avait détruit l’abbaye, dévasté la basilique, anéanti la nécropole, les tombeaux, et voilà qu’on allait pouvoir, avec autant de jubilation, faire disparaître à jamais le despote qui était à l’origine de tout cela, le fondateur de l’abbaye, celui qui l’avait élevée au rang d’unique sépulture royale: Dagobert, le Salomon des Francs ! Lorsqu’ils tombèrent sur son sarcophage, après un épuisant labeur souterrain, les fils du peuple eurent l’excellente surprise de constater qu’il n’y était pas seul. La reine Nantilde, son épouse, qu’il avait si romantiquement enlevée dans un couvent, reposait auprès de lui, dans un coffret à deux compartiments, sous la forme d’un petit tas d’ossements enveloppés d’un tissu de soie. Deux inscriptions au poinçon étaient encore lisibles sur le coffre : Hic jacet corpus Dagoberti et Hic jacet corpus Nantildis. Le triomphe se tempéra d’une amère frustration car le plus fastueux des Mérovingiens s’était fait enterrer comme un gueux. On étala les ossements sur une dalle. Pas la moindre petite pierre précieuse, pas le plus mince anneau d’or. A la pelle et au balai furent réunis Dagobert et Nantilde, et balancés, à la volée, dans la fosse.
    La fosse aux Bourbons avait été fermée le 16 octobre 1793. Celle des Valois et autres souverains le fut le 25 de ce même mois. Ainsi fut consommée la seconde mort de nos rois, la seconde mort, Monseigneur, de tous ces souverains dont vous procédez. On combla les deux fosses. On les recouvrit de terre. On les piétina méticuleusement. On fit passer des rouleaux traînés par des chevaux. On plaça des sentinelles pour prévenir d’improbables manifestations de la ferveur populaire. C’était une précaution inutile. Le peuple avait perdu la mémoire. Il ne l’a pas récupérée depuis. Par la conjonction d’attentats répetés et concertés contre l’unité de l’Histoire de France, après plus d’un siècle de laïcité militante républicaine et de démantèlement acharné du sacré, elle a sombré dans un néant d’où seul un miracle pourrait aujourd’hui la tirer. Croyez-vous aux miracles, Monseigneur ?

  4. Impressionnant.

  5. Merci au Salon Beige d’avoir relayé notre pétition pour la Basilique de Saint Denis
    Françoise Buy Rebaud et le Cercle Hernani

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