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France : Politique en France

Ministères : quand la Santé parle à la place de la Famille

Le blogueur David Desgouilles décrypte ce couac gouvernemental :

B "Il y a quelques semaines, Nora Berra, secrétaire d’Etat à la Santé, ne défrayait pas du tout la chronique en sortant pourtant complètement de son secteur ministériel. Elle se déclarait favorable à la création du statut de co-parent, lequel permettrait à une personne liée à l’un des parents légaux d’exercer une autorité parentale sur un enfant. […] Nous avons donc une secrétaire d’Etat à la santé qui, en plein été, fait des propositions sur le domaine de la politique familiale sans que ni la titulaire du département concerné ne réagisse, ni le Premier ministre ni l’Elysée. […] Quand, dans le même temps, le ministre des affaires étrangères, est dépossédé de ses prérogatives par un (nouveau ? ancien ?) philosophe, ce genre de détails n’étonne plus personne en Sarkozye. […] Dès lors, on peut examiner trois hypothèses pour expliquer cette distribution des rôles :

1ère hypothèse : après avoir nommé Claude Greff au ministère de la Famille afin de rassurer la part la plus conservatrice de son électorat, le binôme Elysée-Matignon a tenté de ne pas désespérer le bobo urbain en mandatant Nora Berra. Celle-ci – jeune, moderne – lançait donc ce ballon d’essai, chargé de démontrer qu’un président réélu ne serait pas forcément si hostile à certaines évolutions. Le gouvernement ne désavouant pas Berra, et la titulaire du ministère de la Famille, tout juste nommée – et pour neuf mois seulement – et priée de rester silencieuse, cette stratégie de l’essuie-glace serait donc pensée et réfléchie au plus haut niveau.

2ème hypothèse : Claude Greff et Nora Berra sont de mèche. La première ne serait pas si « traditionnelle » qu’on veut bien le dire mais ne pourrait pas dégrader cette image grâce à laquelle elle fut nommée. N’ayant pas bien vécu la période Morano ni l’absence de ministre de la Famille pendant quelques mois, les diverses associations et forces de la majorité conservatrices sur le plan sociétal auraient considéré une telle proposition comme une trahison si elles l’avaient entendu dans la bouche de Claude Greff. Cette dernière se serait donc entendue avec sa jeune collègue, laquelle n’aurait pas été mécontente de bénéficier d’un éclairage médiatique plus gratifiant que ses histoires de rapports avec les labos pharmaceutiques.

3ème hypothèse : Berra a lancé cela toute seule dans son coin. Et comme elle n’est prise au sérieux par personne dans le monde politique en général et par ses collègues en particulier, tout le monde savait que l’histoire ferait flop.

Nous ne saurions cacher que notre coeur balance entre la première et la troisième hypothèse. En tout état de cause, deux conclusions s’imposent. En premier lieu, dans le gouvernement de la France, c’est encore davantage le bazar qu’au Parti socialiste et c’est plus grave parce que c’est précisément le gouvernement. En second lieu, les assoc' familiales ont eu tort de déplorer l’absence d’un titulaire au ministère de la Famille. Mieux vaut pas de ministre du tout qu’une Morano aux manettes ou une ministre fantôme comme celle qui occupe actuellement le poste."

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7 commentaires

  1. C’est amusant cette volonté – proche du désespoir à mon avis – de voir une main tendue vers une quelconque « tradition » (entendre par là sans doute la « droite traditionnelle ») de la part de l’UMP et autres ancêtres.
    L’UMP d’aujourd’hui se situerait bien à gauche du Front Populaire des années 30 et sans encore plus à gauche de l’extrême-gauche du début du siècle dernier.
    Il y a longtemps que la « droite » française n’est plus à droite : ni dans ses paroles, ni dans ses actions et ni dans ses pensées.
    Et le « néo-FN » prenant le même chemin, il n’y a donc plus vraiment de solution « droite » en France.

  2. En 2007, je vous avais dit qu’une absence de ministre de la famille était une bonne nouvelle. Pour détruire un secteur, il faut créer un ministère où des groupes de pression feront leur jeux et une administration. Nous le voyons actuellement.

  3. Les Tourangeaux vous diront que la seconde hypothèse est la plus crédible…

  4. Ils n’osent pas le dire , mais ils le pensent très fort: “familles, je vous hais”.
    Comment pourrait-il en être autrement puisqu’ils demeurent les esclaves volontaires et serviles de leur déesse “Révolution” , qui, s’attaquant prioritairement à la religion, a gommé du champ politique toute idée de loi naturelle, ce précieux bien commun aux hommes de bonne volonté.
    Et c’est ainsi que, sans retour sur de telles errements infantiles de la pensée, il n’y aura jamais d’harmonie sociale.
    Prétendre le contraire , c’est déjà servir besogneusement la “Religion de Progrès contre l’humanité”.

  5. @ PK
    En quoi le néo FN prendrait le même chemin ?
    Sa présidente s’oppose au mariage homosexuel et à l’homoparentalité, et souhaite aider les familles plus qu’actuellement, ainsi que les mères en difficulté pour qu’elles gardent leur enfant, afin de tenter de faire reculer l’avortement. Ne cédons pas la ”rumeur” des certains milieux catholiques. On sait à qui elle profitera en 2012, comme ce fut le cas en 2007, sur le mode : puisque RPR = FN = MPF pour ce qui est des PNN, autant abandonner le vote Villiers ou Le Pen et voter Sarkozy-RPR dès le premier tour de la présidentielle puis des législatives.
    C’est ainsi qu’ensuite la droite ”traditionnelle” se croit autorisée à faire n’importe quoi durant 5 ans sur la famille, la protection et la dignité de la Vie et l’enseignement.
    Or si le vote a un poids, c’est bien au moment crucial des échéances présidentielles : certes ne rêvons pas à une révolution morale par les élections, mais sans aller jusque là, un minimum d’analyse objective permet de hiérarchiser les options de vote.

  6. Le portrait et le parcours de Claude Greff, fait par Emmanuel Ratier dans le dernier Faits & Documents laissent peu de doutes sur cette personne :
    ce n’est pas et n’a jamais été conservatrice à l’heure des vrais choix. Elle est pro euthanazie, et pro gay.

  7. @ PG,
    Comme d’habitude (mais la répétition est la base de la pédagogie) : le FN prend le même chemin que la « droite » française car il n’en démord pas sur les PNN : or ces points sont la base de tout le combat (catholique ou pas).
    Aujourd’hui, le FN est effectivement équivalent à l’UMPS sur l’essentiel.
    Le vote ne peut se faire stricto sensu que sur des candidats : pas sur un parti.
    Un candidat officiellement pro PNN : OK. Les autres, dehors.

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