Mgr Marini et les deux formes du rite romain

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Mgr Guido Marini, cérémoniaire du pape, était interviewé par Radio Vatican. Extraits:

Radio Vatican: En Juillet dernier [juillet 2007, NDFC] le Pape Benoît XVI a donné son Motu Proprio permettant à nouveau l'usage plus large de la forme "extraordinaire" du rite romain pour la célébration de la messe. Quel sont, à votre avis, les points forts de l' "ancienne" messe?

Mgr Marini: Elle porte en elle-même toute la force de la tradition de l'Eglise. Et elle parvient à communiquer ce sens profond du sacré qui est un élément incontournable de toute célébration liturgique.

RV: Et les points forts de la forme "ordinaire"?

Mgr Marini: Je crois que l'intérêt majeur de la réforme liturgique menée par Paul VI a été de débarrasser la liturgie de la poussière et de la cendre qui s'étaient accumulées sur elle au cours du temps. Dans cette optique, cette réforme a été pour l'Eglise une bénédiction, un don du Seigneur qu'il convient d'accueillir avec gratitude. Pourtant, lorsque cette réforme – et ce fut le cas en certains endroits – génère des abus, des déformations menant à la trahison de la grande tradition liturgique, elle en perd toute sa richesse.

RV: Que peut-on faire pour favoriser le sens du mystère au cours de nos célébrations?

Mgr Marini: Je pense que ce ne peut être que le fruit d'une meilleure compréhension de ce qu'est la célébration liturgique, de ce qu'est le mystère célébré. Lorsqu'on prend réellement conscience du fait que qu'il s'agit du Seigneur, du mystère de sa mort et de sa résurrection, du salut renouvelé pour le monde, il est absolument impossible de passer à côté de la notion de sacré. Il faut donc, à mon sens, retourner au coeur même de la célébration.

RV: Aimeriez-vous qu'il y ait davantage de latin dans les messes célébrées par le pape?

Mgr Marini : Je dois dire que, dans les cérémonies papales, se trouvent déjà de nombreuses parties en latin. Il me semble qu'un bon équilibre est ainsi atteint. De cette façon, les messes célébrées par le pape mettent l'accent sur la signification du latin dans la liturgie, et en même temps sur le bien-fondé de l'usage de la langue locale, lorsqu'on le juge adapté.

François Caussart

2 réflexions au sujet de « Mgr Marini et les deux formes du rite romain »

  1. pm

    Ce qui me gêne dans le rite ordinaire ce n’est pas le manque de latin c’est le manque de recueillement. L’assemblée est en dialogue permanent avec celui (le prêtre) qui préside cette assemblée.
    Dans le rite extraordinaire le prêtre offre le sacrifice pour l’assemblée, il est l’intermédiaire entre cette assemblée et Dieu. Nous sommes unis par la prière, et non la Parole, à l’action du prêtre. Le recueillement permet à chacun d’avancer à son rythme dans le mystère…

  2. Alex

    à pm
    Je suis globalement d’accord avec vous, avec des nuances. Il est clair que la forme extraordinaire du rite incite au recueillement. Néanmoins, la forme ordinaire aussi, mais, je vous l’accorde, le recueillement nécessite une certaine attitude du prêtre. J’ai vécu de très belles messe, avec la forme ordinaire, très recueillies.
    A mes yeux, la forme extraordinaire représente une garantie a 100% (peu importe la spiritualité du prêtre), mais la forme ordinaire peut être aussi belle, pour peu que le prêtre favorise le recueillement.

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