Mgr Aillet encourage le profond mouvement de résistance politique

Monseigneur Marc Aillet répond au Collectif Famille Mariage :

"Monseigneur,
le 13 mars dernier, vous avez publié un message à vos fidèles, pour les
encourager à aller manifester le 24 mars prochain à Paris. Est-ce le
rôle d'un évêque de s'immiscer ainsi dans ce qui semble appartenir au
"temporel" ?

L’Eglise n’est
nullement tentée de « s’immiscer » de manière injustifiée dans les
affaires temporelles. Respectueuse de la saine laïcité de l’Etat, elle
n’a pas pour vocation de « faire de la politique ». En revanche, elle
peut être appelée, lorsque les circonstances l’exigent, à éclairer la
conscience des fidèles laïcs et de tous les hommes de bonne volontéen
contribuant au réveil des forces morales et spirituelles de la société
dans laquelle nous vivons. Le Catéchisme de l’Eglise catholique, que les
fidèles sont invités à découvrir ou redécouvrir à l’occasion de l’Année
de la Foi, le dit très clairement : l’Eglise a non seulement le droit,
mais le devoir de «
porter un jugement moral, même en des
matières qui touchent le domaine politique, quand les droits
fondamentaux de la personne ou le salut des âmes l’exigent
»
(n° 2246) tout en ayant pleinement conscience qu’ « il
n’appartient pas aux pasteurs de l’Eglise d’intervenir directement dans
la construction politique et dans l’organisation de la vie sociale
» car « cette tâche fait partie de la vocation des fidèles laïcs, agissant de leur propre initiative avec leurs concitoyens » (n° 2442)…

En l’occurrence, l’extrême gravité de la « loi Taubira » qui, au nom
d’une conception fallacieuse de l’égalité, dénature l’institution du
mariage fondé sur l’alliance et la complémentarité de l’homme et de la
femme et instaure un « droit à l’enfant » au mépris du « droit de
l’enfant » d’être élevé par un père et une mère, et qui ouvre la voie à
la procréation médicalement assistée ainsi qu’à la gestation pour
autrui, c’est-à-dire aux « mères porteuses »… oui, tout cela justifie
pleinement, non seulement que l’Eglise fasse entendre sa voix, mais que
le plus grand nombre possible de citoyens se mobilisent pour s’y
opposer
. Car ne nous y trompons pas, disait il y a quelques années notre
futur pape, le Cardinal Bergoglio, en tant qu’archevêque de
Buenos-Aires, à propos de la loi sur le « mariage
homosexuel » en Argentine : « il ne s’agit pas d’une simple lutte politique, mais de la prétention de détruire le plan de Dieu
»… Il importe par conséquent, dirait Saint Ignace de Loyola, d’agir
comme si tout dépendait de nous, mais aussi, de prier comme si tout
dépendait de Dieu
. Car « l’action déborde toujours de la prière »
(Marthe Robin)…

Mais
le 13 janvier, plus d’un million de Français se sont déjà mobilisés
pour dénoncer ces projets de loi mortifères. Dès lors, pourquoi
recommencer le 24 mars ?

Il est vrai que
les pouvoirs publics font la sourde oreille. Il s’agit là d’un
véritable déni de démocratie. Le gouvernement donne en effet le sentiment
de mépriser les centaines de milliers de Français qui sont descendus
dans la rue le 13 janvier ou qui ont signé les pétitions que le Conseil
économique, social et environnemental a curieusement déclarées
irrecevables. Il feint d’ignorer les sondages qui démontrent qu’une
majorité de nos concitoyens sont opposés au principe de l’adoption par
les couples homosexuels, comme s’il craignait par-dessus tout de
déplaire à certains lobbies pourtant très minoritaires. Il accorde la
priorité à des réformes de société telles que l’autorisation de la
recherche sur l’embryon humain, l’euthanasie ou le « suicide assisté »,
l’ouverture
de « salles de shoot » etc., toutes révélatrices d’un véritable
parti-pris idéologique, au détriment des problèmes de l’heure et des
préoccupations des Français : le chômage, la précarité sociale,
l’augmentation du coût de la vie… Dans ces conditions, il me paraît tout à
fait légitime de manifester de nouveau le 24 mars, aussi sinon plus
massivement que le 13 janvier dernier…

Mais
qu’attendez-vous, concrètement, de cette manifestation et d’une façon
plus générale, de toutes les formes d’opposition à cette loi ?

A court terme,
j’en espère, bien entendu, le retrait pur et simple de la « loi Taubira
»
, qui n’a pas encore été votée au Sénat, qui devra sans doute revenir
devant l’Assemblée nationale et qui sera probablement soumise à l’examen
du Conseil constitutionnel avant d’être éventuellement promulguée, ce
qui signifie qu’il n’est pas encore trop tard pour agir, le président de
la République et le gouvernement pouvant à tout moment décider de
reporter ou retirer cette loi.

Mais quoi qu’il en soit, et quelle que soit l’issue immédiate de cette
manifestation, bien d’autres combats nous attendent. Or,ce à quoi nous
assistons depuis plusieurs mois est, me semble-t-il, d’une importance
capitale. La mobilisation historique, le 13 janvier, comme sans doute le
24 mars, de centaines de milliers de Français manifestant
pacifiquement, non pour la défense d’intérêts particuliers, mais au nom
du bien commun et des générations futures, est à mes yeux l’amorce d’un
profond mouvement de résistance politique, social, culturel, moral et
spirituel. Fasse le Ciel qu’il s’agisse là d’un véritable « printemps
des consciences »…"

4 réflexions au sujet de « Mgr Aillet encourage le profond mouvement de résistance politique »

  1. aligot31

    FANTASTIQUE Mgr. AILLET ! Quel bonheur et quel réconfort de vous lire ! et quel dommage, quelle tristesse même, que de nombreux évêques de France soient beaucoup moins clairs que vous sur ce que devrait être l’attitude de tout chrétien par rapport à “l’extrême gravité de la « loi Taubira » qui, au nom d’une conception fallacieuse de l’égalité, dénature l’institution du mariage fondé sur l’alliance et la complémentarité de l’homme et de la femme et instaure un « droit à l’enfant » au mépris du « droit de l’enfant » d’être élevé par un père et une mère, et qui ouvre la voie à la procréation médicalement assistée ainsi qu’à la gestation pour autrui”.
    MERCI !

  2. Pierre Delaveau

    Le parti socialiste veut détruire les fondements du christianisme, comme es persécuteurs des chrétiens ont agi férocement au cours des siècles depuis les débuts du pouvoir impérial à Rome. Finalement celui-ci s’est effondré et le christianisme ne cesse de s’étendre, malgré les souffrances.
    Les socialistes sont ignorants de l’histoire et celle-ci les fera péricliter.

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