Marion Maréchal Le Pen et le FN n’ont pas rompu avec Robert Ménard

Marion Maréchal-Le Pen explique les raisons de son départ de Béziers au Figaro :

Votre départ précipité est-il le signe d'une rupture avec Robert Ménard?

Non, je ne le souhaite pas. Il n'y a pas de drame et je continuerai à discuter avec Robert mais s'il explique que ses idées devront s'incarner si le Front national ne les reprend pas, que devons-nous en conclure ? Doit-on imaginer une nouvelle candidature pour la présidentielle ? Une tentative de prendre deux ou trois points au FN et d'empêcher Marine Le Pen d'accéder au second tour ? Moi, je ne partage pas cette stratégie. On peut avoir des alliés critiques mais compte tenu de l'urgence de la situation, accordons-nous au moins sur le fait que le FN est le seul parti capable de changer les choses.

La vivacité des débats et des déclarations n'était-elle pas prévisible?

Les tables rondes sont une chose. L'esprit était celui du débat entre des gens divers. Même si sur l'immigration, par exemple, il existe des approches un peu plus modernes, que celles de Renaud Camus, contre lequel je n'ai rien par ailleurs. Il existe une génération d'intellectuels de droite aux analyses percutantes… Mais je m'étonne surtout des déclarations de Robert Ménard. À défaut se taire, il dit qu'il n'est pas le «marche-pied» du Front national, ni d'aucun autre parti politique pour 2017. J'aimerais simplement lui rappeler que nous avons été son tremplin lors des municipales en 2014.

Comment jugez-vous les pistes de solutions politiques évoquées ici?

70% d'entre elles sont défendues par le Front national depuis des années. Quand j'entends des aberrations, dans certaines tables rondes, où l'on attend l'émergence d'un candidat qui «oserait» prendre ces mesures, j'ai envie de rappeler qu'elles sont défendues par le Front depuis quarante ans. J'observe que systématiquement, ce qui ressort de la droite des Républicains est une sorte de «on veut vos voix, mais pas vos «gueules». Je ressens vraiment cela. Il y a une chose qu'ils n'ont pas saisie.

Laquelle?

Le Front national est incontournable. Cela rend malade une partie des Républicains de se rendre compte que nous sommes le seul parti politique répondant à 70-80% de ce qu'ils pensent. Ils ne veulent pas l'admettre. Il veulent faire comme s'il était possible de faire sans et emploie une sémantique correspondant à celle de nos adversaires communs, en nous qualifiant d'extrême droite très extrême. Soit c'est de la bêtise, soit c'est de la malhonnêteté intellectuelle. Le seul parti qui a véritablement la capacité de gagner en 2017 et d'appliquer réellement l'essentiel du socle commun que nous avons avec ces gens-là reste le Front national. Donc, la seule stratégie véritablement efficace serait de faire comprendre à cet électorat flottant, comptant les héritiers de Séguin et Pasqua, que la vraie droite souverainiste et identitaire qu'ils ont perdue est au Front national. C'est elle qui correspond le plus à leurs attentes (…)

Avez-vous appelé Marine Le Pen avant de prendre votre décision?

Oui. Elle nous a laissés très libres sur ce sujet et elle était plutôt constructive. Je l'ai contactée pour lui dire que j'étais mal à l'aise. Nous sommes partis, dans un souci de cohérence.

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