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France : Société / Valeurs chrétiennes : Education

Malaise à l’Apel après la prise de distance des Maristes

L'Apel des Maristes à Lyon a jeté un gros pavé dans le marécage de l'UNAPEL, la soi-disant représentation nationale des parents d'élèves de l'Ecole libre. On se souvient en effet que mi-septembre, l'Apel des Maristes de Lyon suspendait son adhésion pour signifier son désaccord total avec le plébiscite par l'UNAPEL de la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem.

[…]"L’Apel national n’a pas vu venir l’incompréhension suscitée par son soutien appuyé à la réforme du collège chez ses propres adhérents. Dans son numéro de mai/juin, en pleine montée en puissance de la contestation, le magazine de l’Apel nationale Famille & Éducation avait même enfoncé le clou, en balayant d’un revers de manche « les esprits chagrins [qui] s’échinent à détricoter les mesures annoncées par la ministre de l’Éducation nationale pour réformer le collège », y voyant pour sa part « de vraies réponses à des attentes fortes souvent exprimées par les parents ». […]

Les "esprits chagrins", ce sont juste les parents, qui paient leur cotisation pour que soit défendue leur vision de l'école, qui n'est pas celle de NVB, mais apparemment pas celle de l'UNAPEL non plus. La déconnexion des hautes sphères parisiennes d'avec la réalité du terrain n'est certes plus à démontrer, et l'exemple des parents d'élèves des Maristes pourrait faire tache d'huile et provoquer une réflexion salutaire à l'UNAPEL.

"Depuis le printemps dernier, d’autres établissements à Paris notamment réfléchissent également à quitter le bureau national de l’Apel. « C’est très technique et politique, confie l’un d’eux, mais l’intention est ferme de faire quelque chose sans mettre en porte à faux la direction de nos établissements ». « C’est très tendu, confie un autre, l’Apel doit mieux communiquer sur ses missions pour que les parents en voient vraiment les fruits, car dans nos établissements, nous sommes nombreux à nous dire : pourquoi cotiser à une association qui dit le contraire de ce qu’on pense sans nous consulter ? »"[…]

On en profitera pour rappeler que les parents catholiques, qui inscrivent leurs enfants dans des établissements privés catholiques, aimeraient fortement que soit rappelé et appliqué dans les établissements choisis et payés par leurs soins ce texte de la Congrégation pour l'éducation catholique qui date de 1988 : 

"Le 28 octobre 1965, le Concile Vatican II approuvait la déclaration " Gravissimum Educationis " sur l'éducation chrétienne. Dans ce texte conciliaire était définie la caractéristique essentielle de l'école catholique: " tout autant que les autres écoles, celle-ci poursuit des fins culturelles et la formation des jeunes. Ce qui lui appartient en propre c'est de créer pour la communauté scolaire une atmosphère animée d'un esprit évangélique de liberté et de charité, d'aider les adolescents à développer leur personnalité en faisant en même temps croître cette créature nouvelle qu'ils sont devenus par le baptême; et finalement d'ordonner toute la culture humaine à l'annonce du salut de telle sorte que la connaissance graduelle que les élèves acquièrent du monde, de la vie et de l'homme, soit illuminée par la foi ".[…]

Le mot de la fin appartient à Benoît XVI :

"Comme vous le savez, le travail d'un professeur ne consiste pas seulement à transmettre des informations ou à enseigner des compétences pour procurer un profit économique à la société ; l'éducation n'est pas et ne doit jamais être considérée selon une optique purement utilitaire. Il s'agit de former la personne humaine, en lui donnant le bagage nécessaire pour vivre pleinement sa vie – en bref -, il s'agit de transmettre la sagesse. Et la vraie sagesse est inséparable de la connaissance du Créateur, car « nous sommes en effet dans sa main, et nous et nos paroles, et toute intelligence et tout savoir pratique » (Sg 7, 16)."

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22 commentaires

  1. Pour le Pape François, l’école est :
    « un lieu d’ouverture à la réalité, d’ouverture d’esprit et pour cela, il faut que les enseignants soient toujours ouverts à l’apprentissage, qu’ils souhaitent constamment apprendre à apprendre. Ainsi, ils “contaminent” leurs élèves ». « L’école est aussi un lieu de rencontres, entre camarades, entre professeurs et élèves, entre professeurs et familles et nous avons besoin de cette culture de la rencontre, l’école est un complément de la famille ». Reprenant un proverbe africain, il a ajouté que « pour éduquer un fils, il faut un village entier ».
    « Elle nous éduque au vrai, au beau et au bien, trois valeurs qui vont ensemble. L’éducation ne peut pas être neutre, elle enrichit ou elle appauvrit. A l’école, on n’apprend pas seulement des connaissances, mais aussi des habitudes et des valeurs. Une défaite propre est plus belle qu’une victoire sale ».

  2. A quand des cours de connaissance religieuse catholique ?
    Il n’y a pas besoin d’être croyant pour suivre cet enseignement. Mais comment peut-on s’en passer alors que toute la civilisation européenne est basée sur elle ?
    Il est impossible de comprendre la littérature, la peinture, la sculpture etc sans ces connaissances ! On devrait même préparer dans les écoles catholiques un diplôme, qui pourrait être passé en troisième, puis un autre en première.

  3. Et il n’y a pas qu’à Paris que la question se pose…
    A suivre !
    ONLR.

  4. Un grand nettoyage est nécessaire.
    Si les catholiques auraient intérêt à occuper les postes
    “Les sectaires” l’occupent….

  5. les parents n’ont le choix, la cotisation leur est presque imposée!
    trop souvent l’appel du collège ou lycée et les professeurs formés par l’état sont main dans la main

  6. Pour ma part, depuis ce fameux numéro de Famille & education (dont le contenu est souvent médiocre), je ne verse plus de cotisation apel.

  7. Dans l’enseignement public, à la Peep, qui est censée être marquée à droite, on avait eu il y a deux ans le même phénomène: la tête parisienne du mouvement, sur son site, servait la soupe au gouvernement en accusant de répandre des “rumeurs visant à détruire l’école républicaine” ceux des parents qui dénonçaient de nombreux exemples concrets d’introduction à l’école des élucubrations du Gender.
    J’ai démissionné de mon mandat de représentant des parents d’élèves Peep à ce moment-là, sans réussir à entraîner grand monde.

  8. Et si les parents reprenaient le controle de cette union nationale ? en attendant, je cesse de cotiser.

  9. Autre problème : les formateurs du système interne à l’enseignement catholique sont exactement sur la même longueur d’onde que les pédagogistes officiels :”l’élève construit son savoir” et autre billevesées.
    L’enseignement privé sous contrat profite aussi de sa relative liberté pour expérimenter les dernières lubies pédagogistes.

  10. Nous également, nous avons exprimé notre refus de cotiser pour 32015/2016 , en le précisant dans une lettre jointe aux papiers de rentrée au lycée de nos aînés. Avec le sentiment néanmoins d’être un peu seuls …. Je trouve aussi que la revue de l’APEL “famille et éducation” est bien lambda, “dans le vent”, un peu comme une revue de la CAF.

  11. Pour ma part je suis membre du conseil d’administration de l’APEL de l’école de mes enfants. J’en suis même le secrétaire depuis l’année dernière. J’ai décidé de remettre ma démission au début de l’année lors de la première réunion en expliquant les raisons de mon choix, et bien évidemment de ne pas cotiser. Je pense être suivi par d’autres membres du CA

  12. entendu à beauvais lors de la réunion de tous les professeurs de l’Oise: le grand directeur de l’Enseignement catholique a lui aussi “balayé d’un revers de main” la proposition d’une enseignante de se remettre à éditer des manuels chrétiens.
    Quelques personnes ont approuvé cette enseignante, mais la plupart des professeurs présents ont applaudi la réponse de monsieur le directeur général de l’Enseignement catholique quand il a dit que, grosso modo, la proposition de faire des manuels chrétiens nous renvoyait aux “années 30” (…) et qu’il fallait être tournés vers le progrès, l’avenir.
    Ne vous faites aucune illusion, c’est une toute petite minorité des professeurs, directeurs et parents de l’enseignement catholique qui se font une idée juste de ce que c’est que l’enseignement catholique.
    C’est à partir du moment où j’ai enseigné dans l’enseignement catholique que j’ai compris ce que signifiait l’expression “panier de crabes”, et que j’ai rencontré des gens, professeurs ou parents, opposés de façon extrêmement virulente à l’Eglise et à son enseignement.
    Voilà. Et j’ai été dans de “grands” établissements.

  13. Question simple : l’Apel est-elle encore l’Association des Parents de l’Ecole libre ?

  14. Que l’on commence par n’élire dans les Apel des établissements que des gens qui sont là pour appliquer les statuts, qui sont en capacité de les comprendre et de militer.
    Au lieu de laisser en place des troupeaux de “gentilles” dames et “braves” messieurs qui ne se préoccupent que de la kermesse et des dossiers de subventions (les commissions fêtes et projets sont là pour ça )… Et qui pour décourager l’implication d’éventuels esprit motivés mais travaillant … organisent les réunions à 17 heures ou pire le matin … Idem pour certaines sections des AFC et pour beaucoup d’OGEC.
    Et au bout on retrouve aux commandes aux échelons supérieurs nombre d’intrigants qui œuvrent souvent pour eux ou pour ceux qui les flattent mais rarement pour les valeurs des associations précitées.
    On a ce que l’on mérite.
    Le combat LMPT avait visiblement relancé l’esprit de 1984 … Feu de paille au final.
    [Pitié pour ceux qui vous lisent, mettez de grâce des apostrophes dans vos textes ! Leur absence rendait votre commentaire difficilement compréhensible, j’ai dû les rajouter. Merci ! MB]

  15. Je n’adhère pas à l’Apel car leur position sur les questions sociétales sont…sécularisées.
    Ils ont l’esprit du monde et j’essaie d’avoir une pensée catholique. C’est antinomique.
    Pendant ce temps la société devient achrétienne.

  16. La critique et facile, l’art difficile !
    Si la tête de l’APEL est pourrie, c’est parce que nous avons laissé entrer le ver dans le fruit.
    Cependant, plutôt que de se plaindre et de quitter le navire, engagez-vous, occupez les places… il n’y a pas tant de parents volontaires pour être ‘président’ local.
    Je suis de ceux qui disent (et qui font) : occuper le terrain en commençant par la base !
    ONLR !

  17. L’un des témoignages qui précède, celui de ODE, m’interpelle… il recoupe parfaitement les expériences variées que mon frère a subi en qualité de directeur et professeur dans l’enseignement catholique sous contrat. Le vers est dans la pomme depuis longtemps, nous en sommes aujourd’hui, plus que jamais, conscients. Cinquantenaire, je fais partie de ceux qui ont été réveillés par l’adoption de la “loi” sur les unions homosexuelles. Depuis, bien d’autres combats se révèlent à mes yeux. Il ne faut pas céder au pessimisme, bien au contraire il faut les mener tous de front, avec ardeur et courage. La remise en question de l’Apel doit être un de ces nouveaux combats à mener. Lorsque je vois écrit sur leur site Internet que l’Apel est : “la seule association de parents d’élèves reconnue dans le statut de l’enseignement catholique”. Je m’interroge à raison comme la plupart d’entre vous. L’heure des remises en question profondes est venue, malheureusement des affrontements vifs aussi. Il ne faudra pas hésiter le cas échéant a faire ce que font nos frères actuellement, par delà la Méditerranée, aller jusqu’au martyre pour défendre notre Foi et les idées qui l’accompagne. Remettre en question le rôle délétère des associations diocésaines (État dans l’État), le rôle de l’Unapel, c’est encore le minimum qu’il revient de faire aux parents d’élèves qui se rendent compte de l’état d’apostasie dans lequel nous plongeons de plus en plus radicalement, en attendant d’autres participations de notre part qui nous promettent malheureusement d’être plus consistantes, sauf miracle…

  18. Petit “ps” que j’ai oublié d’ajouter à mon commentaire précédent, je recommande vivement à tous ceux qui sont intéressés par le fonctionnement actuel de l’enseignement libre catholique sous contrat, la lecture de “L’école libre… privée de liberté” de M. Pierre de Laubier, ainsi que les vidéos où ce même auteur s’explique sur YouTube.

  19. Les “frères trois points” semblent avoir infiltrés tous les milieux… pourquoi pas celui là compte tenu des dernières prises de positions sur la laïcité on peut presque l’affirmer.
    Un conseil aux parents : ne vous soumettez pas à ceux qui font le contraire de ce que vous souhaitez.

  20. L’APEL est le représentant imposé (par qui ?) et obligatoire des parents d’élèves de l’enseignement autrefois libre ; il est, comme tout l’enseignement catholique sous contrat, gangrené par les syndicalistes de gauche, véritables sous-marins du parti socialiste et de la gauche la plus extrême, pour saper la foi catholique dans l’esprit des jeunes générations. Les parents d’élèves des établissements dits catholiques sont à l’image de la société : divorcés, concubins, sous contraceptifs, libertins… Les directeurs d’établissement, les directeurs diocésains eux-mêmes se foutent très souvent de l’enseignement de l’Église, lui préférant les lois de la république.
    Ce n’est pas sans raison que Monseigneur Cattenoz appelait, il y a quelques années, à une refondation de l’école catholique. Comme il parlait fort et proclamait la vérité, tous les coups bas ont été permis contre lui, pour le faire taire. Et la jeunesse continue de sombrer dans un matérialisme satanique qui l’éloigne de la vraie Vie.
    Tout ceci est à pleurer.

  21. « Le mot de la fin appartient à Benoît XVI :… il s’agit de transmettre la sagesse».
    Je croyais qu’un prof de maths était là pour INSTRUIRE et non pour EDUQUER… [Un prof de maths est là pour … enseigner les maths. Le but de Benoît XVI est d’obtenir des professeurs catholiques qu’ils ne soient pas schizophrènes, en ne coupant pas systématiquement leur enseignement de toute référence au Créateur. Pour garder votre exemple du prof de maths, celui-ci peut utiliser intelligemment la notion d'”infini” présente en mathématiques et faire le lien avec l’infinitude de Dieu. C’est ce qu’on appelle en langage Belkacem la “transversalité” 😉 MB]

  22. Si vous m’autorisez une réponse en forme d’humour à l’un des derniers commentaires: un prof de maths enseigne surtout à raisonner. Ce qui s’avère hautement subversif de nos jours…
    Sinon je regrette la réaction – humaine et compréhensible – de démission de la part de personnes de conviction, face à une institution qui s’écarte de sa mission. Si les plus lucides s’en vont, qui reste-t-il?

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