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Europe : politique

L’UE et la subsidiarité

La Lettre de St Maur pointe l'un des principaux défauts de la construction européenne :

U "Le pouvoir, la responsabilité, appartiennent en propre à chaque être humain. Toute réalité civile, économique, sociale ou politique n’a de raison d’être qu’en dépendance de la personne humaine. Toute entité ou groupement n’est que l’émanation de la personne humaine qui délègue sa responsabilité, son autorité, à un autre qui agit en son nom. Il s’agit bien d’une délégation et non d’un renoncement. Le fondement de cette délégation est le bien commun. Cela signifie que ce que la personne indépendante ne peut faire seule, à son niveau, elle le délègue à un niveau supérieur dont elle est partie prenante et qui agit en son nom. Ce principe fondamental de la Doctrine sociale de l’Église repose sur la dignité inaliénable de la personne humaine, image de Dieu.

Si l’Europe fait peur, c’est essentiellement parce que ce principe de subsidiarité, non seulement n’est pas respecté, mais il est inversé. L’Europe tend à s’approprier des fonctions et des pouvoirs, non par délégation des États, mais par renonciation de ceux-ci. Nous assistons à une certaine centralisation qui redistribue les pouvoirs aux échelons inférieurs par délégation comme si la légitimité du pouvoir et de la responsabilité appartenait en propre à l’Union Européenne, alors qu’elle est par nature le propre de la personne humaine. Il n’est donc pas surprenant que les peuples européens aient massivement refusé le traité constitutionnel. Il n’est pas surprenant que les peuples qui l’ont ratifié majoritairement, comme l’Estonie soient des peuples issus de la domination communiste. Le traité de l’Union paraît à cette aune plus libérateur. Il était prévisible, en effet, que des régimes démocratiques, qu’ils soient monarchistes ou républicains, ne pouvaient accepter de perdre leur responsabilité propre ni renoncer à leur pouvoir décisionnel. Une Europe jacobine ne peut humainement satisfaire des populations habituées à se prendre en main quelles que soient les limites du système démocratique. Au regard du principe de subsidiarité, l’Europe ne peut qu’être démocratique.

Ici, il conviendrait de remettre les choses au clair. Pour nombre de Français, la distinction entre démocratie et république n’est pas claire. Bien qu’il ne soit pas ici l’endroit d’un tel débat, notons que l’un et l’autre ne sont pas nécessairement liés. Les républiques soviétiques n’étaient pas des démocraties, c’est une évidence. À l’inverse, être monarchiste, n’est pas incompatible avec le régime démocratique. Nous avons suffisamment d’exemples parmi nos voisins. Cette précision me paraît importante de façon à éviter de rejeter l’Europe sous couvert de monarchisme. Il faut aller au-delà. De même, il convient de dépasser l’amalgame entre souverainisme et monarchisme. Cet amalgame a le mérite de mettre en lumière le flou dans lequel baigne la question européenne. Ce flou demeurera aussi longtemps que la démarche de subsidiarité n’aura pas été clarifiée et correctement assimilée. C’est à ce niveau que se situe la profondeur du débat entre ‘Europe Fédérale’ ou ‘Europe des nations’. Nous serions, à mon sens, forts surpris de voir que le simple fait de répondre de façon appropriée à cette question de la subsidiarité réconcilierait ces deux thèses aujourd’hui antithétiques. La légitimité ne vient pas du haut de la pyramide, mais des personnes humaines qui constituent l’ensemble de cette pyramide."

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5 commentaires

  1. Nous devons bien sûr chercher à faire vivre ce principe aujourd’hui à tous les niveaux, et bien sûr à notre place.
    Quel programme politique s’en inspire réellement ?

  2. Cet article omet une étape dans le processus de dépossession des pouvoirs des personnes : le centralisme étatique et socialisant, qui est un trait historique issu du jacobinisme.
    Les Français, en tant que personnes et citoyens, étaient déjà dépossédés de leurs libertés, de leur souveraineté individuelle, avant la construction européenne. Celle-ci n’a donc été qu’un transfert de centralisme et non pas seulement une transfert de souveraineté?
    Voilà pourquoi le souverainisme n’a jamais été uni et puissant politiquement, et n’a pas réussi à s’incarner durablement dans un parti : sa remise en cause de la technocratie euroéfédéraliste contenait en soi sa propre contradiction. Et faute de dénoncer la perte de souveraineté de chacun et des corps sociaux par l’état national jacobin, le souverainisme français s’est privé de la moitié de ses instruments conceptuels.
    C’est ce qui explique que dans la plupart des pays européens, dans lesquels les régions et provinces ont conservé de fortes autonomies et libertés, la technocratie européenne n’a pas été ressentie comme l’ultime atteinte ou la pire atteinte aux libertés.
    On ne peut lutter contre la technocratie européenne en s’appuyant sur la technocratie française : dans les deux cas, c’est le peuple qui fait défaut.

  3. Le 1er § ci-dessus affirme équivalamment que selon la doctrine sociale de l’Eglise, “tout pouvoir vient d’en-bas, par délégation de la personne humaine à la dignité inaliénable”. Ceci ressemble effectivement beaucoup à l’enseignement de l’Eglise d’aujourd’hui, mais me semble contredire totalement et la Parole de J-C (“Tu n’aurais sur Moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut”) et St Paul (“Tout pouvoir vient d’en haut”). Tout le texte ci-dessus mérite les mêmes réserves, en particulier sa conclusion…

  4. Vous avez parfaitement raison : république n’est pas France!
    Un autre statut peut parfaitement être adopté, encore fait-il le définir vraiment.
    Parce que l’on sait, et vous évoquez ce problème, que la démocratie est une large imperfection faite d’une part considérable de renoncement d’action remplacé par une aspiration indéfinie..
    Or renoncer c’est ne pas proposer ou ne proposer que partiel voire ne pas communiquer.
    Les anglais du Millenium de Cromwell ont proposé puis ont fait. L’on peut ne pas être d’accord avec ce qui a été fait mais l’on se doit de reconnaître cette action qui n’en avait pas d’autre en pendant.
    Voilà la vérité : l’aspiration des peuples n’a pas été répondue à un moment de notre Histoire.

  5. Je souscris à l’analyse de PG ! C’est pourquoi j’ai toujours eu du mal avec le souverainisme de Chevènement, même si j’additionne volontiers ses voix à celles des Villiers, Le Pen et autres patriotes.
    Je crois que le patriotisme est d’autant plus naturel, spontané que l’homme est libre et non embrigadé par l’Etat. C’est, me semble-t-il le cas aux Etats-Unis où le patriotisme est fortement associé aux libertés individuelles.

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