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France : L'Islam en France / France : Politique en France

Loi contre le séparatisme : à cause de l’Islam, l’État renforce son pouvoir sur toutes les religions

Loi contre le séparatisme : à cause de l’Islam, l’État renforce son pouvoir sur toutes les religions

Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur de l’European Center for Law and Justice (ECLJ), publie une tribune dans Valeurs Actuelles à propos de la loi actuellement en débat visant à promouvoir les principes de la République :

Auditionné à l’Assemblée nationale, Mgr de Moulins-Beaufort, représentant de l’Église catholique, s’est déclaré « bien embarrassé » par le “projet de loi confortant le respect des principes de la République”. C’est ce même sentiment que partagent de nombreux chrétiens, catholiques et protestants, à l’égard d’un texte dont ils pressentent les dangers, même s’ils peinent à les décrire clairement et à y opposer des arguments de fond.

La peur de l’islamisme pousse les Français à consentir à des abandons de libertés au profit des « principes de la République ». Certes, le danger de l’islamisme est réel, et ce texte contient quelques dispositions qu’il convient de saluer, mais il porte aussi fortement atteinte aux libertés de religion, d’association, d’expression, ainsi qu’aux droits éducatifs des parents. Il est en outre complété par un décret autorisant le fichage des personnes en fonction de leurs seules convictions religieuses et politiques, et non plus seulement de leurs actions. C’est une législation de combat dont on perçoit à peine l’étendue des conséquences.

Mais la peur de l’islamisme justifie-t-elle une telle réduction des libertés et, pour reprendre les termes du Défenseur des droits, un tel « renforcement global du contrôle de l’ordre social ». Renoncer à nos libertés par peur de l’islamisme, n’est-ce pas précisément un objectif du terrorisme et donc, déjà, une victoire de cette idéologie mortifère ? Ne vaudrait-il pas mieux combattre directement, et seulement, les islamistes ? Cette question doit être posée.

Alors que le projet de loi avait été présenté initialement comme visant, avec raison, à combattre l’islamisme radical, la mention de cet objectif a été progressivement supprimée, et remplacée par la lutte contre toutes les atteintes d’inspiration religieuse aux « valeurs de la République », requalifiées ensuite de « principes » de la République par le Conseil d’État. Par ce texte, toutes les associations religieuses, familles et écoles hors-contrat seront soumises à de nouvelles charges, surveillées par les autorités, menacées de sanctions administratives, atteintes dans leurs libertés et entachées de suspicion. Toutes les entreprises et les associations qui souhaitent passer une convention avec l’administration ou recevoir une subvention de celle-ci devront se soumettre à un « contrat d’engagement républicain ». Sur ce point encore, le Défenseur des droits observe avec justesse que le texte « prévoit des interdictions et des sanctions d’application tellement vastes qu’elles sont hors de proportion avec la difficulté qu’il souhaiterait traiter ».

Cette disproportion résulte du refus de principe de distinguer entre les religions, et donc entre l’islamisme et les autres religions. Il découle lui-même d’une erreur factuelle fondamentale de la laïcité suivant laquelle toutes les religions seraient égales, car fausses, extérieures à la rationalité publique. Cet indifférentisme est cause d’injustices, car qu’est-ce qu’il y a de commun entre le père Jacques Hamel et ses assassins ? Pourquoi traiter les victimes juives et chrétiennes comme leurs bourreaux islamistes ? Cet indifférentisme est cause d’injustices, mais c’est sur lui que repose l’affirmation par la République de sa supériorité sur toutes les religions. Finalement, du fait de cette erreur, le combat contre la minorité islamiste permet à la République de renforcer son pouvoir sur toutes les religions.

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5 commentaires

  1. L’islam n’est qu’un prétexte.
    Si le gouvernement a fait rentrer autant de musulmans depuis des décennies et continue à le faire en ce moment à grande échelle, c’est parce qu’il connait le formidable pouvoir de destruction de l’islam.
    La restriction des libertés n’est qu’une étape de la destruction de toute forme de civilisation et le retour à la barbarie et à la guerre.

  2. NON !!!
    Loi contre le séparatisme : grâce à l’islam, la république renforce la persécution de l’église catholique.
    C’est cela le vrai titre !

  3. “projet de loi confortant le respect des principes de la République” est un titre extrêmement ambigu. De quelle « République » parle-t-on? Il y a par exemple la « République islamique d’Iran », la « République populaire de Chine » … Pourquoi une telle sacralisation d’une forme de gouvernement parmi bien d’autres… Le contenu projeté s’appliquerait-il aussi bien en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Italie, qui sont des pays ayant tous adopté le mode républicain de gouvernement. En quoi le contenu projeté poserait-il problème (et quel problème ou quels problèmes?) au Danemark, au Royaume-Uni, à Monaco, aux Luxembourg qui, me semble-t-il, ne sont pas des « Républiques »?

  4. ce sont les islamistes qui seront contents après « soumission » !!! Ils auront beau jeu de profiter d’une loi qu’ils n’auraient pas pu faire passer sans vagues

  5. on peut se lamenter de voir que dans une république laique cela se passe, mais que dire de l’islamogauchisme du vatican, qui ne bouge pas le moindre cil pour défendre au moins en paroles les chrétiens d’orient , d’asie, d’afrique (boko haram au nigéria, al qaida au mozambique )

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