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Valeurs chrétiennes : Culture

L’imposture démocratique ou le mirage de Circé – en finir avec l’idéologie républicaine (2)

L’imposture démocratique ou le mirage de Circé – en finir avec l’idéologie républicaine (2)

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Dès 1835, Tocqueville prédisait l’avènement irrésistible de la démocratie en Europe, à la suite de l’exemple pionnier des anciennes colonies britanniques devenues indépendantes un demi-siècle auparavant. De fait, la popularisation du terme de démocratie en France pour désigner le régime moderne type, et le régime français en particulier, s’est produite au XXème siècle sous l’influence de l’Amérique. Le terme propre à la France, c’est celui de République, qui est le terme utilisé par les “philosophes“ et la Révolution à leur suite. Il n’en reste pas moins vrai que la conception politique moderne semble présupposer la démocratie. Le dogme fondamental de la pensée libérale, comme de celle de Rousseau, c’est en effet le dogme de la souveraineté populaire, dogme qui est censé consacrer la permanence du pouvoir de droit dans le peuple réuni, chacun de ses membres étant censé en posséder une part. C’est au nom de cette même souveraineté que se font entendre ces temps-ci les appels à une nouvelle Constituante, ou à de nouvelles élections, et que tente en tout d’être secoué le joug du pouvoir en place.

Si donc le peuple est dépositaire du pouvoir, il semble en effet que le seul régime adéquat à cette théorie soit et ne puisse être que la démocratie. Comme dans la pratique quotidienne, il faut des hommes aux affaires, un gouvernement, on dira alors que ce dernier exerce son pouvoir au nom du peuple, et en vertu d’une désignation par le peuple. C’est ce qu’affirme l’article 3 de la déclaration de 1789 : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » C’est la sacralisation du vote et des représentants de tous ordres.

Il n’aura pas échappé, pourtant, que la déclaration parle de nation et non de peuple. Or, ce que la Révolution entend par là est dit clairement dans l’article final du décret du 20 avril 1792, décret par lequel Louis XVI, prisonnier de l’Assemblée, est forcé de déclarer la guerre au roi de Hongrie et de Bohême. Cet appendice déclare en effet que « la nation française adopte d’avance tous les étrangers qui, abjurant la cause de ses ennemis, viendront se ranger sous ses drapeaux et consacrer leurs efforts à la défense de la liberté. Elle favorisera par tous les moyens leur établissement en France. » Ainsi, la problématique migratoire n’est pas nouvelle, elle est à vrai dire un tropisme de la République – même si de nos jours celle-ci est fatiguée, perd un peu la tête, et fait entrer sur le sol national jusques et y compris des allogènes qui sont ses ennemis. Or, cela signifie que le demos de cette démocratie, bien loin de se superposer à l’ethnos, est une nation idéologique, donc une nation ouverte à tous vents, une nation internationale, si l’on peut dire, dont la patrie est le pays des idées abstraites, non la terre des aïeux. Singulière démocratie donc, que cette auberge espagnole de la liberté, sans frontière par définition, sans limite aucune – comment limiter une liberté conçue comme un absolu ?

Mais cela encore ne serait rien, s’il n’y avait les conséquences pratiques. Car un tel demos idéologique qu’est la nation révolutionnaire, ou républicaine, c’est tout un, ne saurait exister sans guide. Comment se repérer autrement dans la forêt buissonnante des idées ? Tout le monde après tout n’est pas « philosophe », et comme il ne s’agit plus et ne saurait s’agir de faire comme les aïeux ont fait, de croire comme ils ont cru, de se réjouir de ce dont ils se sont réjouis, il faut bien un chef d’orchestre qui donne le la et indique la mesure à suivre, quitte à ce qu’il délègue son pouvoir à ses petits élèves habillés de noir, jadis, en jean et tee-shirts de nos jours, les idées s’étant un peu ramollies entre temps.

On peut dire la même chose d’une autre manière. Pour autant que la politique fait fonds sur l’opinion, par nature mouvante, elle rend le contrôle de cette opinion strictement nécessaire au maintien de l’orthodoxie idéologique, et pour cela il faut des guides et des contrôleurs, ainsi que des techniques qui évoluent en fonction du temps et des possibilités matérielles d’emprise sur les esprits. Notre époque vouée au management fait dans le raffinement à cet égard.

Mais en définitive, en guise de démocratie, on trouve donc une oligarchie, qui est strictement indissociable de la république moderne. Ce n’est pas une oligarchie de la vertu, une aristocratie, mais une oligarchie idéologique. C’est ce qui fait sa force, car elle est sociologiquement ouverte : il lui suffit de former les esprits. Elle peut recruter dans tous les milieux, aussi bien dans la bourgeoisie ancienne ou nouvelle, que dans les aristocraties moribondes, ou le petit peuple sociologique, l’ « ascenseur social » faisant office de moyen de cooptation grâce aux sociétés de pensée de tous acabits. L’argent, bien entendu, n’est jamais loin : comment faire sans lui ? Et certes le matérialisme cynique de ces idéologues est légion. Mais attention, avoir le droit de posséder de l’argent se mérite, et il faut montrer patte blanche pour le conserver. Un scandale est si vite arrivé…

Quant à l’exercice strictement politique du pouvoir, il ne peut qu’être lui aussi canalisé et contrôlé, les officines et autres partis se chargeant de le confisquer, et de faire une “offre politique“ calibrée, en dehors de laquelle on verse dans l’équivalent laïque du haram des mahométans.

Que reste-t-il au véritable peuple ? A manger et se réjouir. Panem et circenses. Après tout, n’est-il pas dans le meilleur des régimes possibles, là où règne le bien, où l’histoire trouve son accomplissement ? Il ne lui reste plus qu’à profiter, sans surtout poser de question. L’anxiété est aussi un mal, et se torturer l’esprit une bien étrange manie.

C’est cela, la démocratie. Et la République, c’est Circé qui transforme les compagnons d’Ulysse en pourceaux qui se gavent, dans l’oubli de leur vie antérieure, parfaits démocrates qui vivent enfin dans la paix !

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Guillaume de Thieulloy
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