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France : Laïcité à la française

L’idéologie laïque et républicaine : une religion

Un article du Süddeutsche Zeitung s’interroge sur "l’idéologie laïque et républicaine des Français [qui] s’apparente à une religion". L’article emploie un vocabulaire religieux, justifiant son titre : "la République comme objet de culte" :

"Les républicains transcendantaux […] opèrent essentiellement dans les écoles, les séminaires d’enseignants, les administrations et les commissions ministérielles. C’est là qu’ils dévoilent leur pensée et leur argumentation, avec une force toute cléricale. Que ce soit la structure des départements, le mode de scrutin, la laïcité, la réforme des programmes scolaires, tout a droit à son onction philosophique. Les cadres de la République baignent dans un rationalisme qui leur donne la conviction missionnaire qu’ils incarnent la raison, un concept aussi sacré que la République et tout aussi universel.

On pourrait considérer ce républicanisme transcendantal comme un trait folklorique sympathique, […] s’il n’était pas devenu au cours des dernières années un modèle figé. Au nom de la République de la raison éternelle de 1789, toute réorientation de la politique intérieure et extérieure de la France est impossible".

Michel Janva

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6 commentaires

  1. On peut donner toute sa place à la raison sans être un laïcard borné, tout comme on peut être croyant sans faire preuve de cléricalisme…
    Il est en effet triste qu’en France on ait quitté un intégrisme que pour mieux en embrasser un autre. La seule constante étant l’inintelligence, dont témoigne le dogmatisme sclérosant et paresseux dans lequel des esprits faibles éprouvent toujours le besoin de se réfugier.

  2. Apparemment la vérité ne vient plus de la bouche des enfants mais des allemands.
    Je suis tout à fait d’accord, le premier des intégrismes aujourd’hui en France est le laïcisme.

  3. @A
    On peut difficilement être un croyant de la religion du laïcisme sans tomber dans le cléricalisme, puisque l'”universalisme” laïc suppose la supppression de toute identité, y compris et surtout, religieuse. Vous en apportez la preuve exacte en évoquant un “intégrisme” passé et fantasmé, dont on imagine que vous y casez le catholicisme, dont le pendant serait le laïcisme républicain.
    Or, au risque de vous étonner, pour un catholique, ce qu’il y a de pire dans la religion laïciste n’est pas son cléricalisme ou son “intégrisme”, défauts qui peuvent affecter toute pensée dominante, mais sa régression paganiste. c’est à dire son idolâtrie obligatoire de l’état jacobin et républicain, incarnation de la raison, tout comme existait sous l’empire romain le culte obligatoire de l’empereur, personnage le plus souvent pitoyable sur le plan humain, pourtant divinisé pour faire croire en la fiction disparue d’une romanité déjà décadente.
    En refusant le culte de l’empereur, comme celui de l’état, le catholique fait oeuvre de raison, celle qui fonde sa liberté intérieure face au monde.

  4. La république se comporte comme une secte, qui n’aime guère la concurrence. C’est l’influence maçonnique. Lorsqu’un homme politique parle de “valeurs républicaines”, cela me fait froid dans le dos! Car je sais maintenant que ce furent les républicains qui, lors de la guerre de Vendée, utilisèrent des fours crématoires les premiers et tannèrent les peaux de certaines de leurs victimes. Sans parler du massacre systématique des prisonniers et de la terreur… Gardons toujours cela à l’esprit.

  5. Voilà qui est subtilement analysé :la France est le dernier mouroir de la révolution, avec toute la chienlit et la ruine qui en découle.Une seule omission non négligeable parmi les théatres d’opération des “républicains transcendentaux”: l’Eglise dite “de France”.

  6. Je trouve cette analyse allemande très pertinente et tout à fait exacte. C’est cette divinisation de la laicité qui pousse aujourd’hui, plus de deux cents ans après, notre pays au bord de la revolution. L’effet pervers de ce phenomène est de pousser dans leurs retranchements ce qui ne veulent pas se soumettre et donc d’exalter le communautarisme et petit à petit faire perdre le sentiment national.Chaque communauté se tourne vers sa source légitime, plus rien ne fédère le peuple et le pays en tant qu’entité nationale est voué à sa perte.Mais je pense que la construction de l’Europe a aussi joué le rôle d’un accélateur de ce processus en cela qu’elle oblige tous les pays à trouver constament le plus petit dénominateur commun auquel tous doivent se soumettre en tournant le dos à ce qui fait leur particularité et donc leur essence.Nous avons contenu ainsi les guerres mais nous risquons l’implosion!

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