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France : L'Islam en France / Religions : L'Islam

Liberté religieuse et islam

Dans L'Homme Nouveau, le Père Édouard Divry analyse la liberté religieuse au risque de l'islam. Extraits :

"Sans se dédire des condamnations du XIXe siècle contre le laïcisme outré, le concile Vatican II, en ce sens originel de liberté de religion (droit à la non-coaction), a reconnu qu’il existait bien un droit social à la liberté religieuse consistant dans le fait que nul ne soit contraint ni empêché, mais dans de justes limites, lors de l’exercice de sa religion, de manière individuelle ou communautaire (cf. DH, n. 2). Ces justes limites découlent du bien commun local, du juste ordre public notamment. Par exemple, droit à ne pas être empêché de se réunir pour prier mais sans attenter à l’espace public : a contrario la rue Saulnier à Puteaux (92) est occupée chaque vendredi ; boulevard Barbès, rue Myrha, rue Polonceau (Paris XVIIIe), etc. Au-delà de la liberté de religion au sens strict qui correspond au devoir vis-à-vis de Dieu, chaque pays, telle la France, ou fédération de pays, telle l’Europe, s’avère souverain pour accorder en outre des droits permissifs (droit de), non exigibles en soi, au bénéfice de ceux qui attendent quelques faveurs particulières : par exemple, droit de construire un édifice religieux aux frais de la communauté gratifiée de ce permis. Dans l’équilibre international où les droits-exigence devraient au préalable être honorés, ces droits permissifs peuvent inciter, à l’extérieur de ce pays ou de cette fédération, par des émulations efficaces, sans rétorsion ni dilettantisme, une circularité vertueuse de saine et juste réciprocité universelle.

[…] La mosquée – à distinguer de la musallâ (salle de prière) sur un site pas nécessairement plus réduit mais qui n’appartient pas à un pays musulman ou à une organisation musulmane internationale tels les Frères musulmans – se définit comme le lieu de rassemblement politique des musulmans qui y reçoivent l’enseignement coranique. En pays européen, cette donnée de l’islam ne peut pas s’isoler de son lien d’origine et du dynamisme politico- religieux très effectif qui en émane […]. Lorsque la « mosquée » européenne n’appartient pas encore à un groupe musulman public, l’ordonnancement de ce qui n’est encore qu’une musallâ (sans revendication politique) pourrait être mis sous dépendance juridique par l’État laïque au profit des libertés religieuses individuelles, et sans déclencher des périls politiques massifs, à plus ou moins longue échéance, par la construction intempestive de mosquées assujetties au fiqr (droit musulman). Que l’on songe à la difficulté qu’a eue la France de Louis XIII à se défaire des places fortes huguenotes (1563-1629) encore que l’État ne voulût concéder à l’origine que des temples aux protestants (liberté de culte) ! Prenons le cas plus récent de la Suisse dont le vote du 29 novembre 2009 a empêché l’autorisation de nouveaux minarets, quatre y étant déjà accordés sur quatorze mosquées existantes ! Pour certains, il s’agirait «d’un vote d’intolérance, tournant le dos aux bases juridiques les plus constantes qui, à travers le monde, garantissent la liberté de religion». Ainsi l’a affirmé Kamel Kebtane, recteur de la grande mosquée de Lyon. Monsieur Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires extérieures, a réagi pareillement […]. Mais le minaret, tout comme la mosquée, relèvent-ils d’un droit-exigence ou d’un droit permissif ? Si, d’une part, la construction de musallâ semble inéluctable pour que le droit-exigence à ne pas empêcher des musulmans de se réunir pour prier soit effectif sans troubler l’ordre public, et si, d’autre part, le minaret n’est pas obligatoire selon les spécialistes musulmans du fiqr, pourquoi y aurait-il intolérance de refuser un bien hypothétique relevant d’une justice distributive ?

Encore que le minaret apparaisse toujours un bien pour l’islamiste, la sharî’a ne peut plus théoriquement être acceptée en Europe (cf. arrêté de la cour européenne de Strasbourg : Refah Partsi et a. c/Turquie du 13 février 2003, § 123). Quelle est alors la vraie limite à ne pas franchir ? À partir de quand le minaret deviendrait-il un mal pour la culture occidentale ? C’est très difficile à évaluer. Sûrement le minaret devient un mal par l’appel sonore du muezzin, cinq fois journellement au minimum, ce qui perturbe sans cesse le voisinage, mais davantage encore au Moyen-Orient où des sourates en surnombre ne cessent d’être chantées, comme à Jérusalem, par matraquage islamiste. En négliger le contenu serait bien irénique ! En outre, il ne faut pas être naïf : «Tout agent agit en fonction d’une fin » (Thomas d’Aquin, ST, IaIIæ, q. 6, a. 1 ; IaIIæ, q. 9, a. 1 ; IaIIæ, q. 28, a. 6 ; etc.). Du minaret régularisé, on passe facilement à la demande des hautparleurs comme à Rheinfelden en Allemagne où ont été installés subrepticement trois haut-parleurs sur le minaret de la mosquée Alperenler (sept. 2009). Puis le muezzin reconnu, on exige le Coran chanté à temps et à contretemps. Il n’y a alors qu’un pas pour exiger la sharî’a intégrale ! La mosquée ne peut pas structurellement être comparable à une église ou à une synagogue, car elle tend par nature à être un lieu politico-religieux. Cela ressortit à l’islam qui est « religion, société et État » (dîn oua dunya oua daoula). La non-distinction s’avère, hélas, rédhibitoire, quoi qu’en disent les nouveaux penseurs de l’islam qui pratiquent la taqqya (double langage). La liberté de religion, en tant que droit-exigence relevant des droits fondamentaux, est déjà tout à fait réalisée par l’utilisation de salles de prière, jamat khana ou musallâ, appelées indûment des « mosquées » en Europe puisque le fiqr pour l’heure ne s’y exerce pas, mais qui procurent la possibilité aux musulmans de se réunir ouvertement pour leurs prières. Si la justice commutative pour la construction de nouveaux édifices religieux doit être égale pour tous, il ne faut pas faire jouer sans cesse à ce niveau une justice distributive irréelle par rapport au bien commun européen.

Quant aux bornes que prescrit le bien commun à la liberté de religion, il y a principalement la culture, et – culture venant de culte – le culte historique toujours actuel du plus grand nombre et le plus ancien. Si, en songeant à la reconnaissance vis-à-vis des militaires maghrébins pendant les deux Grandes Guerres ayant servi sous les drapeaux, nul ne saurait songer à faire détruire le minaret de la Grande Mosquée de Paris, quelle pourrait être par contre la raison de mérite pour l’octroi généralisé de nouvelles érections, en comparaison de l’histoire continue depuis Clovis et de la contribution inégalable de l’Église ? […]

Il est parfois objecté que la réciprocité ne s’appliquerait que pour des étrangers accueillis entre deux nations ayant échangé une part de leur population. Les Français musulmans d’origine maghrébine n’auraient plus à être considérés comme des étrangers pour lesquels s’appliquerait la réciprocité. Demi-vérité qui oublie notre solidarité internationale intrareligieuse, et le facteur réel d’intégration interne. Par rapport à ce dernier coefficient, les mariages maghrébins en France continuent en bonne part à être convolés avec des « pièces rapportées » du Maghreb, preuve que l’axiome de réciprocité s’avère toujours actuel même selon ce critère. De même pour les Turcs en Allemagne. Il convient donc de ne pas céder plus qu’il ne faut, par un droit permissif disproportionné, alors que l’on n’a pas débuté à exiger le juste et sain principe de réciprocité : qu’il soit donc concédé aux chrétiens minoritaires, selon la justice commutative, l’édification d’églises, éventuellement sans les clochers ni les cloches là où cela gênerait les habitudes immémoriales en terre d’islam (cf. Notre-Dame de Doha au Qatar, achevée en mars 2008) !

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4 commentaires

  1. aaaah, de la cohérence sans militantisme ou dictat politiquement correct. cela se fait rare de nos jours.

  2. La réciprocité est tout à fait interdite dans l’Islam. Alors, pourquoi en faire des discours ?

  3. Non, non, non et non : il ne faut pas parler de réciprocité, parce qu’il n’y a qu’une seule religion qui ait le droit d’exister : celle que Dieu a révélée aux homme, par son Fils, qui est la Vérité incarnée. Comme il n’y a qu’un seul Dieu et un seul Sauveur, il n’y a aussi qu’une seule religion, qui est celle de l’Eglise catholique romaine. Et en dehors de cette unique Eglise, il n’y a pas de salut. Et nous n’avons pas le droit de respecter ce qui, ne pouvant pas servir à sauver, ne peut servir qu’à précipiter en Enfer. Tant qu’il sera question, dans l’Eglise, de cohabiter pacifiquement avec des Mahométans ou d’autres idolâtres, hérétiques ou schismatiques, il n’y aura pas de relèvement catholique. L’Eglise possède le monopole de la Vérité, et sa tâche, c’est de faire que tous les hommes soient catholiques, de gré ou de force. Défendre les idées relativistes qui infectent l’Eglise moderne, ce n’est pas défendre le catholicisme, mais l’hérésie qui le défigure.

  4. @GMinet : De force ? Peut-on forcer à aimer ? Même Dieu infiniment aimable ne nous FORCE pas à l’aimer, Il mendie notre amour.
    On peut forcer à faire semblant, on ne peut pas forcer le coeur.

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