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France : Politique en France

Libéralisme économique et conservatisme social

Christian Vannest eest interrogé sur Contrepoints. Extraits :

"Le terme conservatisme est systématiquement dénigré par les responsables. Écoutez le président de la République par exemple. Chaque fois qu’il emploie le mot conservateur c’est manifestement pour stigmatiser une attitude. Dans les pays anglo-saxons, les partis de droite s’assument comme conservateurs, ce qui correspond à ma position dans tous les domaines, alors que la gauche y désigne des libéraux. En France, même le mot libéral est quasiment une injure, parce qu’il y a une confusion entre le libéralisme politique et le libéralisme économique, bien-sûr toujours suspecté d’hyper-libéralisme, une espèce de capitalisme sauvage. Ce qui est consternant dans la mesure où parmi les plus grands penseurs libéraux, il y a un certain nombre d’auteurs français importants, ne serait-ce que Montesquieu, Benjamin Constant qui est complètement ignoré, Bastiat et l’immense Tocqueville, un des penseurs les plus lucides sur l’évolution de la démocratie. Leur occultation en France est tout à fait scandaleuse. Il faut rappeler que la philosophie libérale appartient à notre histoire. […]

Comment expliquer cette inertie ?

Cela peut se résumer ainsi : l’apparente résistance de la France à la crise repose sur une politique de consommation essentiellement fondée sur les prestations sociales et donc sur le transfert des revenus, alimenté par une dépense publique monstrueuse qui fait de la France un pays socialiste, que ce soit la droite ou la gauche qui gouverne. Quand vous avez 56% du PIB en dépense publique, vous êtes évidemment dans une structure socialiste. Cette dépense permet entre autres d’entretenir un secteur protégé confortable, avec des assistés dotés de revenus même quand le pays se porte mal, et avec de nombreux fonctionnaires qui ne ressentent pas les effets de la crise. Ce système est alimenté par le déficit, donc par la dette. Malheureusement M. Sarkozy est quelqu’un qui parle beaucoup, qui s’agite beaucoup, mais qui n’a pas eu le courage de faire les réformes à la hauteur de nos problèmes, même s’il en a réalisé davantage que ses prédécesseurs.

Situez-vous la place du libéralisme à droite ou à gauche ?

Dans le paysage idéologique, il existerait un espace possible à droite, à condition d’avoir un libéralisme économique combiné avec un conservatisme social, ou bien avec  un souci général des libertés individuelles primant sur l’égalitarisme. En revanche, il n’en existe pas pour le libertarisme, c’est-à-dire une pseudo émancipation des mœurs qui serait, de mon point de vue, une forme de suicide social.

Y a-t-il une droitisation de la campagne de M. Sarkozy ?

Le drame du président Sarkozy est qu’il n’a pas de ligne directrice. Il n’est pas un stratège mais un tacticien de la politique. Il prend des idées dans l’air du temps, qui peuvent être de droite dans la mesure où elles lui paraissent bonnes pour communiquer, mais dont l’éventuelle mise en place est suivie de mesures contradictoires en fonction des circonstances. Ce fut le cas par exemple avec la suppression de la « double peine », suivie de textes répressifs contre l’immigration. Les contre-mesures en appellent d’autres et ainsi de suite. Cette attitude empirique, dénuée de règle éthique et de cohérence, s’est particulièrement vue lors de l’ouverture à gauche, catastrophique puisqu’elle a montré que la droite a peur de défendre ses idées et s’inspire de la gauche avec vingt ans de retard. Au fond elle se cantonne dans une attitude purement pragmatique, fait diversion sur le sécuritaire et se contente de proposer un moindre mal économique, apparemment opposé à la gauche, alors que dans les pays anglo-saxons, elle a su imposer ses valeurs. […]

Pourquoi n’y a-t-il pas une rébellion des députés ?

Parce que le système actuel privilégie les députés godillots et le clientélisme."

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5 commentaires

  1. La crédibilité d’un député requiert une cohérence entre les propos et les actes. Mais un député est réduit à l’impuissance s’il n’est pas affilié à un parti… d’où l’aporie!

  2. Excellent ! S’il y en avait ne serait-ce qu’un comme lui pour se présenter à l’élection, on saurait pour qui voter. Mais aurait-il ses 500 signatures ?

  3. Pour qui va-t-il voter le 22 Avril?

  4. @ Clovis
    Pour N. SARKOZY, comme chaque fois : c’est un opposant de sa majesté.
    Sinon, C. VANNESTE dirait si ce n’est pour qui il vote, tout au moins pour qui il ne votera pas.

  5. Certains libertariens, comme Murray ROTHBART, l’un des plus importants penseurs libertarien, mais aussi libéral du XXème siècle, admettent le droit naturel : la frontière entre flou entre libertariens de droite et libéraux de droite.
    Tout comme elle l’est entre conservateurs étatistes ou conservateurs justicialistes ou de ”troisième voie, distributistes, etc….
    Seuls, les grands principes de la DSE permettent de trancher sur la juste limite entre Etat et corps sociaux naturels : la morale (laquelle ?) invoquée par C. VANNESTE ne suffit pas : la morale n’est pas un principe politique en soi.

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