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Franc-maçonnerie / France : Laïcité à la française / France : Société / Valeurs chrétiennes : Education

L’imposture Jules Ferry

Liberté politique consacrait ces jours-ci un article à la fameuse "Lettre aux instituteurs" de Jules Ferry :

"Novembre 1883. Franc-maçon, président du Conseil et ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts, Jules Ferry envoie à tous les instituteurs de France une lettre circulaire, trois jours avant de quitter son ministère, pour leur adresser « quelques recommandations » sur le « régime nouveau » mis en place par sa loi du 28 mars 1882."

Par cette loi du 28 mars 1882, Jules Ferry établissait, comme chacun le sait, la laïcité et le caractère obligatoire de l'école. Et la gratuité, essentielle, on verra plus loin pourquoi. Sa "lettre aux instituteurs" est un monument de duplicité de la part d'un franc-maçon athée et militant. En vrac, quelques citations :

  • "Vous êtes l'auxiliaire et, à certains égards, le suppléant du père de famille […]
  • "Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire" […]
  • "[…] vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience de l'enfant."
  • "La famille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants, à en faire des honnêtes gens."[…]

Le bon apôtre; on comprend mieux comment Jules Ferry, saint laïc de l'école de la république, a pu être le modèle de tant d'instituteurs, et pourquoi une quantité industrielle d'écoles primaires portent son nom. Ce que l'on sait moins en revanche, c'est que cet homme était hanté par une haine viscérale de l'Eglise catholique, et que voulant établir une France "sans roi et sans Dieu", il savait que le moyen le plus sûr d'y parvenir était de s'attaquer à l'école.

Il fut ministre de l'instruction, ministre des cultes, premier ministre, et en 6 ans (1879-1885) il réussit à imposer à l'école la sinistre machine maçonnique destinée à formater l'esprit des futurs électeurs de la république laïque.

Il faut (re)lire l'excellent livre de François Brigneau, "Jules l'imposteur", qui montre la tartufferie de cet homme, capable de déclarer : "Rien n'est plus désirable que l'accord du prêtre et de l'instituteur. Tous deux sont revêtus d'une autorité morale". Reste qu'à ses yeux, l'instituteur laïc doit être nettement plus revêtu d'autorité morale que le prêtre, à qui les lois vont interdire de fait l'accès à la grande majorité des enfants.

Dès 1879, Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique, commence la mise en oeuvre des plans élaborés dans les loges : d'abord, on évince les évêques du conseil supérieur de l'Instruction publique et les religieux enseignants des conseils académiques. Puis on réorganise l'enseignement supérieur, y interdisant les "jurys mixtes" (composés de laïcs et de religieux), ainsi qu'aux établissements libres de prendre le nom d'universités et de donner à leurs diplômes les noms de baccalauréat, de licence ou de doctorat.

Et puis surgit le fameux article 7, qui interdit aux religieux de congrégations "non-autorisées" (dont font partie les Jésuites) de diriger une école et d'enseigner. Ce sont 13 000 écoles, 124 collèges, 2 universités et 304 orphelinats, concernant la scolarisation d' 1 600 000 enfants, qui vont être arbitrairement supprimés d'un trait de plume. Malgré le rejet de l'article 7 par 148 voix contre 129, la loi a été imposée à la France à coups de décrets, Jules Ferry ayant décidé que c'était pour son bien. (Toute ressemblance avec des personnages et des situations actuels n'est pas du tout fortuite…)

La France a beau résister, les congrégations "non-autorisées" sont éjectées manu militari par les forces de l'ordre sous les yeux consternés de la majeure partie des Français. Le 31 décembre 1880, ce sont 261 couvents qui ont été "crochetés" et vidés, 5 641 religieux expulsés. "J'ai purgé la nation !" s'écriera alors Jules Ferry. La France de l'époque était encore très imprégnée de catholicisme; et pourtant une poignée de politicards dogmatiques ont réussi à lui imposer leurs vues. Tiens tiens… Rien de nouveau sous le soleil. On ne peut s'empêcher de penser à des bébés gazés dans leur poussette, à des jeunes filles traînées par les cheveux, à des jeunes gens poussés sans ménagement dans le "gav-bus" et emmenés rue de l'Evangile, à des veilleurs molestés pour être sagement restés assis…  On a vu avec enthousiasme le film "Cristeros". Verra-t-on un jour un film honnête sur la mise à mort des congrégations "non autorisées" dans la France de Jules Ferry ?

 Pris d'une frénésie anti-catholique, Jules Ferry multiplie les coups de boutoir : suppression des "lettres d'obédience" (capacités accordées aux enseignantes congréganistes), reprise du projet de loi Naquet sur le divorce, suppression de l'aumônerie militaire, création des lycées de jeunes filles dont le but avoué est de soustraire celles-ci à l'emprise de l'Eglise catholique (loi Sée), laïcisation de l'enseignement par la loi, citée plus haut, du 28 mars 1882.

Cette loi est la cerise sur le gâteau, la clef de voûte de l'oeuvre destructrice de Jules Ferry. Présentée comme une réforme secondaire, elle propose en effet que l'école devienne obligatoire, afin d'augmenter le niveau d'instruction des jeunes Français. Louable. Si elle est obligatoire, l'école doit également être gratuite, car on ne peut pas obliger les gens à payer une école s'ils n'en ont pas les moyens. Evident. Et c'est là que l'imposteur sourit intérieurement, car personne n'a vu le danger : si les gens ont le choix entre une école gratuite et une école (confessionnelle) payante, ils vont inscrire leurs enfants en rangs par trois dans l'école gratuite. Et hop, c'est dans la poche : la gratuité de l'école de la république condamne à plus ou moins brève échéance les écoles catholiques payantes. Il ne reste plus qu'à imposer la laïcité, présentée comme le plus petit commun dénominateur de tous les élèves, à qui l'on ne saurait imposer quelque religion que ce soit (libre-pensée, quand tu nous tiens…). Malgré la grogne des catholiques, la loi est votée par 179 voix contre 109.

Ayant achevé son opération de destruction, dont nous payons encore plus que jamais les conséquences, Jules Ferry pouvait bien se fendre d'une belle lettre aux instituteurs avant de quitter la scène. Cette lettre, souvent présentée comme une sorte de testament du grand homme, devait sans doute servir à édifier les générations suivantes afin de couper l'herbe sous le pied des éventuels contradicteurs. C'est raté, car nous, nous ne sommes pas dupes !

Pour aller au fond des choses : "Jules l'imposteur" de François Brigneau (Préface de Jean Madiran), DMM.

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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9 commentaires

  1. Le miracle, c’est qu’il reste autant de catholiques en France aujourd’hui.
    De mémoire, Jaurès et consorts se réjouissaient en 1905 que “dans 10 ans”, il n’y aurait plus de catholiques en France…

  2. C’est la loi du 16 juin 1881 qui instaure la gratuité et non celle du 28 mars 1882. Cette gratuité devient notamment possible grâce à une taxe sur les chiens (cf. le texte de loi de 1881).
    Par ailleurs, la loi du 28 mars 1882 ne rend pas l’école obligatoire mais l’instruction obligatoire(éventuellement à la maison).
    Enfin, le mot “laïcité” ne figure pas dans le texte de la loi du 28 mars 1882.
    [Pour “l’instruction” obligatoire, c’est vrai; on avait le droit de faire l’école à la maison. Belle libéralité, à saluer. Pour le reste, si vous le dites… M.B.]

  3. C’est le Second Empire qui, dès 1867, introduit la gratuité dans l’enseignement public avec le ministre Victor Duruy. Cette gratuité concerne les enfants des familles les plus modestes.
    Par cette mesure de l’époque impériale, la gratuité votée en 1881 est déjà effective pour les 3/5e des enfants car ils appartiennent aux familles les plus pauvres.
    La loi de Jules Ferry du 16 juin 1881 est donc, en réalité, est un geste en faveur des plus riches.

  4. “la gratuité de l’école de la république”
    ERREUR!
    Cette école n’est pas gratuite: les personnels ne sont pas des bénévoles et les fournitures et mobilier ne proviennent pas de dons de généreux mécènes.
    Simplement, elle n’est pas financée par ses usagers.
    Elle créée donc une discrimination notoire entre les enfants: ceux pour qui les finances publiques organisent une pseudo-éducation de moins en moins performante et ceux dont les familles peuvent trouver de véritables auxiliaires d’éducation.
    Actuellement (sondage septembre 2014), plus de 8 enseignants sur dix confirment que l’essentiel de l’instruction devrait être lire, écrire et compter, et plus d’un sur deux reconnaît que l’école publique n’y arrive pas.

  5. En même temps, ironie du sort, les gens aujourd’hui fuient en masse les écoles publiques et préfèrent se saigner aux 4 veines pour payer des écoles privées à leurs enfants. L’enseignement catholique ne s’est finalement jamais aussi bien porté (la question reste bien sûr pour tout ceux qui n’ont vraiment pas les moyens…)
    Par exemple, parmi mes collègues, 3 inscrivent leurs enfants dans le privé l’année prochaine. J’ai même une collègue musulmane qui a fait le choix d’une école catholique pour ses fils. Elle est d’ailleurs tout au fait ok avec le fait qu’ils suivent la pastorale, car elle trouve ça très bien pour la culture et la compréhension de la société française pour ses enfants 😉
    L’école de la république ne fait pas si bonne recette donc. Mais elle fait encore beaucoup de dégâts….

  6. “Jaurès et consorts se réjouissaient en 1905 que “dans 10 ans”, il n’y aurait plus de catholiques en France”… Mais nous avions la Première Guerre Mondiale ! Voilà l’un des plus forts résultats de cet anticléricalisme.

  7. Il y a bien longtemps que les nombreuses œuvres et fondations religieuses s’occupaient déjà d’instruire gratuitement les enfants ! Ailleurs, là où il n’y avait pas d’œuvres religieuses, “en quelques localités, l’enseignement était gratuit” dispensé par un maître d’école laïque, élu et financé par la localité elle-même… (Frantz Funck-Brentano L’Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 423-424)
    http://effondrements.wordpress.com/2012/09/06/la-religion-de-la-laicite-du-nouvel-ordre-mondial/

  8. mais parmi les écoles privées, combien sont encore “catholiques”?j’ai vu, dans un collègeautrefois religieux, supprimer les crucifix sur les murs des classes et réduire la chapelle à un minuscule oratoire….quant à l’esprit, je sais, il y a ce fichu “sous contrat”..mais il y a des éducateurs convaincus et courageux..et les autres!nous avons pourtant bien besoin d’une école qui soutienne la foi que nous essayons de transmettre à nos enfants! que l’Esprit Saint répande sur nous sa force!

  9. Merci pour cette belle réflexion sur la réalité du laïcisme notamment sur la terrible “chasse” aux congrégations.
    Encore merci.

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