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France : Société

L’hommage de Pierre Bergé à Cocteau fait l’impasse sur l’Occupation

Pierre Bergé, titulaire du droit moral
de Jean Cocteau, orchestre depuis son bureau de la fondation Pierre Bergé-Yves
Saint Laurent, à Paris, la grande parade des hommages pour les 50 ans de la mort du poète. Dans Libération, dont Pierre Bergé est actionnaire, les journalistes écrivent :

"Bergé avait 23 ans quand il a rencontré Cocteau, mais le jeune homme
qu’il était avait déjà eu tout loisir de ressentir une grande «proximité» avec le poète. «Les adolescents de mon époque avaient quelques phares en littérature, explique-t-il. Il y avait Gide, ô combien ! Et il y avait Cocteau, dont je savais par cœur les poèmes de Plain-Chant. C’était le poète du soufre, d’Opium, des séances de désintoxication. Et de l’homosexualité, qui a pris dans mon cas une importance considérable.»"

Mais ces laudateurs n'évoquent pas la période trouble de la seconde guerre mondiale. Breizh.info leur rafraîchit la mémoire :


C"
Un rôle « ambigu » selon Wikipédia, qui ajoute «une partie de son passé entre 1940 et 1945 reste mystérieuse ». Pas tant que cela. N’ayant pas caché, comme Giono, son pacifisme avant guerre, Cocteau
écrira dès le début de l’Occupation dans l’hebdomadaire
collaborationniste « La Gerbe »
créé par le célèbre écrivain breton Alphonse de Châteaubriant. En décembre 1940 il y lance une « adresse aux jeunes écrivains », sorte de message pour les jeunes Français les appelant à prendre part au « Nouvel Ordre européen ». Surtout, il recevra à Paris, durant l’été 1942, son ami Arno Breker, le
sculpteur officiel du Troisième Reich
, lors de sa grande exposition aux
Tuileries.

Mais c’est son film de 1943 « L’éternel retour » – transposition moderne
de la légende de Tristan et Yseult – qui inquiètera les critiques de
l’après-guerre. Le quotidien britannique The Daily Express n’hésitera pas à écrire en 1945 que « Jean
Marais avec ses cheveux blonds d’archange exterminateur, ses bottes de
cuir y ressemble plus à un héros wagnérien ou à un SS qu’à un chevalier
du Moyen Age.
» Moins connue est l’amitié entre Cocteau et l’auteur de La Brière. Il
n’hésitera pas à lui rendre visite en 1950, alors que Châteaubriant,
condamné à mort, vit exilé et caché en Autriche à Kitzbühel. Deux ans
plus tard, après le décès de ce dernier, Cocteau y retournera pour
rencontrer sa compagne Gabrièle Castelot.

Aujourd’hui, après la disparition
d’Edouard Dermit, le dernier compagnon de Cocteau, c’est Pierre Bergé
qui se trouve être son exécuteur testamentaire et le grand ordonnateur
des différentes manifestations du cinquantenaire de sa mort. « J’autorise, j’interdis, je suscite » vient de déclarer le milliardaire rose au Point, rajoutant « Cocteau était avant tout un poète ». Préférant sans doute oublier que celui-ci avait écrit, en parlant des dirigeants français d’avant- guerre,  « Chez Hitler, c’est le poète qui échappait à ces âmes de pions » (Philippe Burrin, La France à l’heure allemande 1940-1944, Paris, Le Seuil)."

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8 commentaires

  1. Vous auriez pu préciser “Alphonse de Chateaubriand “, Chateaubriant seul s’appliquant plus couramment à François-René.

  2. Il est bien et utile qu’il y ait des articles qui rappel ce qu’on été certaines personnes dont ont nous rabat les oreilles !
    Tout ne peut pas être infaillible, mais pour certains, ce n’est pas de failles qu’il faut parler mais de gouffre sans fond.
    Lisez la bio de berger sur wiki, elle est assez instructive pour mieux cerner le personnage, de gôche et PDG de la brasserie de luxe parisienne « Prunier », spécialisée dans le caviar français !

  3. Le livre de René Chateau “le cinéma sous l’occupation” (1940-1944) donne des photos qui ne peuvent être contestées de même que des extraits d’articles de l’époque sur le sujet, depuis la pièce de Cocteau montée au théâtre Hébertot à Paris en avril 1941 (après que l’armée [allemande] l’ait rendu – page 130), la fameuse exposition de “l’art nazi à la conquête de Paris” (mai 42), la rencontre de Cocteau avec Céline (c’est Châteaubriand qui l’a présenté), etc.
    C’est encore l’époque des deux France puisque l’invasion de la zone dite libre se fera en novembre 42.
    Certes cette époque n’était ni simple ni facile, et Cocteau n’a pas été le seul à avoir une brillante carrière sous l’occupation allemande stricto sensu et pas que dans la France de la zone dite libre, mais c’était encore pire encore pour ceux qui n’appartenaient pas au “showbiz” et même dans le “showbiz” certains ont payé très cher et d’autres pas beaucoup à la libération de Paris et sous la période de l’épuration.

  4. Donc on a un pédéraste avec Cocteau… qui soutenait les nazis. C’est bien ça ??

  5. quelle horreur! exécuteur testamentaire de Cocteau!
    Il faut ajouter concernant ce poète, qu’il entretenait une correspondance avec Jacques Maritain et que celui-ci (c’était avant qu’on n’ait plus le droit de penser ni de parler) tâchait de le convertir et lui reprochait librement ses moeurs. Cocteau d’ailleurs les regrettait devant lui. Il y eut aussi Max Jacob, à l’époque, qui lutta contre elles.
    Bref si les années d’entre deux guerres furent les années du gay Paris, c’était aussi des années où l’homosexualité n’était pas devenu une idéologie.Je préfère un Cocteau à un Bergé, car Bergé est diabolique.

  6. Ironie de l’histoire, Bergé qui vomit l’Eglise a dû organiser et assister, en tant que président du Comité Cocteau, à la messe dite à la mémoire de Jean Cocteau le 11 octobre dernier à 10h30 à Saint-Roch: c’était pendant la neuvaine pour la conversion de Bergé! On peut y voir un clin d’œil de la Providence.

  7. Ce type est à gerber

  8. Oui de nombreux homosexuels ont collaboré. Le premier parti national-socialiste, celui des SA et de Röhm était un véritable club gay. Il existe actuellement une mouvance néo-nazie gaie, en particulier en Allemagne. En France, il y avait plusieurs “gestapettes” parmi les écrivains et hommes politiques de la collaboration que je ne citerai pas mais c’est bien connu… A rappeler à M. Berger et ses amis.

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