L’exposition anatomique “Our Body” interdite à Paris

Le juge des référés Louis-Marie Raingeard a interdit ce mardi une exposition anatomique, présentée à Paris depuis le 12 février montrant 17 corps d'hommes et de femmes, entiers ou disséqués, préservés par plastination, une technique qui consiste à remplacer les liquides organiques par du silicone.

Pour le juge des référés Louis-Marie Raingeard, la règle est claire: "L'espace assigné par la loi au cadavre est celui du cimetière". Quant à "la commercialisation des corps par leur exposition", elle "porte une atteinte manifeste au respect qui leur est dû".
Une position suivie par le TGI de Paris, pour lequel "la présentation des cadavres et organes met en oeuvre des découpages qui ne sont pas scientifiquement légitimes, des colorations arbitraires, des mises en scènes déréalisantes" qui "manifestement manquent à la décence".
A l'audience, l'avocat des associations, Me Richard Sedillot, avait invoqué l'article 16-1 du Code civil qui stipule que "le respect du corps humain ne cesse pas avec la mort" et que "les restes des personnes décédées (…) doivent être traités avec respect, dignité et décence".

11 réflexions au sujet de « L’exposition anatomique “Our Body” interdite à Paris »

  1. Sancenay

    Dans la dérive utilitariste et anti-humaniste qui nous étreint c’est une excellente nouvelle!
    Que ceux qui y ont conduit en soient vivement remerciés!
    (dont le Salon beige et son “fan cercle” en premier lieu évidemment!)

  2. Cathelineau

    Attendons quand même qu’ils ferment effectivement l’exposition avant de nous réjouir…
    Et la Justice réagit bien tard ! De toute façon, le mal est déjà largement fait : l’exposition sévit depuis le 12 février et ne devait durer encore que deux semaines. Dans le monde, ce sont déjà 30 millions de personnes que l’on a scandalisé ou dont on a flatté les instincts voyeuristes avec cette ignoble exhibition de cadavres.
    Ce que j’attends d’une Justice réellement soucieuse de préserver la dignité de ces hommes décédés, ce serait qu’elle confisque les corps, acquis illégalement, et qu’elle leur offre enfin une demeure décente en les enterrant. Là, elle mettrait définitivement fin au scandale. On peut rêver…

  3. Tonio

    Il est vrai qu’auraient dû être infligée une amende égale au montant des recettes, et les corps saisis et inhumés. Sinon c’est une tartufferie : les organisateurs conservent tout le bénéfice de leur abomination et peuvent continuer ailleurs.

  4. Sylvie

    Cette exposition a connu un grand succès à l’étranger par son côté éducatif.
    Moi, ce qui me choque à Paris, c’est une censure de plus.
    Connaissez-vous les écorchés de Maison Alfort? Ils ne semblent déranger personne.

  5. Grrrrrrrrrr

    Quelle hypocrisie ! Toujours la même indignation sélective si chère à la France.
    Le respect du corps est également en cause dans la pornographie et la publicité et pourtant, aucune indignation !
    Personne n’est obligé d’y aller, alors pourquoi interdire aux autres. Il y a bien un bouton on/off sur la télé!

  6. Cathelineau

    @ Grrrrrrrrr
    Quelle hypocrisie ? Nous sommes également nombreux à nous indigner du déferlement d’images pornographiques dans les rues et à protester contre les publicités les plus choquantes.
    Ceci étant dit, celà n’a aucun rapport avec cette exposition, où il ne s’agit pas d’images ou de photos, mais de vrais cadavres, c’est à dire l’utilisation à des fins commerciales de corps d’hommes à qui on n’a par définition pas demandé leur avis.
    C’est immonde. C’est la profanation d’un des fondements les plus sacrés de la civilisation qui est le respect des morts. C’est un tabou essentiel de la société que l’on transgresse, et c’est grave. C’est bien pourquoi il faut l’interdire, comme l’inceste, la pédophilie, ou d’autres monstruosités.
    Certes personne n’est obligé d’y aller, mais ce n’est pas le problème : personne n’a le droit d’y aller, car il est moralement inacceptable d’exhiber ces corps. Le simple bon sens devrait vous en persuader !

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