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Culture de mort : Euthanasie

L’euthanasie en marche

Dans Décryptage, Pierre-Olivier Arduin, conseiller auprès de l’évêque de Toulon pour la bioéthique, réfléchit sur la "fin de vie" à la lumière de l’acquittement dans une affaire d’euthanasie mercredi dernier. Il constate que la frontière entre soulager la souffrance, au risque de hâter la mort, et provoquer délibérément la mort est de plus en plus poreuse. Sa conclusion :

Dans l’affaire qui nous intéresse, [l’accusé] reconnaît avoir administré de fortes doses d’antalgiques avec l’intention d’aboutir à la mort de son épouse pour supprimer ses souffrances, ce qui correspond à la définition de l’euthanasie […]. Sans […] une grande lucidité et honnêteté morales de la part de toute l’équipe soignante, des objectifs apparemment antalgiques pourraient cacher des attitudes euthanasiques particulièrement pernicieuses. […] Une étude récente montre d’ailleurs qu’une majorité de médecins hollandais prescrit de fortes doses de morphine dans l’intention première d’accélérer la mort du malade.

On ne peut donc que déplorer le jugement rendu par le jury de la cour d’assises du Maine-et-Loire […]. Une peine de principe légère, telle que la réclamait l’avocat général, aurait rappelé le droit sans accabler un homme dont on ne nie pas la souffrance morale.

Une fois de plus, la loi du 22 avril 2005 [sur la fin de vie], alors même qu’elle est peu connue des soignants, est battue en brèche et contredite par la jurisprudence, chaque nouvelle affaire donnant l’impression qu’une sorte de droit à l’euthanasie est acquis de facto. Le respect de la vie finissante a tout à perdre de ces compromissions.

Une fois n’est pas coutume, on reprendra l’interrogation du député Bernard Debré lors des débats à l’Assemblée sur la loi de 2005 :

Je suis également perplexe, monsieur le ministre, parce que vous avez dit, comme d’autres ici, que cette loi ne constitue qu’un premier pas. Mais un premier pas vers quoi, monsieur le ministre? Vers la légalisation de l’euthanasie? Là, je serais contre.

Henri Védas

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1 commentaire

  1. Je suis perplexe devant la position de M. Arduin. Qu’est-ce que cela veut dire, une « peine de principe légère » ? Cela veut dire qu’on condamne, mais qu’on refuse de punir. La position paraît attrayante : on réaffirme le caractère sacré de la vie, mais on montre de la compassion pour ceux qui ont compati. Mais est-elle cohérente ? Si l’on s’oppose à l’euthanasie, c’est au nom de principes moraux essentiels : euthanasier, c’est tuer. Si cela est vrai, M. Jensen est un assassin. S’il est un assassin, il a commis le crime par excellence, celui qui nie l’humanité de son prochain. Il faut alors lui appliquer la peine qui exprime la réprobation absolue du système : la perpétuité, sans doute – beaucoup diraient même (à tort selon moi) que la loi du talion doit s’appliquer. Faut-il alors couper la tête à M. Jensen ? Cela me paraît être la seule position cohérente pour les opposants à l’euthanasie. Mais hurler contre la « culture de mort » qui serait véhiculée par le jugement de la Cour d’assises d’Angers, tout en refusant de punir M. Jensen, parce qu’au fond chacun s’en sent incapable, cela me paraît être l’expression d’un profond désarroi, et d’une incohérence légèrement hypocrite.

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