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France : Politique en France

Les limites du moindre mal

Sur son blog, Denis Sureau revient sur le problème entre le "moindre mal" et les points non-négociables :

"Au milieu du vacarme des déclarations qui se multiplient pour aider les chrétiens à «bien voter» sur fond de relativisme (cf. l’éditorial de La Croix du 28 mars : «A chacun, sa hiérarchie de priorités, en conscience.»), le Pape témoigne au plus haut point de sa mission lorsqu’il fixe les limites au-delà desquelles il n’y a plus ni moindre mal, ni meilleur possible, ni priorités personnelles, ni options libres, ni vote utile. Comme le notait dernièrement le père Garrigues (Famille chrétienne, n°1519), le moindre mal n’est acceptable que «dans une dynamique de redressement éthique par rapport à la situation présente»."

Michel Janva

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9 commentaires

  1. Pour être factuel, ceci semble interdire de voter pour M. Sarkozy au 2° tour, quitte à favoriser Mlle Royal …
    … est-ce bien raisonnable ?

  2. Dans son article pour Liberté politique, François de Lacoste Lareymondie arguë que cela concerne en fait le vote des parlementaires, non des électeurs. Un problème d’exégèse de la note.
    En outre, son article contient une propagande assez énervante en faveur du vote utile, n’envisageant que la possibilité de voter « pour un candidat susceptible d’être élu ». Eh bien non, Monsieur Lareymondie, je ne voterai pas pour un candidat pour qui le massacre de 220 000 innocents par an n’est pas un problème. Même si seuls ceux-ci ont une chance d’être élu (ce qui est vraisemblable mais jamais certain).

  3. Résumé pratique du galimatias pseudo éthique et philosophique des propos de F. Lacoste de La Reymondie et de Liberté Politique.
    JM LP étant marginal, peu orthodoxe éthiquement, et n’ayant aucune chance d’être élu, il doit être éliminé dès le premier tour.
    Pour un premier tour éventuellement plus “ferme”, on pourra éventuellement envisager de voter selon Gaudium et Spes en faveur du candidat non marginalisé, P de V., dont le rôle est d’éviter que ne se “perdent” les votes lepénistes dans un exil intérieur que réprouvent tous les papes, les conciles et M. Lacoste de la Reymondie.
    Mais au deuxième tour, pas de blague les gars : c’est Sarko ou Bayrou contre Ségo.
    Car après tout, il n’y a pas que les valeurs morales pour défendre concrètement le bien commun : l’économie, l’enseignement, les institutions, l’europe, la turquie, le réchauffement de la planète, l’agriculture, la défense, la femme au travail, les autoroutes, la Sécu, vous y avez pensé ? Et surtout, avant tout, la place et le rôle des catholiques (traduisez des responsables de certaines revues, hebdomadaires, universités et sites catholiques) dans la société, leur reconnaissance pour services rendus (comprendre leur espoir sans cesse béatement renouvelé de voir respectées les promesses pré électorales), vous y songez un peu, quoi ?
    Quand la scholastique est appelée en renfort de la casuistique pour faire voter “utile”. La sophistication logique devenue sophisme au service du vide

  4. On évoques souvent la doctrine du moindre mal pour justifier le vote des chrétiens
    pour un candidat favorable au contrat d’union civile par opposition à un candidat favorable au mariage gay.
    J’avoue que cette question n’est pas facile. Elle renvoie pour moi à la nature du vote personnel. Un vote se définit-il “par opposition” aux autres votes posssibles pour d’autres candidats ou est-il un “engagement positif et personnel ”
    pour un candidat donné ? Dans le premier cas, voter pour un candidat favorable au contrat d’union civile entre personnes de même sexe contre un candidat favorable au mariage gay serait un acte moral bon
    puisque ce vote limiterait le pourcentage du candidat le plus pro-mariage gay. Dans le deuxième cas, il serait un acte immoral puisqu’il signifierait notre adhésion personnelle, notre engagement positif en
    faveur d’un candidat opposé à l’éthique de l’Eglise et à la loi naturelle. La vraie question est donc : quelle est la nature objective du vote glissé dans l’isoloir ? Une simple pondération de l’ensemble
    des votes entre différents candidats ou un acte positif qui nous engage en faveur d’un des candidats ? Pour moi, la norme personnaliste prime ici. En d’autres termes, le vote est objectivement un acte
    personnel de soutient en faveur d’un candidat.
    Dès lors qu’il s’agit d’un acte positif, il nous faut voir s’il est intrinsèquement mauvais ou non. Comme voter pour un candidat pro union civiles entre personnes
    de même sexe est défendu par l’Eglise, je considère, en conscience, que je n’ai pas le droit de poser cet acte. Et le fait que d’autres actes pires existent (comme voter pour un candidat pro-mariage gay) ne justifie pas que je m’engage en faveur de cet acte moins mauvais mais qui reste un mal. (cf Véritatis splendor, n°79 et suivant)
    En d’autres termes, le moindre mal est toujours un mal. On peut le tolérer si aucune autre possibilité n’existe. Mais on ne peut poser un acte positif en sa faveur. Or le vote n’est objectivement pas une
    forme de tolérance passive mais un acte positif et personnel qui nous engage.
    En d’autres termes encore, le choix du moindre mal n’est licite qu’en cas d’impossibilité de faire autrement. Or, dans le cas d’un vote au deuxième tour, il nous est possible de faire autrement que de voter pour le candidat le moins mauvais. Cette autre possibilité s’appelle
    l’abstention. Le véritable moindre mal, au sens d’absence d’un mal moral, est donc l’abstention, ou le vote blanc. Elle nous permet de ne pas nous associer personnellement à un mal que nous ne pouvons éviter (élection d’un
    candidat opposé à la doctrine de l’Eglise).
    S’il est toujours possible moralement de faire le bien, je pense sincèrement que l’objection de conscience est parfois la seule façon de procéder et de rester fidèle
    à nous même et à notre foi. En tant que chrétiens, on doit se mêler des affaires publiques. Mais quand on nous propose qu’un alternative entre deux choses mauvaises,
    on a le droit de se désengager, par respect pour notre conscience, de cette dérive à dominante païenne. C’est peut-être là le signe de contradiction porté par les chrétiens et dont le monde a besoin. Et
    peu importe que cet acte d’abstention ne soit pas suivi par tous les chrétiens ou que ceux-ci soit minoritaires dans la société. Nos actes nous engagent d’abord personnellement. Ils ont une valeur morale en soi, quelque soit leur pondération, parfois minime, dans un ensemble de décisions collectives.
    [Je suis d’accord avec vous mais je parlerai plutôt de vote blanc, dument motivé (courriers aux candidats). Sachant que le 2e tour se joue généralement dans un mouchoir de poche, c’est le vote blanc qui après calcul aurait pu être décisif. A posteriori, il peut devenir un poids dans la balance. Le passé montre que le ralliement au moindre mal n’a jamais été suivi d’effet positif, ce qui légitime -non seulement sur le plan moral mais aussi sur le plan de l’efficacité- le vote blanc. MJ]

  5. merci Noel pour votre analyse fort pertinente et bien argumentée. Je la résumerai en disant que ce n’est pas parce ce que Royal propose de faire 2 pas dans une mauvaise direction , qu’il faut forcément accompagner Sarkozy qui n’en fait qu’un mais toujours dans un sens moralement mauvais.
    Je partage aussi l’avis de Michel Janva sur la pertinence du vote blanc.

  6. A Noël et MJ
    Comme le vote blanc et le vote nul ne sont pas dissociés dans les résultats officiels, voter blanc me semble peu pertinent. Autant s’abstenir, dans cette logique de l’exil intérieur, si aucun autre vote n’est possible au premier tour.
    Mais l’exil intérieur n’est pas conforme aux textes du Magistère lorsque la possibilité existe de corriger les législations établies sur des bases fausses : l’argument selon lequel le moindre mal serait un mal en soi condamne nos existences imparfaites elles mêmes car nos actes sont, que nous le voulions ou non, que nous en ayons conscience ou non, des actes de moindre mal, dans la mesure où nous n’avons pas la possibilité de la perfection du jugement et des actes.
    Quand les pro vie américains obtiennent état par état la réduction de l’age maximum légal pour l’avortement, c’est un moindre mal, qui sauve des vies et se rapproche insensiblement du bien : les catholiques qui soutiennent cette diminution le font après avoir affirmé leur volonté de l’abrogation, et nul ne le leur reproche sur le plan moral.
    Le contrat dit Pacs ne concerne que qq dizaines de milliers de personnes, alors que l’avortement tue plus de 250 000 enfants chaqe année : se refugier dans la perfection est un appui donné indirectement à leur mort.
    De la même façon, quand nous reprenons un de nos enfants, quand nous tentons de corriger en lui un de ses défauts, nous recherchons le moindre mal, sachant que la perfection, et de sa nature humaine et de la notre, ainsi que de nos actes d’éducateur, n’existe pas.
    Les Cathares se retiraient d’un monde corrompu, car imparfait. Ils ne l’ont pas transformé.
    Si les catholiques, et particulièrement les plus attachés au Magistère, tombent dans ce travers intellectuel et moral, à quoi bon réfléchir sur le sens des actes publics : il suffit de les décréter tous imparfaits, et de se dire assuré d’incarner la perfection retirée du monde depuis la fin de l’Eden, et le tour est joué.
    C’est à la fois définitif et confortable.
    Sauf à considérer qu’au 2 ème tour aucun candidat ne méritera le vote d’un catholique informé, sincère, et logique avec sa foi.
    Ce qui est possible, malheureusement.Il faudra bien alors renoncer à voter pour quiconque : parce qu’elle diminue le nombre de suffrages exprimés et donc le taux de participation qui légitime un système qui n’est plus totalement démocratique, et détruit la Vie, l’abstention me semble plus pertinente que le vote blanc. Le candidat élu avec 50 % du corps électoral, mais avec uns participation de 55-60% ne sera élu que par 27, 5% ou 30 % des Français. Ce sera le ramener à sa juste place, sans le cautionner indirectement ce système moralement corrompu par notre participation.
    Si voter au 2ème tour n’est pas possible, s’abstenir aura alors vraiment un sens.
    Mais avant, il y a un 1er tour qui crée l’obligation du vote aux catholique français.
    Ne devenons politiquement pas les Amish du catholicisme.
    [Le moindre mal n’est pas le choix entre 2 maux, c’est un mal qui peut être nécessaire en vue d’un bien. Ce ne peut pas être un mal qui aggrave la situation présente (auquel cas, le moindre mal reste le statu quo).
    Le vote blanc, ce n’est pas le confort ou l’exil, c’est le refus de se compromettre avec des candidats ou des programmes qui proposent d’aggraver la situation présente. Entre la peste et le choléra, il n’y a pas de choix à faire. Entre le CUC et le mariage homo, non plus, les deux aggravant la situation d’aujourd’hui.
    En revanche, ce que le Magistère demande, c’est de limiter les préjudices. Alors limiter l’avortement (sans l’abroger) c’est un moindre mal acceptable qu’il faut soutenir car c’est un mieux par rapport à la situation actuelle.
    Sur la distinction entre vote blanc et vote nul, c’est discutable. Le vote blanc, motivé par courrier ou internet pourrait permettre de faire prendre conscience au perdant qu’il aurait pu gagner (le 2e tour se jouant dans un mouchoir de poche) s’il avait tenu compte… des points non négociables (en commençant par ne pas aggraver la situation présente). L’abstention est aujourd’hui conçue par un désintérêt de la politique. Le but ici étant aussi de faire passer un message. MJ]

  7. Vous avez certainement raison, noel, toutefois si jamais, en cas de second tour Sarkozy-Royal, cette dernière l’emporte par une faible majorité, vous serez moralement responsable de l’application de son programme (parce que vous auriez pu l’empecher en votant Sarkozy).
    De même, ceux qui ont voté blanc- et ils sont nombreux- au second tour de 1981 sont responsablez des 14 années socialistes, parce qu’ils n’ont pas voulu soutenir le candidat responsable des lois sur l’avortement (pourtant, on peut les comprendre malgré les conséquences de leurs actes).
    Je ne conteste pas votre raisonnement, toutefois comment allez-vous vous justifier lorsque l’euthanasie sera chose courante, lorsque des enfants seront adoptés en toute légalité par des couples homosexuels?
    Bien sur, je n’ai aucune illusion sur le vote Sarkosy, je sais que ce qu’il repousse aujourd’hui, il l’acceptera mécaniquement dans 5 ans quand les mentalités auront changées.
    Et pourtant, je suis attristé de voir que des catholiques préparent malgré eux l’élection de Ségolène Royal, tout comme l’élection de Mitterrand 25 ans plus tot.
    [Vous accusez, à tort je pense, les catholiques. Mais nous pourions aussi accuser les catholiques qui votent Sarkozy de soutenir le CUC ? Je crois surtout que pour un catholique, il n’est pas possible de soutenir un candidat qui ne prend pas en compte les points NON NEGOCIABLES. La droite n’a qu’à prendre en compte les catholiques…
    Et puis, avec votre raisonnement, il faudrait choisir entre la peste et le choléra, poussé à l’extrême, vous seriez obligés de choisir entre un nazi ou un marxiste, entre Besancenot ou Laguillier. Non, cela n’a pas de sens. La comprommission sur un point fondamental est un mal comme l’a dit Benoît XVI. MJ]

  8. Elle a la vie dure cette démocratie qui nous DIVISE au lieu de nous unir autour d’un roi.
    A quand le seul choix qui fonctionne à long terme sans moindre mal : la monarchie de droit divin ?

  9. A Max,
    Celui qui s’abstient d’un acte mauvais n’est pas moralement responsable de ceux qui le commettent. En d’autre terme, refuser de voter pour candidat cuc et un candidat pro-mariage gay, c’est n’être responsable de l’élection d’aucun des deux. Ce n’est pas donner 50% de mon vote à chacun, c’est donner 0 % à tous les deux.
    “Cette conception relativiste du pluralisme n’a rien à voir avec la légitime liberté qu’ont les citoyens catholiques de choisir, parmi les opinions politiques compatibles avec la foi et la loi morale naturelle, celle qui, selon leur propre critère, correspond le mieux aux exigences du bien commun.” (NOTE DOCTRINALE concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique. card. Ratzinger. 2002)
    Le choix doit se faire “parmi les opinions politiques compatibles avec la foi et la loi morale naturelle”. Cela me parait clair.

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