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Homosexualité : revendication du lobby gay

« Les temps sont à la jacquerie »

De Raphaël Stainville dans Le Figaro magazine :

"[…] La gauche était pourtant persuadée que la mobilisation des antis
allait retomber avec le vote solennel de la loi par les députés. Échec. À
défaut, le gouvernement pensait que la décision du Conseil
constitutionnel mettrait fin au débat et permettrait de clore la
séquence. Il n'en est rien.

Pas un jour sans que des opposants au mariage homosexuel n'organisent
une action, un sit-in, un happening. Une manif improvisé
e. Réveil ou accueil chahuté de ministres à
chacun de leurs déplacements. Une véritable guérilla. Une «résistance
citoyenne», disent-ils encore. Manuel Valls et Christiane Taubira en ont
encore fait les frais à Lyon. En pleine promotion des zones de
sécurité, il a fallu toute l'énergie des forces de l'ordre pour
repousser dans une petite rue adjacente à la préfecture les opposants au
mariage homosexuel qui tentaient de se faire entendre des ministres.

C'est
comme ça tous les jours
. Les opposants au mariage homosexuel étaient
sur le parvis des Droits-de-l'Homme, au surlendemain des émeutes du
Trocadéro. Là, pas de casseurs, mais des Veilleurs. Effet de contraste
garanti. Un sens du timing étonnant. L'avant-veille, soir de la mise à sac du Trocadéro par
les casseurs du PSG, ce petit groupe d'opposants pacifiques était en
bas des Champs-Elysées, derrière le Théâtre du Rond-Point, méditant à la
lumière des bougies la dernière lettre de Marie-Antoinette tandis qu'une
cinquantaine de CRS les menaçaient «d'un an de prison» s'ils
n'obtempéraient pas. Dernière sommation… À 22h55, aux premiers
pétards, les forces de l'ordre levaient le camp au pas de course pour
tenter de sécuriser (trop tardivement) la plus belle avenue du monde.
Les Veilleurs, eux, poursuivaient leur combat pour «alphabétiser à la
politique une génération qui s'est laissé lobotomiser par la
télé-réalité», selon l'expression d'un participant.

Ils ne sont pas seuls. Il faut compter aussi sur les Hommen (en
réponse au mouvement féministe des Femen), les Salopards (parce qu'ils
portent des salopettes roses). Ils se revendiquent du Printemps
français, des LGBTise pour tous. Ce sont les enfants de la Manif pour
tous, les surgeons débordants d'une France qui n'entend pas baisser les
bras et qui a appris à contourner les blocages médiatiques.

Chez
ces nouveaux rebelles, l'info circule sous le manteau. Quelques tracts. A
peine. Des affichettes placardées sur les murs. Guère plus. Des SMS et
des messages relayés sur les réseaux sociaux suffisent à rassembler des
troupes. Internet a tout changé et permis une mobilisation qui n'aurait
pu être il y a quelques années sur le même sujet. Un simple blog comme le Salon beige,
relais non officiel de toutes les informations des opposants,
enregistre plus de 3 millions de connexions par mois depuis la première
manifestation nationale du 13 janvier. A faire pâlir d'envie les sites
de nombreux médias qui n'ont pas la même audience. La Manif pour tous
dispose d'une véritable armée mobilisable à l'envi. Il suffit d'appuyer
sur le bouton
. Comme le reconnaît Arnaud Bouthéon, un membre de la
Barjot Team, «les gentils opposants se sont transformés en militants.
Ils dorment avec leur drapeau de la Manif pour tous
». Toujours prêts à
se mobiliser, ils ont pris goût à la dissidence
. «Jusqu'à présent, ils
vivaient leurs aspirations néoconservatrices comme une maladie honteuse,
avant de s'apercevoir, en descendant par centaines de milliers dans la
rue, qu'ils formaient une minorité puissante», explique Marc Baudriller,
auteur des Réseaux cathos. Aujourd'hui, ils sont décomplexés.

[…] Certains, à droite, voudraient tourner
au plus vite la page du mariage gay, maintenant que la loi est
promulguée. La vérité, c'est que la plupart des dirigeants de l'UMP
n'ont rien vu venir de ce mouvement et n'en comprennent toujours pas les
soubassements
. Ils voudraient pouvoir récupérer le souffle de la Manif
pour tous, mais ne peuvent que constater qu'ils sont à la remorque de
ces néorebelles. Pour preuve, la tentative avortée de Jean-François
Copé, le patron de l'UMP, de transformer la grande manifestation du 26
mai en un référendum contre Hollande. Il a été immédiatement corrigé par
les organisateurs de la Manif pour tous qui entendent rester sur
l'unique terrain de la défense du mariage traditionnel et du droit de la
filiation qui l'accompagne. Eux connaissent les aspirations de leur
base et savent combien ces opposants se méfient des états-majors
politiques qu'ils suspectent en permanence de vouloir enterrer le débat.

Les
temps sont à la jacquerie. Pour preuve, la manière dont les militants
de la Manif pour tous, après avoir investi la rue pendant des mois,
essaient depuis quelques semaines de peser sur la primaire de la droite parisienne.
L'idée a germé au soir d'une énième manifestation sur la pelouse des
Invalides. Avant de se disperser, plusieurs jeunes ont fait passer le
mot d'ordre de s'inscrire pour voter. Nom de code de l'opération: «Paris
sans Nathalie.» L'objectif: privilégier Jean-François Legaret ou Franck
Margain, les deux seuls candidats qui se sont opposés au mariage
homosexuel
. Et faire perdre Nathalie Kosciusko-Morizet,
qui s'est abstenue de voter le projet de loi. «Se payer NKM, ça coûte
trois euros.» Ils jubilent. Et qu'on ne leur dise pas qu'en faisant
battre NKM, ils privent l'UMP de tout espoir de pouvoir l'emporter face à
Anne Hidalgo en 2014. En 2001, lorsque Delanoë a été investi par le PS,
tout le monde criait à «l'erreur de casting». Alors Legaret ou un
autre…

S'ils se montrent peu enthousiastes à l'idée que Frigide
Barjot se transforme en Beppe Grillo de la politique, ces néorebelles
rêvent volontiers d'imposer un virage à la droite, d'obliger l'UMP à
s'engager à revenir sur la loi instituant le mariage pour tous alors que
celle-ci hésite, voire se déchire déjà sur le sujet. Leur seul mot
d'ordre: «On ne lâche rien!»"

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5 commentaires

  1. En plus, je ne pense pas que NKM ait plus de chance qu’un autre candidat UMP de gagner face à Hidalgo. Elle a été donnée récemment par sondage à 39 % contre Hidalgo à 53 %. Il n’est pas certain qu’un autre UMP fasse plus mal. Il pourrait même faire mieux. En tout cas si NKM est battue aux primaires, son rival vainqueur deviendra immédiatement médiatisé et aura autant de notoriété qu’elle.

  2. Personnellement, je souhaite que La Manif Pour Tous se transforme en mouvement politique pour investir et soutenir des candidats aux municipales.
    Une sorte de méga-MPF, moins marqué à droite, sans leader charismatique, axé sur la promesse d’un référendum pour l’abrogation de la loi scélérate de Taubira et la défense de la famille.
    Ce qui implique l’exigence d’un référendum d’initiative populaire, déclenché par 500 000 signatures.

  3. Il suffit d’une personnalité charismatique, adroite face au média, qui donne espoir et fierté au peuple Français, et elle pourra fédérer toutes les forces anti-bruxelloeuropéistes et anti-libéral-libertaires sous sa banière.
    Cela ferait exploser l’UMP et probablement le FN.
    Il n’y a plus qu’à ramasser le travail fait par la MPT. Mais à ce jour personne n’émmerge.

  4. Il n’y a rien à attendre du jeu electoral actuel, surtout quand on voit le verrouillage et la connivence qui unit objectivement l’UMP et le Ps. Il faut reconquérir les esprit, oser parler partout. À tous. C’est incroyable comme les gens tombent des nues lorsqu’on leur donne juste quelques éléments en les enjoignant à vérifier par eux-mêmes, via des sources neutres et étrangères…. Mais le patouillante électoral est vraiment inadapté car pour gagner des voix, hélas, avoir des idées est un handicap, et ne pas changer d’avis, une tare.

  5. La patouille électorale.

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