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Bioéthique

Les mères porteuses et la chosification de l’enfant

Pierre-Olivier Arduin signe une tribune dans Valeurs Actuelles à propos des mères porteuses, qu’un groupe de travail au Sénat cherche à légaliser. Extraits :

"Que recouvre ce nouveau brouillage de la procréation ? Deux cas de figure sont envisageables. Soit la mère porteuse loue son utérus afin que l’embryon issu des gamètes des parents biologiques et conçu par fécondation in vitro y soit implanté. Soit elle est inséminée artificiellement par les spermatozoïdes du père en fournissant un de ses ovocytes. Dans cette formule, la mère porteuse est tout à la fois la mère gestatrice et la mère génétique. Dans les deux cas, la mère d’intention ne deviendra la mère légale qu’après une procédure d’abandon de l’enfant à la naissance. Mesure-t-on les dommages psychologiques chez l’enfant averti que la mère qui l’a mis au monde n’est pas celle qu’il croit ? D’aucuns y voient pourtant l’équivalent d’une adoption. C’est oublier que les parents adoptants se situent dans une perspective d’accueil d’un orphelin déjà là. Ils ne sont pas la source de l’existence de cet enfant au passé douloureux, mais lui ouvrent leurs bras et leur foyer dans une dynamique de participation à une histoire qui les dépasse.

La gestation pour autrui bricole la filiation en faisant naître en toute connaissance de cause un orphelin de la mère qui l’aura porté. Elle tient pour rien la relation materno-foetale au moment où son apport à l’épanouissement de l’enfant est de plus en plus avéré. […]

Ce modèle, outre qu’il détruit irrémédiablement la réalité objective de la maternité, heurte de plein fouet le principe intangible d’indisponibilité du corps humain. La mère porteuse met à disposition des requérants ses fonctions reproductrices, entraînant une confusion entre procréation, reproduction et simple production d’une marchandise, l’enfant, au moyen d’un instrument de travail, son utérus. Le tout contre rémunération. […] La chosification de l’être humain atteint ici son acmé. […]

Les choses ont un prix mais l’homme a une dignité, loi fondamentale de notre civilisation. Se posera inévitablement la question de la “qualité” du produit négocié dans le contrat : qu’adviendrait-il si celui-ci ne répondait pas au désir des commanditaires, en cas de handicap par exemple ? […] L’enfant, à l’état embryonnaire ou foetal, y est appréhendé dans un rapport de fabrication où seuls comptent la matière première (les gamètes), l’ingénierie procréative et le tout-puissant projet parental. Du pain bénit pour le lobby gay dans son désir d’homoparentalité."

Michel Janva

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