Les médias LGBT n'intéressent personne

Autre extrait de l'enquête de Minute :

"C’est finalement à
l’automne 2005 que Pink TV devient l’étendard de la communauté
homo sur le petit écran. Pas longtemps:
la chaîne n’offre que deux
heures d’émissions originales par
jour, en dehors des films pornos
. Le
reste de la grille est consacré à des
rediffusions. Le principal problème
de Pink TV est de proposer des programmes
« culturels » représentatifs
de l’univers gay. En dehors de la
sexualité et des clichés sur la frénésie
consumériste comme art de
vivre, le défi est difficile à relever
.
Aujourd’hui, le plantage est à peu
près complet. De moins en moins
d’opérateurs diffusent Pink TV en
clair deux heures par jour
. […] Les gays tentent de se rattraper
avec la presse écrite. Là encore, le
nombre supposé d’homosexuels en
France ne se ressent pas sur les ventes…
Ainsi, le 8 mars, sept ans
après son lancement, le bimestriel
« Pref », a été placé en liquidation
judiciaire
par le tribunal de commer
ce de Nanterre. […] le
mensuel « Têtu », fer de lance de la
presse gay, […] ne doit lui-même son
salut, depuis sa création en 1995,
qu’au soutien financier du milliardaire
socialiste Pierre Bergé (actionnaire
unique de la société éditrice
de « Têtu » et principal actionnaire
du « Monde »). L’instauration, en
2000, d’un « cover boy » (sic) en une,
avait permis d’accroître la diffusion
du titre, avant un essoufflement
certain. Il a fallu attendre l’arrivée,
en 2008, de Gilles Wullus comme
directeur de la rédaction pour que
le titre se redynamise. De nouvelles
thématiques (déco, auto) ont été introduites à l’occasion d’une refonte
en septembre 2011. Le cover boy a
été remodelé pour gommer son côté excessivement « sexuel ».
Mais « Têtu » ne peut toujours
pas compter sur ses lecteurs (seulement
7633 abonnés en 2012). La direction a donc décidé de tout miser
sur les annonceurs, spécialement
dans le domaine du luxe – particulièrement
« gay friendly ».
Pierre Bergé souhaite atteindre
les 80 % de recettes provenant de la
publicité, afin de continuer à faire
exister un titre qui ne se vend pas,
mais impose ses couvertures comme autant de tracts idéologiques
dans les maisons de la presse."

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