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France : Politique en France

Les exclus de notre société, ce ne sont pas les immigrés

Dominique Morin a publié une tribune dans Présent sur le vote catholique :

"L’échéance électorale approche et les hostilités sont ouvertes. Sur un thème pourtant surexploité, un député et un prêtre catholique viennent d’écrire un livre [Extrême droite, pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire, par Etienne Pinte et Mgr JacquesTürk] pour mettre en garde les électeurs catholiques contre la tentation du vote Front national. L’Eglise catholique possède un trésor de doctrine fondé sur l’enseignement de Jésus-Christ et pense, dans sa grande sagesse, que la gestion de la société relève du jugement prudentiel des autorités politiques, de la saine et légitime laïcité, dans la recherche du bien commun, pas d’une application littérale des principes évangéliques.

Usons d’une analogie. Le simple bon sens nous dit qu’un père de famille qui distribuerait de l’argent qu’il ne possède pas ou accueillerait sans restriction des étrangers sous son toit s’il ne peut d’abord nourrir et loger sa famille, manquerait gravement à ses devoirs de père et de chrétien par une générosité mal placée. Car si la charité privée peut se permettre quelques excès, la responsabilité d’un pays comme une charge de famille est de gérer ce dont elle dispose au plus juste. Or, la France emprunte pour payer l’intérêt de sa dette et ses charges, mais persiste dans une générosité imprudente à l’égard de tous ceux qui peuvent venir s’installer chez nous. Alors même que de plus en plus de ses propres enfants, y compris des étrangers intégrés, ne parviennent plus à se soigner, se loger et se nourrir décemment. Observons en ce moment l’indigence des moyens dont dispose notre pays pour secourir les sans-logis et toutes les personnes pauvres face aux rigueurs hivernales. Les élus catholiques qui, au nom d’une charité fallacieuse, évacuent cette réalité manquent gravement à leur devoir d’état, qui est l’expression politique de la charité.

Mais soyons assurés tout de même qu’ils se gardent de pratiquer leur utopisme borné dans leur propre vie familiale ou paroissiale. Sinon, nous en serions vite avertis, à la rubrique des faits divers.

C’est une particularité de notre société française : quand on parle entre autres de politique d’immigration, le bon sens n’a plus cours. Seuls ont droit de cité les bons sentiments qui dispensent de raisonnement et les accusations mensongères voire infamantes à l’égard du contradicteur. Cette pensée magique interdit tout sain et légitime débat sur l’indépendance de notre pays et la répartition des biens dont il dispose dans un souci de justice authentique.

L’ouvrage de ces deux bien-pensants leur a été commandé par la JOC dont le projet « défendre et remettre au centre l’Homme et les valeurs de paix et de tolérance, dans une perspective démocratique et laïque » ne comporte aucune référence chrétienne, ce qui ne les empêche pas de prétendre ici nous donner des leçons de catholicisme. Ces lecteurs apparemment distraits de la doctrine sociale de l’Eglise abusent des habituelles calomnies à l’encontre des partisans de la préférence nationale, sans originalité d’ailleurs, dans la détestable tradition de certains catholiques plus préoccupés de contribuer à marche forcée à un très improbable paradis terrestre, sans frontières ni identités, qu’à l’avènement du royaume des cieux. Nous pouvons opposer à ce cléricalisme mal placé que la souveraineté nationale et la politique économique et sociale ne sont pas du domaine de la compétence du clergé et qu’utiliser des arguments fallacieux, voire malhonnêtes, pour arriver à ses fins discrédite la cause qu’on prétend servir.

Par contre, là où nous attendrions une parole forte de ces chrétiens engagés à l’occasion d’élections majeures pour notre avenir, c’est à propos des points non négociables, que le Saint-Père rappelle sans relâche, à savoir la protection de la vie de la conception à la mort naturelle, la promotion et la défense de la famille composée d’un homme et d’une femme et le droit des parents d’éduquer leurs enfants. Contrairement à ce que ces auteurs, et certains clercs, essaient d’insinuer, il n’existe pas d’autres points non négociables qui atténueraient ou supplanteraient cette obligation grave pour la conscience de l’électeur catholique.

Comme ils ne font pas référence à ces exigences doctrinales, et se taisent sur les autres programmes politiques, on peut leur faire remarquer que le programme du Front national qu’ils accusent de tous les méfaits est un des très rares à ne pas être en contradiction avec les points non négociables. Je ne dis pas que tout y est satisfaisant pour autant. Mais presque tous les autres programmes sont irrecevables pour une conscience droite.

Cette désinformation, entretenue depuis longtemps dans nombre de paroisses et revues chrétiennes, en opposition à la doctrine de l’Eglise, devient à force insupportable. Quand un récent sondage confirme que les catholiques voteront majoritairement pour des candidats hostiles à la doctrine traditionnelle de l’Eglise, on déplore, et le mot est faible, que l’énergie déployée à accuser la droite nationale de torts imaginaires ne soit pas employée à défendre une véritable politique familiale, le respect de la vie, et la liberté scolaire.

Parce que les véritables exclus existent bien dans notre société mais ils n’intéressent pas grand monde en période électorale. Ce sont les enfants trisomiques et tous ceux, suspectés d’être porteurs d’une anomalie quelconque, pourchassés dans le ventre de leur mère pour les exterminer, les malades et vieillards, qui contrarient l’utilitarisme de notre société de « progrès » et qu’on menace de tuer au nom d’une pitié fallacieuse. Ce sont aussi ces familles qui contribuent tant à l’éducation des citoyens, sans recevoir en retour le soutien nécessaire à cette œuvre indispensable. Ce sont enfin ces trop nombreuses écoles catholiques où n’est plus assurée la transmission de la foi et le simple accès des élèves à la connaissance du bien, du beau et du vrai.

Les catholiques ne peuvent qu’être rebelles à une société moralement désordonnée, promotrice d’une idéologie totalitaire. Mais des bergers égarés ou des loups déguisés en brebis tentent de détourner leur conscience du véritable bien commun. En empêchant une gestion juste et raisonnable des biens dont nous disposons, ils contribuent à faire croître le ressentiment et la violence qui rendent la fraternité et la paix de jour en jour plus improbables. En ne contribuant pas à rendre à la famille sa place privilégiée dans l’éducation, et à l’école sa mission de permettre aux enfants d’aimer le bien pour toujours, ils contribuent à asservir l’homme à l’esprit du monde. En ne contribuant pas activement à agir contre la pire des injustices, les atteintes graves à la dignité humaine que connaît notre civilisation, ils nous soumettent à la perversion de la charité que sont ces « [vertus] chrétiennes devenues folles »."

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9 commentaires

  1. Remarquable de bons sens et de sagesse. L’usage de l’analogie avec le père de famille est particulièrement juste et parlante.
    Merci à Dominique Morin !

  2. Remarquable ! Les pharisiens, souvent très satisfaits d’eux-mêmes, devraient méditer ces propos de grand bon-sens, malheureusement pas si bien partagé que certains ont prétendu qu’il l’était…

  3. La préférence nationale est une doctrine chrétienne qui permet à chacun d’agir en toute charité envers son prochain. Il est normal d’être servi en priorité avant les autres. Même nos compagnons à quatre pattes défendent leurs progénitures et les défendent…

  4. Sauf erreur, et ce n’est pas difficile de prouver que c’est la parole des papes, Jean-Paul II et Benoît XVI, les députés qui ont voté la loi Veil (et qui, a fortiori, comme Monsieur Pinte, sont même intervenus en sa faveur: la référence au Journal Officiel de 1974 circule sur Internet) seraient excommuniés. Les catholiques seraient trop bons de ne pas le lui faire remarquer?

  5. Quels parents, à moins d’être franchement cinglés, flanqueraient leurs enfants à la porte pour accueillir des enfants étrangers ? Il faut reconnaitre à Jean Marie Le Pen le mérite d’avoir dit cela il y a longtemps :  » je préfère ma soeur à ma cousine, ma cousine à ma voisine, ma voisine à etc… » En effet, même un quadrupède sait cela!

  6. Dommage que monsieur Pinte, ump,ait voté la loi veil.Mgr Turk devrait mieux choisir ses relations….Tout ce petit monde invoque a une « saine et légitime laïcité » en application de la DSE.Cherchez l’erreur…!

  7. Comme il est dit dans l’article, l’épiscopat français, du moins ceux qui s’expriment en son nom, ont prétendu développer des « points non négociables » qui ne sont pas ceux soumis aux catholique par Rome pour choisir comment voter en fonction des priorités morales de la DSE. En agissant ainsi, ces pseudo-points viennent relativiser les vrais points et rendre impossible de voter pour un candidat en faisant la promotion.
    C’est un tour de passe-passe que ce livre vient nous resservir, dans un abus de cléricalisme et une escroquerie morale et intellectuelle.

  8. Rendez à César ce qui est à César….à rappeler à certains ‘ religieux ‘(?)

  9. Merci pour ce très bon article…

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