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Bioéthique

Les enfants nés d’un don de sperme le vivent mal

Lu sur le blog de Jeanne Smits :

"aujourd'hui dans le monde, on compte environ un million d'enfants nés
d'un don de sperme, souvent anonyme. Alors que l'on tente en France
d'opposer des limites à la possibilité d'accoucher « sous X », au nom du
droit de connaître ses origines, les naissances résultant de dons de
gamètes fait partie des tabous auxquels on ne touche pas. Mais selon une
étude réalisée par Elizabeth Marquardt de l'Institute for American
Values
d'après des données d'envergure, bien des jeunes ainsi conçus
ne vont pas bien, voire pas bien du tout.
[…] Pour Elizabeth Marquardt, il est évident que l'enfant – dès lors qu'il
n'est plus perçu comme un don mais comme « moyen pour atteindre nos fins
– en tant que travailleur, assurance pour les vieux jours ou bien
d'autres objectifs », devient un « bien de consommation », vision qui
est facilitée de manière « glaçante » par les techniques de procréation
artificielle, et qui est entrée plus nettement dans la réalité par
l'avortement et la contraception, note-t-elle :

«Au cours de notre enquête nous avons évalué le sentiment
d'identité, les liens familiaux, la justice sociale et le bien-être. En
somme, nous avons découvert que les adultes conçus par donneur, comparés
à ceux qui ont été adoptés ou conçus par leurs propres parents
ressentent davantage une blessure, sont dans un plus grand état de
confusion, et sont davantage isolés de leurs familles lorsqu'ils
grandissent, et sur des  points importants ils réussissent moins bien
que ceux élevés par leurs parents biologiques ou adoptifs.»


Ils ont tendance à dire qu'ils ignorent d'où vient « la moitié
d'eux-mêmes » et qu'ils en souffrent, qu'il ressentent cela comme « une
perte », une perte que nul n'est prêt à reconnaître. […] Pourquoi l'adoption marche-t-elle mieux que la conception avec donneur ?
Réponse d'Elisabeth Marqhardt :

«Je crois que c'est parce que l'adoption est une institution et que
la conception avec donneur est un marché. […]
la conception avec donneur est un marché développé en
vue de procurer des enfants aux parents qui les veulent. Et de l'argent
peut changer de mains – cela arrive aussi dans le cadre de l'adoption
mais ça sent le trafic d'enfants et est sévèrement réprimé – mais la
conception avec donneur est  de la vente d'enfants, c'est bien cela, par
nature. Ils vendent les pièces détachées pour faire des bébés. Et
l'impact sur les enfants est tout autre : ils le savent, et quelque 40 %
de ceux que nous avons interrogés nous disent que ce fait les dérange.
En outre, un enfant adopté sait que ses parents biologiques se sont
vraiment rencontrés et se sont connus – au sens biblique et en d'autres
sens – tandis que ceux conçus avec donneur doivent se débattre avec
l'idée que leurs parents ne se sont littéralement jamais rencontrés. Ils
sont environ 10 % à se considérer comme une erreur de la nature ou
comme une expérience de laboratoire.»"

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9 commentaires

  1. à lire à ce sujet :
    “né de spermatozoïde inconnu” de Arthur Kermalvezen (éditions “j’ai lu” – 2010)l’auteur a été conçu de cette manière et parle de ses difficultés.

  2. A lire : “Né de spermatozoïde inconnu” d’Arthur Kermalvezen. L’auteur raconte ses angoisses, notamment de la rencontre incestueuse avec une demi-soeur dont il ignorerait partager le sang.
    Un jour où je mentionnais le risque d’inceste, un médecin épris de psychanalyse m’a répondu que c’était un fantasme présent chez tout enfant… Bien sûr, donc continuons le mal.

  3. Les enfants “100% désirés” (conçus par insémination artificielle) ne sont pas 100% acceptés par ceux-là même qui ont “tout fait” pour les avoir.
    J.S. s’en fait l’écho,
    http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2010/06/enfants-100-desires-sils-sont-100.html
    le S.B. l’avait également évoqué récemment.

  4. Nos dirigeant ne veulent pas que l’on puisse ignorer sa mère (féminisme et néo-matriarcat oblige), mais ils font tout (permissivité sexuelle, divorce, don anonyme de sperme… aidant) pour que l’on ait le minimum d’attaches paternelles.
    Ceci – ainsi que de nombreuses études psychologiques l’ont montré – favorise, par gommage de l’image symbolique du père : la disparition de la notion de “patrie”, ainsi que celle de famille, la moindre transmission des valeurs ainsi que celle des codes et devoirs sociaux, la non-différentiation statutaire sexuelle et l’homosexualité, la perte du principe de réalité et l’inconsistance du soi, la recherche compensatrice d’une autorité pseudo-paternelle autoritaire (voire tyrannique et maffieuse); ceci, enfin, diminue la croyance en Dieu, etc.)
    Cette politique qui atteint maintenant son accomplissement n’est pas nouvelle, déjà, Joseph-M. Lequinio (Montagnard, marieur de prêtres, “épurateur” en Vendée, anti-théiste militant… ) affirmait : “Il serait heureux pour l’espèce humaine que tous les enfants ne connussent point leur père.” A ce programme de “déconstruction” répond ce commentaire récent d’Élisabeth Badinter sur cette époque (dont nous ne sommes sortis qu’épisodiquement) : “On aura compris que le rejet du Roi et du père est encore plus profondément celui de toute transcendance”.
    Les suppôts du malin ont de la suite dans les idées en politique, et ce ne sont pas les girouettes genre “Christine Boutin” qui y changeront quelque chose.

  5. Balzac disait qu’en coupant la tête du roi, on a coupé toutes les têtes du père. Depuis la révolution, la république démantèle petit à petit l’autorité du père, puis des parents.
    “les enfants sont propriétaires de l’Etat, les parents ne sont que les dépositaires” Robespierre.

  6. Ce qui montre que le role du pére ne reste pas géniteur mais bien plus …

  7. “Pour Elizabeth Marquardt, il est évident que l’enfant – dès lors qu’il n’est plus perçu comme un don mais comme « moyen pour atteindre nos fins – en tant que travailleur, assurance pour les vieux jours ou bien d’autres objectifs », devient un « bien de consommation ».”
    Ce qui relativise l’argument “interdisons l’avortement pour protéger nos retraites”.

  8. Merci de nous informer. N’ayant lu aucun des ouvrages cités plus haut,jet ne connaissant aucun jeune né ainsi, je me demandais quelle pouvait être leur sentiment.
    Je vois que, comme tout ce qui est contre nature, le résultat est néfaste. Je plains ces gens, mais ils ont tous un Père dans les cieux.

  9. Plusieurs jeunes américains, nés par insémination, ont lancé, en 2005, des recherches sur Internet.
    Un exemple :
    http://www.nytimes.com/2005/11/20/national/20siblings.html?ex=1290142800&en=6aea0ba731e2966c&ei=5088&partner=rssnyt&emc=rss
    Et il y a eu un reportage, sur LCI, en août 2006, sur le sujet.

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