Les conservateurs sont nombreux et représentent une force politique de premier plan

De Henri Hude :

"[…] Il y avait là, plutôt, un million de cadres de la nation. Des
familles solides, beaucoup de jeunesse, des gens à convictions, des
patrimoines, des professionnels, des positions sociales
. Cela aussi est
un fait. C’est une force et c’est aussi une faiblesse. Mais c’est plutôt
une force. Il existe donc dans ce pays un million de personnes de
ce niveau et capables de se mobiliser ; sans doute y en a-t-il
davantage de mobilisables.

Ce
million s’est compté lui-même. Il n’a plus peur. Il sait qu’il est un
million, donc il sait qu’il est des millions.
Le Président aurait
beaucoup gagné à pouvoir observer les visages graves et sérieux de ces
hommes et de ces femmes, quand ils lui criaient : « François, François,
ta loi on n’en veut pas ! » Ce n’était pas du déchaînement passionnel,
mais plutôt une nouvelle force de résolution réfléchie, raisonnable,
volontaire et décidée – et pacifique.

Et
pourtant, il n’y avait pas encore là une force guidée par une stratégie
politique. La simple opposition est importante mais ne constitue pas un
programme. Il n’y avait pas non plus de grand leader politique. Mais
quel leader politique existant aurait pu se mettre à la tête d’un tel
rassemblement ? Cela montre bien qu’il y a en France des masses entières
qui ne sont pas représentées.
Car,
malgré l’astucieux habillage médiatique de la manifestation, malgré la
coalition habilement formée, le noyau dur de ce rassemblement était
majoritairement catholique et conservateur, et, par habitude plutôt à
droite.
Mais justement, posons aujourd’hui cette question : quand on est conservateur, est-on encore à droite ?

Nous
aimerions prendre un peu de recul en posant une autre question qui, en
apparence, n’a rien à voir, mais qui est pourtant connexe : « Et quand
on appartient aux classes populaires, est-on encore de gauche ? » En
effet, le Parti socialiste, en lançant la grande libéralisation
économique du pays à partir des années 80, en union sacrée sur ce point
avec la droite néolibérale, a détruit le capitalisme industriel et local
pour favoriser le capitalisme financier et mondialisé. Il a fait passer
le pays d’un modèle économique où l’objectif était le développement et
le progrès social, à un modèle où la seule règle est l’optimisation du
retour sur capital, sur une base mondiale. Un jeu économique dans lequel
un système de solidarité, même bien géré, est un luxe qu’on ne peut pas
se payer. Est-ce là une politique servant les intérêts populaires ? Ainsi, les couches populaires ne sont pas représentées non plus par la classe politique.

[…] Cette
manifestation changera-t-elle quelque chose à court terme ? Nous
souhaitons tous qu’elle influence le débat sur le mariage. Mais si tel
ne devait pas être le cas, quelque chose d’essentiel aurait néanmoins
été accompli : la prise de conscience par les conservateurs qu’ils sont
nombreux et qu’ils représentent une force politique de premier plan, si
un jour ils savent se donner une stratégie de gouvernement.
[…]"

8 réflexions au sujet de « Les conservateurs sont nombreux et représentent une force politique de premier plan »

  1. Dominique

    Et ce qui est hors du temps, ce qui demeure, ce n’est pas un régime de court terme, qui ne pense qu’à la prochaine élection et l’idéologie, c’est un régime de long terme, tourné vers le bien commun,la dignité de la personne, protecteur des plus faibles (inclus dans le serment du sacre du Roi de France) et les futures générations : la Royauté.
    Je me demande si la prophétie de Pie XII n’est pas en train de se réaliser depuis le 13 janvier : “la révolution à l’envers, le changement d’institutions et le retour de la Monarchie, d’une Monarchie moderne et musclée”
    Vive le Roi !
    A bas la république !
    Ta loi, on n’en veut pas !

  2. tadea

    D’accord avec RH
    Il faudrait pouvoir utiliser un autre mot que “conservateur” qui évoque l’immobilisme et sent la naphtaline.
    Et si on lançait un concours pour proposer un remplaçant ?
    “Ce million s’est compté lui-même. Il n’a plus peur. Il sait qu’il est un million, donc il sait qu’il est des millions. ”
    Je fais partie de ces millions auraient voulu marcher à Paris.
    Je l’ai fait d’une autre manière.
    Cette manifestation m’a redonné de l’espoir.

  3. jalil

    Bonjour a tous
    J’aime la fraicheur intellectuelle de cet article ; j’aime ce miroir qui me renvoie mes pensées enfouies qui coulaient autrefois du sein de Marianne ,et qui n’abbreuve plus rien aujourd’hui.
    J’aime partager cette idée que ma France est Autre ; j’entends sourdre cette colère froide qui rappelle aux vaniteux
    névropathes débordants de phantasmes plus décalés les uns que les autres au sommet desquels trone Jack l’infame , que cette France est FRANCE , indiscutable , imperturbale , inalienable ….en un mot , eternelle .
    Elle n’est pas le jouet d’un tel ou d’un tel.
    En cela , ceux qui n’ont pas defilé , dont je suis , et qui pensent et vivent la meme colere froide , ne sont pas des millions ;ils sont bien plus que cela . Ils sont la FRANCE au travers de toute son HISTOIRE , son ADN , sa Colonne Vertebrale , sa raison d’exister et de rayonner dans le concert des Nations ici et au dela du temps et de l’espace .
    Pauvres de vous qui croyez savoir !
    Merci a Vous Michel Janva

  4. Maïe

    Tout est vrai, sauf que le peuple était là. Et s’il faut revenir passer une deuxième couche, hé bien on sera encore là, surtout si nos évêques et ceux qui ont pu se former à l’université grâce aux contributions des autres veulent bien se mettre en tête de cortège.
    Et cela vaudra mieux, car sinon ça pourrait mal finir, parce que si nous ne sommes pas assez nombreux pour que Normal 1 nous reçoive à l’Elysée, peut-être le seront nous assez pour l’en chasser.

  5. PG

    @ RH
    Conservateur doit et peut devenir un mot ”moderne” : quand il s’agit du patrimoine, on dit bien conserver ?
    Quand il s’agit du patrimoine moral européen et chrétien, il en va de même.
    Ne laissons plus la gauche définir nos mots.

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