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Pays : International

Les chrétiens face à la mondialisation

La Lettre de St Maur du mois de mai aborde le sujet de la mondialisation. Extraits :

M "Que nous l’acceptions ou non, deux constats s’imposent à nous dans leur réalité quotidienne : d’une part le monde a considérablement évolué et d’autre part la mondialisation est un fait ; les deux sont du reste étroitement liés dans un processus qui s’auto-alimente. […] Face à cette situation nouvelle, il semble que Keynes soit mort à la fin du XXe siècle. Sur sa dépouille renaît alors un nouveau libéralisme prônant une forte libéralisation des marchés. Les théories keynésiennes de régulation ont montré leurs limites, le libéralisme revient en force et type nettement l’économie, lui donnant pour quelques années encore une orientation dont pourtant nous sommes en train de revenir. Le fort isolement des individus côtoie précisément des regroupements d’intérêts, des lobbyings qui, face à l’individualisme ou à l’indifférence, s’imposent peu à peu comme maîtres à penser plus ou moins totalitaires.

Notons que l’augmentation rapide des niveaux de vie, grâce à la croissance économique, a permis l’apparition dans les pays développés de programmes sociaux systématiques, permettant ainsi de réduire la pauvreté matérielle et les inégalités sociales. En revanche nous voyons apparaître des laissés pour compte de l’expansion, alors que se développe l’exclusion. Le consumérisme surdéveloppé dans certaines régions du globe se double souvent d’un égoïsme et ils expliquent à eux deux bien des orientations morales actuelles. « Il n’est pas mauvais de vouloir mieux vivre, mais ce qui est mauvais, c’est le style de vie qui prétend être meilleur quand il est orienté vers l’avoir et non vers l’être », rappelle l’encyclique Centesimus Annus. Ainsi l’image de l’homme tend-elle à être subordonnée non aux dimensions intérieures et spirituelles, mais physiques et instinctives. […]

N’ayons pas trop vite pourtant une vision défaitiste. Face à ce réel problème de la maîtrise de notre société, une prise de conscience voit peu à peu le jour. Dans cette optique, de nombreuses études ont été menées récemment en vue de mieux comprendre les mécanismes actuels. Malheureusement, nombre d’entre elles se bornent à décrire la situation, parfois à en discerner les causes, mais les mécanismes, et donc leur régulation, restent très partiellement expliqués pour ne pas dire totalement inconnus parfois. L’un des enjeux de la pensée sociale chrétienne est de démontrer qu’une analyse chrétienne peut permettre bien souvent de traiter les problèmes, en raison même de cette vision synthétique qui lui est propre. Dans la pensée chrétienne, l’homme est un tout en lui-même et avec le monde qui l’entoure. Son travail, sa santé, sa famille, ses loisirs s’équilibrent dans la construction unifiée de son être et de la société, donc aussi de l’autre. C’est cette vision organique et solidaire (au sens technique du terme) que Jean-Paul II a voulu promouvoir encyclique après encyclique, voyage après voyage. La spécificité de la pensée sociale chrétienne est précisément, en effet, ce regard unifié et synthétique qu’elle porte sur l’homme. Une pensée faite d’équilibre et de respect de l’être humain dans sa vérité profonde de personne et non dans sa dimension particulière d’individu interchangeable. C’est parce qu’il est une personne que l’être humain est un être éminemment social, car la notion de personne inclut de façon intrinsèque la dimension de relation à l’autre que ne prend pas en compte la notion d’individu. Il me semble que si nous lisions les difficultés et les enjeux du monde d’aujourd’hui avec cette clef de lecture personnaliste, nous répondrions à bien des questions parmi les plus douloureuses. On peut chercher des solutions économiques et sociales, des nouveautés politiques, mais si celles-ci ne sont pas destinées à l’épanouissement de l’homme dans sa vérité, y compris relationnelle, nous continuerons à mettre des pansements sur une jambe de bois. Le monde change et la mondialisation elle-même se transforme, mais leur mutation est aléatoire car elle n’est habitée par aucune volonté capable de l’animer et de la conduire. Dans sa course en avant, parfois anti-chrétienne, le monde d’aujourd’hui cherche un sens qu’il ne parvient pas à se donner, car il ne peut plus l’enraciner dans une conception de l’homme acceptable par l’homme lui-même. Celui-ci sent bien que ces schémas préétablis qu’on tente de lui imposer, l’ étouffent, car il y a toujours dans ces schémas, une part de sa personne qui n’est pas satisfaite. On compense l’absence d’épanouissement de l’être par le développement de l’avoir, or l’avoir renvoie à l’individu et donc le ferme sur lui-même. À l’heure où le monde change et où les plus grandes instances s’en émeuvent, nous avons, en tant que chrétiens, l’impérieuse urgence de redonner au monde le sens aigu de la personne et la vision synthétique et unifiée qui lui est attenante. L’homme est un tout uni à l’ensemble de ces autres ’tout’ qui l’entourent. Ensemble ils constituent cet autre tout unifié qu’est le monde. C’est la solidarité au sens chrétien du terme. Cette solidarité repose sur des valeurs essentielles qui découlent de la dignité même de la personne et qui se distribuent en droits et en devoirs qui nous imposent, à l’opposé de la réaction de Caïn, d’être responsables de nos frères, c'est-à-dire de leur épanouissement plein et entier. Toute la pensée sociale de l’Église découle de là."

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1 commentaire

  1. Article de bonne intention mais qui se trompe.
    Il n’y a pas de différence entre Keynes et le libéralisme car les deux sont pour une large expansion monétaire dirigée.
    L’un par mécanisme indéfini : “Demain, mais demain nous serons tous morts !” ou l’art de ne pas résoudre l’équation.
    L’autre par un système de cartels multiples et nombreux et une expansion spéculative.
    C’est la même chose!
    Il n’y a que nos bons professeurs d’économie et ceux qui les écoutent pour voir une différence que l’on fait bien entendu correspondre au gauche/droite anglais.
    Ce mécanisme gauche/droite comme le savent ceux qui ont étudié qq peu la neurologie correspond à une disposition préalable de notre cerveau presque pour toute question.
    Le système monétaire organise la pauvreté et ne la réduit pas : il le fera seulement lorsque les sociétés qu’il a formées (celles du global Fortune 500) auront la capacité d’engloutir secteur par secteur toute la planète.
    Ne pas avoir cette conscience économique ne permet pas d’avancer.
    La solidarité prônée ici ne répond pas à l’enjeu macro que semble poser l’article, elle s’inscrit dans un programme de soupape a minima qui correspond exactement à la démarche du global-parti mondialiste et en y souscrivant indirectement par la compassion les acteurs par le fait y adhèrent….!
    A ce rythme les questions d’aujourd’hui seront traitées dans 10 ans. Je suis un peu méchant mais la réalité est bien là.
    Au fait mais pas hors sujet, le Festival va couronner un film ouvertement millénariste “Tree of Life” qui informe sur cette propagande mondiale ?
    Voila comment viennent les idées, s’y conforment les foules et avance l’économie.

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