Les avocats des parents de Vincent Lambert déposeront un recours auprès du Tribunal Administratif

Près de 90 000 personnes ont signé l’appel pour sauver Vincent Lambert.

Les avocats des parents de Vincent Lambert déposeront demain un « référé-liberté » auprès du Tribunal Administratif de Chalons en Champagne. Ce recours est suspensif et fait valoir des éléments médicaux laissés sciemment de côté par le docteur Sanchez du CHU de Reims. De nombreuses incohérences sont dénoncées par les avocats qui ne cessent de rappeler que Vincent ne fait pas l’objet d’une obstination déraisonnable.

«Je n'ai aucune déclaration à faire.» C'est ce qu'a écrit, vendredi soir, le Dr Vincent Sanchez, au bas de la «sommation interpellative» qu'un huissier lui présentait, à la requête des parents, d'un frère et d'une soeur de Vincent Lambert. Les avocats accusent :

«Ce silence méprisant est en outre d'une scandaleuse inhumanité!».

C'est la quatrième décision en ce sens en cinq ans. Me Paillot, l'un des avocats des parents, explique :

«C'est sur le terrain médical que nous allons nous placer, explique. Ce n'est pas un recours de principe. On fait valoir des éléments médicaux qui ont été sciemment laissés de côté par le médecin.»

Dans sa décision de 17 pages, le Dr Sanchez décrit Vincent Lambert comme un patient «en état végétatif chronique », aux «lésions cérébrales incurables et irréversibles» et sans «code de communication, même minimal». Pourtant, «en soi, cet état ne peut selon nous, qualifier une obstination déraisonnable», souligne-t-il.

Sur quoi fonde-t-il sa décision?, interroge Me Jérôme Triomphe, l'autre avocat des parents. Le fait que les soins quotidiens soient qualifiés de «difficiles», «ses réactions interprétées comme de l'opposition au regard de ce que l'on sait de lui, de sa pudeur», comme le note le médecin, scandalise les avocats. Depuis quand «des signes d'inconforts», des «sentiments de contrainte», tels qu'invoqués comme «arguments médicaux particuliers de la décision d'arrêt des soins», peuvent-ils justifier une obstination déraisonnable?, s'offusque Me Triomphe. Avant de souligner également «l'incohérence» du Dr Sanchez, «qui pense que Vincent Lambert n'a pas de conscience tout en continuant à vouloir interpréter des oppositions de soins comme signes de conscience…».

Autre motif d'indignation des parents: lors d'une audience, vendredi, Rachel Lambert, épouse et tutrice de Vincent, s'est dite d'accord pour que leurs horaires de visite soient assouplis, «mais uniquement à compter de la sédation terminale». «Nous craignons l'alimentation forcée», justifie le conseil du CHU. Me Triomphe s'insurge :

«Leur seule crainte, c'est qu'en élargissant les horaires au moment où il est le plus éveillé, les requérants puissent donner à manger à Vincent Lambert par la bouche et justifier ainsi la nécessité d'une rééducation ! Cela montre que le Dr Sanchez et Rachel Lambert savent très bien qu'il serait capable de remanger par la bouche. Il s'agit là de la démonstration définitive d'une non-assistance à personne en péril.»

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