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France : Politique en France

Les aspects positifs de la campagne de Reconquête

Les aspects positifs de la campagne de Reconquête

Analyse par Damien Rieu :

Je comprends la déception de chacun, mais il y a beaucoup de choses positives à retenir. Voici les plus importantes, celles qui me viennent à l’esprit ce soir :

1. Nous avons perdu malgré nous

Alors qu’il était qualifié pour le second tour et que nos thèmes prenaient le dessus (grand remplacement, insécurité, grand déclassement) Zemmour a subi deux phénomènes totalement incontrôlables. Surtout quand il n’y a pas eu de débats et de vraie campagne.
– la guerre en Ukraine
– le vote «utile » de beaucoup de patriotes pro-Z par peur de Mélenchon.

2. Cette campagne a été très productive : jeunesse, idées, union politique et sociale, réseaux.

Une vraie génération a émergé, portée par des nouvelles personnalités qui ne sont pas sectaires avec le RN et les LR. Ce n’est pas une défaite qui l’empêchera de grandir. Ceux qui étaient au dernier meeting savent de quoi je parle. Personne, aucun mouvement n’est capable de réunir 5000 jeunes en 48h.

Des thèmes très importants ont été mis sur la table. On en a pas récolté les fruits à court terme, mais qui connaissait le Grand Remplacement il y a un an ? La remigration (c’est à dire la possibilité que ceux qui n’ont rien à faire ici ne soient pas condamnés à rester chez nous) ?
Sans doute trois fois moins de Français. C’est une avancée extraordinaire.
Il aurait fallu 15 ans de travail pour avoir le même résultat sans Éric. C’est une victoire culturelle et métapolitique inédite. Et ça changera le paysage politique et les thématiques de demain.
Autre avancée : avant lorsqu’on avait un Jérémie Cohen on espérait qu’il soit diffusé sur Fdesouche, aujourd’hui on a Z qui peut s’en faire le relais sur tous les plateaux télé et contourner la loi du silence habituelle des grands médias. J’espère que ça continuera.
Sans visage, l’insécurité n’est qu’une statistique. En face ils l’ont compris : tout le monde sait qui est Michel Zecler qui s’est fait casser le bras, mais tout le monde a oublié Julien Vinson qui s’est fait massacrer de 11 coups de couteaux par un soudanais.

Pour la première fois, des LR et des RN ont travaillé et voté ensemble grâce à Reconquête. Et je vous le dis ça se passe très bien. Aucune tension. Nous avons détruit le cordon sanitaire qui divisait la droite et ça c’est grâce à Éric.
Deuxième point d’union : nous avons réconcilié les patriotes d’en haut et d’en bas. C’est la première fois que toutes les classes sociales sont réunies dans un mouvement. Et ça c’est important.

Vous ne le voyez pas forcément mais autour de Reconquête! des nouvelles énergies et compétences se sont rencontrées. Des chefs d’entreprises, des ingénieurs de haut niveaux, des talents de grandes écoles… mais aussi des milliers de petites mains dévouées et très motivée. C’est important, autant pour gagner que pour gouverner.

3. Et demain ?

Confirmer Reconquête! comme le mouvement de la droite : LR est quasi mort et ce qui est encore vivant va partir chez Macron comme prévu.
De son côté le RN va jouer la carte drague de l’électorat Mélenchon au second tour. C’est une erreur stratégique et politique, mais cela veut dire une chose : l’électeur de droite sera orphelin. Aux élections législatives il se retrouvera donc en grande partie chez nous, autour d’une dynamique militante de rassemblement et d’une nouvelle génération déterminée à sauver son pays.

Les élections c’est important mais tout miser dessus comme le font les partis actuels (sauf à gauche) c’est se rendre trop dépendants, fragiles et sans influence en dehors des campagnes.
Il y a pleins d’initiatives non électorales à construire autour de la génération Reconquête!. Le travail culturel, des idées, l’associatif, l’humanitaire (avec notamment la visibilisation et l’aide aux victimes oubliées de l’insécurité).
Forte de ses 120000 adhérents, de ses moyens, des personnalités qui l’animent, Reconquête! doit être la plateforme, le lobby, le syndicat de défense des FR qui ne veulent pas disparaître.

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15 commentaires

  1. Bravo Damien, c’est très bien résumé

  2. Moui, mais je pense que ce serait une erreur stratégique aussi de se cantonner à un mouvement de droite. Le clivage gauche/droite ancien est dépassé, il n’a plus aucun sens. De plus, le représentation unidimensionnelle de l’échiquier politique (une droite allant de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par le centre) est complètement trompeuse et caduque. Au contraire, il y a plein de porosités entre l’électorat de Mélenchon et celui du RN et de Reconquête, n’en déplaise à Mélenchon qui reste prisonnier de sa vision ancienne et qui croit que l’extrême droite est la résurgence du fascisme. Il serait plus représentatif et plus conforme à la réalité, de représenter les partis politiques sous forme de bulles plus ou moins disjointes, avec des convergences et des divergences, car quelle est la grandeur que représente cette droite graduée sur laquelle on classe les partis de la droite à la gauche ? Plus on est à droite, plus on aime la France ? Plus on est à gauche, plus on est proche du peuple et des dimensions sociales ? Plus on est à droite plus on est libéral ? Non, tout cela est faux.
    Si l’on veut gagner il faut rassembler les forces en présence : 20% de Méluche + 24 % de Marine + 7% de Zemmour = 51 % de Français qui n’aiment pas du tout le cours des choses que représente Macron, mais qui ne savent pas pourquoi ils se divisent; alors que oui, “un autre monde est possible”, et qu’il pourra advenir lorsque “la France qu’on aime” aura été “reconquise” dans le cœur des Français.
    Je ne dis pas du tout qu’il faille se compromettre avec des idéologies marxistes pour plaire aux électeurs de Mélenchon, mais il faut leur parler et leur montrer que notre proposition les concerne aussi et qu’elle est la meilleure possibilité pour eux et pour leurs problèmes. Je crois qu’on a raté le rendez-vous entre La Manif Pour Tous et les Gilets Jaunes, entre la droite traditionnelle et le peuple de France qui ne supporte pas la Macronie.
    Un jour peut-être une homme politique sera capable de se lever et de rassembler sous son égide cette majorité de Français qui sont d’accord pour dire non à Macron.

    • Amen.

    • Les 20% de Méluche ? Je crains que vous ne rêviez sec. Si on drague 1/5° de son électorat, ce sera un max. Et je ne me sens pas côtoyer des gens qui n’ont rien contre l’immigration, la PMA et la GPA, qui n’ont aucun sentiment religieux etc… L’anti macronisme n’est pas une idée ou une doctrine mais une simple répulsion. Ça ne réunira pas les électeurs au dessus de leurs divergences fondamentales.
      Quoi qu’on en dise, la division droite-gauche signifie bien encore quelque chose, du style acceptation ou refus d’un ordre naturel qui nous dépasse que nous qualifions de divin ou au moins d’immanent. Tout le reste découle de ce positionnement.

      • Effectivement, et c’est pour cela que la droitisation de la société quant à l’immigration et l’islamisation est un piège pour la vraie droite s’il n’y a pas en parallèle un combat métapolitique (et Zemmour y a participé en tant que journaliste). Sinon, des électeurs de gauche passent à droite parce qu’ils ont peur de voir la France disparaître, mais ils gardent leurs idées de gauche, à commencer par leur fondement : l’individualisme, l’Etat-Providence… On voit le résultat avec le passage des électeurs communistes au RN !

        Celui qui croit en Dieu ou en une loi naturelle ne pense pas le monde comme celui qui croit que c’est l’Etat octroie des droits. Il ne voit pas l’avortement comme un droit. Celui qui est attaché à une longue tradition pense à un avenir et non à un futur pour son pays ; celui qui est individualiste est hors-sol, jouit et après lui le déluge…

        La droite et la gauche importent encore, même s’il peut y avoir des convergences, même si l’on peut préférer des hommes de gauche comme Onfray ou Marc Menant à bien des gens de droite : car malgré les amitiés possibles, les rapprochements possibles, les fondements ne sont pas les mêmes.

    • L’un est pour la créolisation et l’islam, l’autre est pour la remigration et la culture historique chrétienne …

      Mélangez et touillez longtemps. Si la mayonnaise n’a pas pris au bout de 5 ans, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche…

    • autrefois, le clivage Gauche/ Droite était clair.
      la Droite, c’ était l’ Ancien Régime, le trône et l’ autel, la vieille aristocratie, le clergé..
      la Gauche: la Révolution, la République, l ‘utopie des Droits de l ‘Homme, la Commune.

      maintenant , la vraie droite droite est morte;
      la Licra tient les deux glaives, le spirituel et le temporel.
      tout le monde est à Gauche , à commencer par le pape ;
      le Roi de droit , Louis XX, travaille à faire oublier son existence.

  3. Tout à fait d’accord avec LoloDJ. Zemmour a fait fort mais a fait aussi de grosses erreurs, il doit repenser certains aspects de sa stratégie pour (con)vaincre. En particulier l’idée de “rassembler la droite” n’est plus adapté au monde d’aujourd’hui où le clivage central est mondialisme/patriotisme. Or beaucoup de gens de gauche sont patriotes plus que mondialistes.
    Sa vision de la laïcité est aussi archaïque, avec le rejet des religions dans la sphère privée qui d’une part ne correspond pas du tout à la culture française véritable qui est beaucoup plus subtile et d’autre part totalement inopérante pour gérer le problème de l’islam.

    • Le clivage mondialisme / patriotisme est une déclinaison du clivage droite / gauche.

      Votre clivage est vrai mais insuffisant. Le véritable clivage est entre cosmopolites et anti-cosmopolite. Et donc c’est toujours le clivage droite / gauche puisque la gauche c’est le collectivisme et / ou le cosmopolitisme.

  4. Non, ce n’est pas la première fois que toutes les classes sociales sont réunies dans un même mouvement. JMLP en 1981 avait réussi à le faire. Il y avait deux grandes tendances à l’époque : les cathos tradis et les païens. La Nouvelle Droite païenne a disparu du paysage politique. MLP a porté le coup de grâce aux tradis. Je crois comprendre que ceux-ci se retrouvent à Reconquête, mais sans Jeanne d’Arc, sans BBR, sans messe des BBR, sans pélé Charlier de Chartres. Le ciment de Reconquête semble être le souverainisme, l’identité nationale, l’anti-islamisme et l’anti-mondialisme. Je ne sais pas comment Z, Marion, Villiers, et les autres, voient la suite des événements. Cela pourrait être une fédération de mouvements. Vouloir unifier l’ensemble, en faire un parti monolithique, avec un chef incontournable, comme l’était devenu le FN, conduirait à la sclérose et serait une erreur politique. La suite, en réalité, Dieu seul la connaît.

  5. Je souhaite juste pointer qu’un parti qui a seulement quelques mois d’existence a renvoyé dans les cordes un “vieux” de la 5ème république. Ce n’est pas rien.
    LR est mort par Pécresse, et le PS est enterré par Hidalgo. Voilà une bonne chose de faite.

  6. Malheureusement, Reconquête! va connaître le même sort que le RPF de De Villiers entre 2005 et 2012.

    Reconquête! et le MPF, c’est le même électorat : bourgeoisie catholique de droite, pro-LMPT, lectrice du “Figaro-Magazine”, instruite, et qui a lu tous les bouquins de Zemmour. Pas de socle populaire. Bref, une minorité sociologique.

    Reconquête! et le MPF, c’est le même discours obnubilé par l’islam et l’islamisation (alors que le FN de JMLP et le RN de MLP se sont depuis toujours focalisés sur la lutte “contre l’immigration”, nuance !). Pour Reconquête! comme pour le RPF, islam = islamisme, ce qui est évidemment caricatural.

    Reconquête! et le MPF, c’est l’absence de tout discours social. Pas de projet positif qui pourrait faire espérer aux Français un avenir meilleur, seulement un discours pessimiste sur l’avenir qui est celui de la guerre civile qui arrive prochainement en France, et qui amènera à la disparition inéluctable de la race blanche (le Grand Remplacement).

    Comme le RPF en 2012, Reconquête! va s’effondrer aux prochaines législatives (sans nul doute en dessous de 5%) pour trois raisons :

    – L’effet démobilisateur, provoqué par le fiasco du 10 avril, va dissuader bon nombre d’électeurs de revoter pour Reconquête! (le FN a aussi connu ça aux législatives de 2007).
    – Le vote utile va de nouveau jouer en faveur du RN.
    – Les députés sortants LR, souvent des poids lourds localement bien établis et connus, vont regagner les voix perdues par Pécresse lors de la présidentielle. Ces voix proviendront en grande partie des électeurs zémmouristes du 10 avril.

    • Correction à mon précédent message : il faut lire évidemment MPF au lieu de RPF ! 😉

    • Bonjour,

      Sur l’effondrement aux législatives, je partage totalement votre inquiétude et vos raisons.

      Sur l’électorat en revanche pas du tout. Je ne sais pas ce qu’il en est à Versailles ou à Paris. Mais dans le monde rural je peux vous témoigner d’une réelle mixité sociale et d’une très importante base populaire, dont un bon nombre vient du RN il faut le noter. (d’où d’ailleurs une prochaine abstention massive au 2nd tour en dépit de l’appel d’Eric Zemmour).

      Sur la nuance entre immigration et islam, à nouveau je suis en désaccord : dans le monde rural et les petites villes elle n’est pas faite par les militants, et à raison. La seule immigration qui pose problème c’est l’immigration musulmane. Pas de problème avec les portugais. Et pour les musulmans assimilés, il y en a, il est déjà considéré qu’ils ne font plus partie de l’immigration mais de la nation.

    • La comparaison MPF/Reconquête! ne me semble pas judicieuse.
      Nous sommes dans les années 1990-2000. Le contexte politique de l’époque n’était pas du tout le même : un RPR/UMP puissant, déjà plus positionné à droite (congrès de Villepinte), avec de fortes personnalités comme Chirac et Raffarin et une cohabitation. Et un FN également bien positionné à droite en pleine expansion avec conquête de mairies (mais se heurtant à la scission initiée par Mégret).
      Le MPF coincé entre ces deux formations n’avait pas d’espace vital. De surcroît ses alliances hasardeuses avec le CNI puis avec Pasqua ont fini de l’achever, d’autant qu’il n’a jamais réellement rompu avec l’UMP. De surcroît, ses bases étaient nettement moins populaires que celles de Reconquête! aujourd’hui. Ce dernier peut profiter de la gauchisation du RN (qui va s’accentuer avec l’émergence de Mélenchon) et de la disparition des LR (qui ne surmonteront leurs problèmes financiers).
      La voie royale s’ouvre devant Reconquête!. Tout dépend des rapports qui vont s’installer entre le RN et R! Concurrence ou collaboration ?

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