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France : Politique en France

L’énigmatique niveau de popularité d’Edouard Philippe, le zélé du désordre et de la domestication

L’énigmatique niveau de popularité d’Edouard Philippe, le zélé du désordre et de la domestication

Voilà le chef d’un gouvernement qui, presque depuis sa prise de fonction, a avec persévérance contribué à créer les plus grands désordres : désordre sur les routes avec une décision personnelle d’imposer un 80km/h (en faisant fi de toute analyse des causes réelles des accidents automobiles), désordres multiples lors de la crise de Gilets jaunes déclenchés pour partie par des mesures de ce gouvernement (limitation routière, mesures fiscales), désordres multiples lors du débat sur le projet de réforme des retraites ; et bien sûr l’effondrement français comme il l’a énoncé lui-même à l’occasion de la décision de confinement généralisé à cause d’une épidémie virale.

Voilà le chef d’un gouvernement qui, à l’occasion de la tentative de gestion de cette crise, a avec zèle soutenu les décisions amenant une domestication inouïe de la population (en faisant fi de toute proposition de solution alternative qui eût été pensée avec discernement). Entre autres :

  • Enfermement des vieux
  • Interdiction de leur rendre visite, interdiction de participer aux enterrements
  • Interdiction des messes
  • Après la parution d’un décret en mars, autorisant l’usage de l’hydroxychloroquine, c’est lui, selon Valeurs actuelles, qui le fait réviser le soir même pour limiter l’utilisation de ce produit aux cas les plus graves, soit l’exact inverse de ce que préconisait le Pr Raoult.
  • Interdiction, le 1er mai (soit après déjà un mois et demi de confinement et ses premiers résultats), de vente du muguet sur la voie publique.
  • Selon Philippe de Villiers, « si on avait écouté Edouard Philippe, le Puy du Fou n’ouvrait pas cet été » : mis en faillite mais sanitairement irréprochable… Il a fallu que le Président de la république décide de mettre la question à l’ordre du jour d’un Conseil de défense (sic !) pour faire sauter le verrou.

Même le Professeur Défraîchi, qui n’avait pourtant préconisé la réouverture des écoles qu’en septembre (réouverture imposée par M.Macron et non par son Premier ministre), a récemment déclaré « Laissons les gens vivre » !

Parce qu’on commence à comprendre que, loin d’avoir été « au service de la vie » comme l’expliquait ingénument le Professeur Hirsch, professeur d’éthique médicale et comme l’infirmaient chaque jour les photos de villes, de places, de rues mortes, le Premier ministre a simplement eu comme compteurs le nombre de lits de réanimation en hôpital et le nombre de ces décès égrenés dans une liturgie quotidienne, bureaucratique et télévisée (rappel de l’âge moyen des morts par COVID-19 : 81 ans….), faisant fi là encore de toute intelligence d’autres facteurs collectifs : capacité à fabriquer soi-même des masques manquants, isolements, peurs, effondrement économique, effondrements sociaux….

De la même façon, n’attendez pas de lui que les étapes de ce qui est appelé le déconfinement puissent être modifiées par rapport au plan établi : les jalons sont les jalons.

Au surplus de tous  ces exploits ((et on ne rappellera pas ici les mensonges, inactions et retards, ce serait trop long), c’est lui qui en plus est le chef de M.Castaner et de ses opérations de maintien de l’ordre, si strictes lors des manifestations des Gilets jaunes et si passives lors de manifestations interdites portant à des expressions si contraires à l’intérêt national par l’affirmation d’un racisme d’Etat. Quand M.Philippe Bilger, ancien magistrat respecté, écrit en juin « Le pouvoir politique est lâche », le pouvoir politique, c’est aussi Edouard Philippe. « Gouvernement de la pétoche », résume de son côté Philippe de Villiers.

Et bien, malgré ce zèle constant dans l’entretien du désordre et la domestication, dans l’affichage répété d’une humilité qui a souvent confiné à la soumission au pouvoir médical afin de justifier les mesures prises (« Pendant toute la période du confinement, la politique n’était plus qu’un jeu d’ombres. Les ministres se succédaient pour justifier leur effacement : « Nous faisons ce que les médecins nous disent de faire, nous nous soumettons avec humilité au rationnel scientifique » » décrit Philippe de Villiers, la popularité de M.Philippe semble bien avoir augmenté pendant cette période de crise sanitaire et d’incurie gouvernementale.

Ainsi, dans un article du Figaro du 26 mai, M.Philippe apparaissait comme proche, tenace, courageux et dynamique ! Même en valeur absolue, le score d’avis favorable n’est pas ridicule : « Avec 46 % de satisfaits, Édouard Philippe retrouve ses niveaux de fin 2017 » (toujours dans la même étude qui parle d’un « effet Philippe renforcé par le covid »). 46%, c’est aussi exactement son score dans le baromètre Ipsos-Le Point du numéro du 4 juin de l’hebdomadaire.

Et une confirmation vient d’un article de Libération, en date du 9 juin, intitulé : Edouard Philippe populaire. Mais pour quoi faire ? :

« Réalisée par Viavoice pour Libération, une nouvelle enquête confirme la bonne dynamique du chef du gouvernement. Avec 45 % de bonnes opinions, contre 43 % de mauvaises, sa popularité augmente de 12 points par rapport au mois de mars, au début du confinement national… Ces résultats renvoient d’abord à sa gestion du déconfinement. Il s’y est impliqué à coups de mesures très concrètes, applicables à tous, inscrites dans la vie quotidienne des gens. S’y ajoute un style personnel sobre, pragmatique, pédagogique, qui peut évoquer une manière allemande de faire de la politique. Et, à vrai dire, être opposé à l’emphase macronienne.»

Alors comment expliquer cette impression générale : Edouard Philippe n’a pas démérité, pour un homme dont le Président de la république lui-même, afin d’expliquer la lenteur du déconfinement, dit : « il gère son risque pénal » ?

Voilà un homme qui, c’est vrai, présente bien. Qui, quoique droit dans ses bottes, n’a sans doute jamais profité de ses positions municipales pour loger son fils à moindre coût.

Voilà un homme qui travaille et n’hésite pas à mouiller la chemise pour des présentations interminables et pointillistes sur la gestion de la crise sanitaire.

Il est aussi sans doute avantageux d’être comparé à l’exhibitionniste verbeux de l’Elysée cette emphase macronienne.

Mais quand même ! La nature aurait-elle autant peur du vide ? Ou bien faut-il comprendre que la domestication des esprits a été encore plus profonde pendant cette période de confinement que celle des corps ?

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5 commentaires

  1. Céline disait du français : « il frétille que pour les bourreaux ».

  2. Comme l’a fort bien exprimé quelqu’un de connu ” Pour nous éviter la mort il nous empêche de vivre!” .

    A mon avis les sondages sont aussi truqués que l’ont été les chiffres morbides énoncés par le croque-mort officiel chaque soir avant les applaudissements populaires qui , eux, étaient censés s’adresser au “personnel soignant” et à personne d’autre. Au sujet des chiffres truqués nous avons eu l’énormité de l’omission des décès en Ephad ou à domicile soir environ 10.000! D’ailleurs d’une manière générale tout ce qui était “privé” a été omis, même l’utilisation des lits disponibles dans les cliniques! Néanmoins il a réussi à “foutre la pétoche” à tous ceux qui l’ont cru! Des études sociologiques ne manqueront pas de regarder de près ce phénomène: comment un seul homme – puisqu’on parle ici de Philippe, premier ministre de la France, puissance mondiale nucléaire – a-t-il pu “foutre la pétoche” aux Français et arrêter pendant deux mois toute l’activité du pays!

    Heureusement, beaucoup ne sont pas laissés prendre au piège. Mais la glu continue à faire son effet: le bordel social que l’on voit se dérouler en ce moment et qui devrait logiquement entraîner le départ vers leurs foyers de la racaille qui prétend nous gouverner, n’entraîne rien d’autre que la continuation de la gadoue, la gadoue, la gadoue ( pour ceux qui se souviennent encore de Petula Clark).

    Réveillons-nous!

  3. On sait ce que valent les sondages, bcp sont au service de ceux qui les commande. Alors la réponse à cette question n est elle pas tout simplement parce que nous sommes en présence des premières étapes d une opération pour promouvoir le prochain président de la République ? N est-ce pas à peu près à la même époque, 2 ans environ avant la présidentielle, que la candidature de Macron avait été montée de toute pièces dans les médias. E Philippe n est il pas le candidat idéal aux yeux de la super classe mondiale?

  4. Quel que soit le pays, les sondages sont toujours dans le “sens de l’histoire” imposé par la bien-pensance et les oligarques ploutocratiques, même s’il arrive que les sondeurs se ramassent des gamelles monumentales. Je pense, en particulier, à l’élection du Président Trump en 2016. Tous les instituts de sondages, repris par la quasi-totalité des bien-pensants des 2 côtés de l’Atlantique, donnaient Hillary gagnante à 100 contre 1. Ils ne s’en sont toujours pas remis et se préparent à rejouer le même scénario cette année.
    Quand on voit comment le 74ème anniversaire du Président Trump a été célébré hier pour deviner qui sera le vainqueur dans 5 mois :
    https://www.dreuz.info/2020/06/15/dans-toute-lamerique-des-dizaines-de-milliers-de-bateaux-motos-et-camions-fetent-lanniversaire-du-president-trump/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+drzz%2FPxvu+%28Dreuz%29
    On n’imagine pas, en France, de telles démonstrations d’attachement à JUPITER…

  5. Le vrai mystère est d’avoir une côte de popularité à 30 ou 20% quand on a été choisi par 14% des Français, dont certains disent être déçus. Logiquement, cette côte devrait être à 10%. D’où sortent les 20 ou 30% en plus ?

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