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Valeurs chrétiennes : Culture

L’Enfer de Dante dénaturé aux Pays-Bas

L’Enfer de Dante dénaturé aux Pays-Bas

La maison d’édition néerlandaise Blossom Books vient de publier une nouvelle traduction de l’oeuvre de Dante, L’Enfer. Ce texte poétique qui date du XIVe siècle – le premier à être écrit en italien – a été adapté pour le rendre plus agréable et accessible, notamment aux jeunes, que l’éditeur doit prendre pour des benêts.

Dans ce récit, Dante pénètre dans l’Enfer, il en explore les neuf cercles concentriques et rencontre les nombreuses personnes, dont des figures historiques, qui y sont assignées et suppliciées en raison de leurs péchés. Dans le huitième cercle, le poète rencontre le prophète Mahomet, puni “parce qu’en diffusant sa religion il aurait semé la discorde sur la Terre”, mais ce passage a été partiellement coupé dans la nouvelle traduction. La traductrice a expliqué :

“De tous les pécheurs qui figurent dans L’Enfer, il est décrit de la façon la plus atroce et dénigrante”.

Le passage demeure, mais le nom du fondateur de l’islam a disparu. Cette décision a été prise en accord avec l’éditeur.

Peter Vestegen, auteur d’une précédente traduction de Dante, juge :

“Pour moi, c’est de la censure”. “La Divine Comédie est un chef-d’oeuvre sacro-saint, on ne peut pas le découper comme ça. Aux Pays-Bas, on ne me l’a jamais demandé. C’est vrai que, dans le cas d’une adaptation, on a plus de liberté, mais alors il faut indiquer sur le livre qu’il s’agit d’une adaptation et pas d’une traduction. En tout cas, personne n’a demandé cette capitulation.”

L’écrivain maroco-néerlandais Abdelkader Benali déplore :

“Toutes les personnes d’origine musulmane qui ont réagi ont trouvé cette affaire pénible, surtout en ces temps de cancel culture. J’ai consulté plusieurs traductions de Dante en arabe. Les traducteurs modernes ont laissé le passage à sa place, souvent avec des notes de bas de page expliquant qu’il s’agit d’un auteur littéraire et d’une scène qu’il faut replacer dans son époque et son contexte politique.”

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10 commentaires

  1. Dante avait donc compris que c’est dans les enfers que les musulmans rejoignent leur maitre.

  2. Dante Alghieri visite l’au delà avec Virgile. Son poème porte aussi sur le Purgatoire. Je crois qu’il n’a pas écrit sur le Paradis. Au dessus de la porte de l’enfer est écrit “ici commence la Cité Dolente, toi qui entres ici, abandonne toute espérance”.
    Le cercle le plus profond a effectivement pour hôte Mahomet mais aussi quelques papes !
    Alors faisons notre cette jolie formule du père François Varillon dans l’un de ses ouvrages : je crois, du moins j’espère, et en tout cas je prie que l’enfer soit vide.
    Prions aussi pour les pécheurs dont nous sommes, et laissons à Dieu la charge terrible de décider si quelqu’un mérite de n’avoir plus jamais aucune espérance.
    (Et pourtant je suis un catho tradi !)

    • L’Enfer n’est pas vide et il est même remplit de gens qui pensaient qu’il n’existait pas.

      Si l’Enfer était vide il n’y aurait pas de justice et sans justice il n’y a pas d’amour…
      “Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ! ”

      Si l’Enfer était vide le démon n’aurait pas besoin de se démener autant.

      Soeur Faustine est descendu aux enfers et c’est son PREMIER message bien avant celui de la miséricorde que beaucoup mettent en avant à tort.

      Gloria Polo est revenu des Enfers et sa trouille d’y retourner est palpable.

  3. Où est le problème ? Depuis Urs von Balthasar, nous savons tous que l’enfer est vide.

  4. Le problème de Dante, c’est qu’il croit que le personnage Mahomet décrit par l’Empire politique islamique a vraiment existé, est un personnage historique. Or c’est un personnage de fiction, comme l’est le père Noël. L’épigraphie issue du Collège de France permet de montrer cette construction sous-jacente et liée à un pouvoir guerrier impérial qui a besoin de faire du sacré pour légitimer sa place sur terre. Regardez Robespierre qui va vers la nécessité de rendre un culte à l’Être suprême, le petit livre de Mao, etc…

  5. Ce qui importe ce n’est pas ce que Dante pensait de Mahomet. L’horreur est dans cette soumission spontannée et assumée.
    L’ultime étage du misérabilisme béat.

  6. Je pensais naïvement que seule la “littérature de jeunesse” avait subi une réécriture pour la rendre plus accessible. Apparemment, on n’arrête pas le progrès, et la “littérature tout court” y passe aussi!

  7. la censure !!! tout ce qui ne va pas dans le sens des “progressistes” doit être supprimer ! à quand le rétablissement de la peine de mort pour ceux qui ne pensent pas comme eux ?

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