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Le scandale de la pornographie

L’Express livre une enquête sur les effets de la pornographie chez les jeunes :

Claude Rozier, chargée de mission dans l’académie de Grenoble, parle de sexualité aux enfants : "Lorsque j’arrive en CM2 et que je demande quels sont les mots auxquels pensent les enfants quand on parle de sexualité, ils [citent] tout le catalogue des pratiques X." Difficile d’échapper à la pornographie : vitrines, campagnes d’affichage, ou encore dans le supplément mode de Libération. Elle domine l’esthétique des clips vidéo des groupes de rap, directement inspirés des productions X. Elle inonde parfois les dossiers de certains magazines féminins. Le soir, les animateurs de Skyrock ont des discussion proches de la pornographie (et c’est un euphémisme). Déjà, les images X commencent à circuler de téléphone portable à téléphone portable. Et le MP3 n’est pas en reste…

En 2005, on a comptabilisé 7872 diffusions de films X sur CanalSatellite, 2976 sur TPS et 662 sur la chaîne XXL. Il est désormais possible de voir 85 films hard par semaine sur les cinq chaînes qui les diffusent. A noter que le film X de Canal + est bien gentil comparé à ce qui se trouve dans les vidéoclubs (où les films X représentent 35% des locations). Pierre Cavalier, journaliste, explique que le hard extrême domine : "Il y a quatre ou cinq ans, la mode était au viol" ! A noter que les parents portent une grande part de responsabilité, car la télévision sert souvent de baby-sitter aux enfants. C’est pourquoi, les jeunes ne connaissent de la sexualité que la vision du X.

Benoît Félix estime très justement que "les ados ont besoin de modèle. Si on ne leur en propose pas, ils vont le chercher dans le X. Or les images pornos les complexent. Plus ils sont complexés, plus ils se sentent humiliés et plus ils deviennent violents." Une étude de l’Inserm, menée sur 16000 jeunes de 12 à 18 ans, établissait un lien entre le fait de regarder des films X et la violence. Jean-Pierre Bouchard, psychologue et criminologue, affirme qu’ "il est très difficile de ne pas mettre en relation le succès du gang bang et l’augmentation des viols collectifs commis par des bandes de jeunes adolescents". Le pédopsychiatre Patrick Huerre assure que, pour se libérer de ses pensées, l’ado peut passer à l’acte.

Michel Janva

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11 commentaires

  1. Je comprends maintenant pourquoi mon marchand de journaux s’est gentiment moqué de moi lorsque j’ai insisté pour qu’il mette les revues porno hors de portée des enfants. “Si vous saviez…” m’a-t-il dit alors. Cela se passait il y a près de 1O ans !

  2. Le X rapporte tellement aujourd’hui que c’est un véritable marché qui se développe…essayer de contenir le porno c’est comme le marché de la cigarette, il y a toujours des réfractaires, demandez aux libraires, vidéo-club de stopper cela…!!
    Comme le citait très justement Claire (il me semble, si tel n’est pas le cas, je m’en excuse auprès de l’auteur véritable ! )
    “Le porno c’est la théorie, le viol c’est la pratique”…

  3. “Le porno c’est la théorie, le viol c’est la pratique”…
    la citation est du père Daniel Ange.

  4. Au temps pour moi, c’est donc Claire qui avait cité le père Daniel Ange…!
    Merci du renseignement!

  5. Je pense qu’il faut malgré tout relativiser.
    Ce qui est à mon sens très embêtant,c’est que les films X, ceux de Canal pas moins que les autres, présentent une sexualité particulièrement bestiale, qui donne effectivement un modèle plus que douteux aux ados.
    Il y aurait beaucoup à dire sur l’image de la femme, qui es systématiquement humiliante dans les pornos. Je ne sais plus quelle sociologue avait mené une enquête sur les représentations de la sexualité parmi les jeunes de cité. Les conclusions étaient terrifiantes : les jeunes hommes vivaient leur sexualité sur le mode de la performance sportive, et étaient persuadés, par exemple, qu’une relation sexuelle “réussie”, impliquait que leur partenaire devait ressentir de la douleur. Quelle misère sensuelle ! Quelle vision cauchemardesque de la sexualité !
    Après, que des gamins de 12 ans en sachent bien plus long qu’on ne pourrait le croire sur la sexualité, ce n’est pas, à mon sens, NECESSAIREMENT tragique. Je connaissais moi aussi un certain nombre de noms de positions à 12 ans, soit dans les années 90, et pour ma part, pour reprendre l’exemple de l’article, je savais ce que voulait dire enc… à 8 ans, je ne crois pas que ça m’ait traumatisé.
    Mais il est effectivement capital que l’unique représentation de la sexualité vienne de ces films immondes. Et peut-être mon discours semblera-t-il paradoxal à d’autres, mais je pense que ça passe aussi par un “décoinçage” en matière d’éducation sexuelle, à l’école comme avec les parents.
    Surveiller les gamins aussi, sans doute, mais sans non plus tomber dans la naïveté et les rêves d’innocence : les émotions charnelles commencent elles aussi assez tôt, il convient de les canaliser, rien ne sert de chercher à les étouffer. Et c’est la curiosité pour “les choses de la vie” qui pousse les mômes à regarder ces films, autant que l’inverse.
    Le lien avec les pages modes de Libé, pardon, mais j’ai du mal à le voir, je ne suis pas trop la logique de l’express sur ce point là.

  6. Oups : Mais il est effectivement capital que l’unique représentation de la sexualité NE vienne PAS de ces films immondes
    Mais vous aurez compris de vous-mêmes

  7. c’est effectivement une citation du P. Daniel Ange, pas de moi; mes interventions étaient à la suite du post sur la fermeté en matière de sécurité routière.Rémi je vous propose de les relire. Voyez vous, je veux bien ne pas dramatiser, mais je crois que nous ne pouvons pas relativiser ce domaine. Il s’agit vraiment d’un combat de VIE contre une spirale de mort, ce qui est atteint ici c’est ce que nous avons de plus précieux, de plus divin en nous: la beauté et la vérité de l’amour.
    Des jeunes filles acceptent des conditions de vie sexuelles humiliantes et atroces (sans parler de l’échangisme et des partouzes) par peur de perdre ce petit copain qui le leur réclame. Elles sont peur d’être abandonnées, comme si c’était le seul homme de la Terre. Le porno est le visage défiguré de l’amour, une abomination. Ne le laissons jamais se banaliser. On peut d’ailleurs refaire le lien avec le post sur la sainteté du corps humain cité plus bas.

  8. D’accord avec Rémi et Claire……Ce qui ne me paraît pas incompatible !
    Après on pourra en parler des pages et des pages , chacun y consacrant l’energie et les canaux qu’il trouve bons…..tant que les résultats permettent de ramener des brebis égarées….

  9. Vous me suivez mal, Claire. Je ne cherche pas à plaider pour un quelconque laissez-faire en la matière, j’ai tout à fait conscience de la gravité du problème.
    Simplement :
    1) La brutalité des relations dans les films pornos me paraît bien plus dérangeante que le fait qu’on y voit un acte sexuel.
    2) Parler d’amour, et y compris de sexualité aux enfants, c’est difficile (et soyons francs, surtout pour nous, catholiques), mais, je crois, plus efficace que l’éventuelle interdiction de telle ou telle revue, de tel ou tel programme.

  10. Claire et Rémi, vos points de vue se complètent parfaitement je trouve : la pornographie actuelle est totalement déstructurante pour nos enfants. Néanmoins nous pouvons prévenir, réduire, l’impact de ces messages de violence si, en effet, nous savons leur montrer la voie d’une sexualité épanouissante et humaine, qui passe par la dignité, le respect de soi et d’autrui. D’eux-mêmes ils choisiront l’amour, la bestialité n’étant qu’un pis aller du désespoir…

  11. OK Rémi en effet nous nous rejoignons totalement. Etant fille de médecins et très ouverte avec mes enfants sur ces points,étant aussi très engagée dans les infojeunes où on prend par le fait même l’habitude de parler aux ados de tous ces sujets sans “tabous” avec leur langage mais toujours dans la dignité, j’avais un peu zappé la difficulté qu’il y a à parler en famille de ces questions. Deux auteurs m’ont beaucoup aidée à gagner en simplcité : Denis Sonnet et Yves Semen et tout ce que disent les END .

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