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Europe : politique / Pays : Etats-Unis / Pays : International

Le président de Tchéquie tient tête à la diplomatie américaine

Une information qui n'a été que très peu diffusée : l'ambassadeur américain à Prague, Tchéquie, s'est permis de faire des commentaires déplacés sur la présence du président Milos Zeman aux commémorations du 70e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie et de la fin de la seconde guerre mondiale, le 9 mai prochain, à Moscou, expliquant  la semaine dernière à la télévision publique tchèque qu’il trouvait « étrange » que M. Zeman assiste au côté du président russe, Vladimir Poutine, au défilé militaire sur la place Rouge, étant donné que M. Zeman serait l'un des rares dirigeants ouest-européens à le faire (tous les autres ayant chaussé les lunettes de la diplomatie américaine, décidée à boycotter Poutine).

"Je ne vois pas l'ambassadeur tchèque à Washington dire au président américain où il doit se rendre pour ses déplacements. Je ne laisserai aucun ambassadeur dire quoi que ce soit au sujet de mes voyages à l'étranger", a déclaré Milos Zeman, ajoutant que "l'ambassadeur Shapiro trouvera porte close au château" (résidence officielle du président)."[…]

Le président Zeman va plus loin et affirme qu'il ne recevra l'ambassadeur américain à Prague que si le président Barack Obama reçoit à la Maison Blanche l'ambassadeur tchèque à Washington. Une belle leçon de souveraineté nationale.

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8 commentaires

  1. Pour bien comprendre la position tchèque il n’est pas inutile de faire un rappel historique. La Tchécoslovaquie était née en 1918, des débris de l’Empire Austro-Hongrois. A ses débuts la France avait garantie son intégrité territoriale dans le cadre du système d’alliances de la “petite entente” regroupant outre la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et la Roumanie. Lors de la crise de Munich en 1938, la France influencée par l’Angleterre a accepté le démenbrement de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne, qui a livré les Tchèques à huit années de terreur nazie. Lors de cette crise la seule puissance disposée à s’opposer, même au prix d’une guerre à l’Allemagne avait été l’Union Soviétique, mais la Tchécoslovaquie n’ayant pas à l’époque de frontières communes avec l’U.R.S.S. l’armée rouge n’aurait pu intervenir que si les Polonais leur avaient octroyés un droit de passage, ce à quoi ces derniers ne pensaient pas, car la Pologne souhaitait elle-même annexer une partie du territoire tchèque, la région de Teschen. Cette trahison des occidentaux a laissé de très profondes traces dans la mentalité tchèque. Une méfiance profonde vis à vis des puissances occidentales et un sentiment d’amitié vis à vis des russes qui avaient libérés la Tchécoslovaquie du joug nazi en 1945. Dans l’immédiat après-guerre de 1945 à 1948 la Tchécoslovaquie avait été gouvernée par des gouvernements de coalition démocratiques, son Président était comme avant 1938 Edouard Benes. Il y avait un consensus, même dans les partis démocratiques non communistes quant à la priorité à donner à l’alliance russe. Les gouvernements occidentaux étaient discrédités. Lorsqu’en 1948, certains hommes politiques de droite tchèques, probablement en contact avec la C.I.A ont tentés par une démission organisée de rompre ce gouvernement de coalition pour imposer une politique pro-occidentale, ce qui fut le prétexte du “coup de Prague” et de la mainmise communiste, les pro.occidentaux n’avaient aucun soutient populaire. Même la répression du printemps de Prague en 1968 n’a jamais amené à une haine anti-russe, comme en Pologne par-exemple. Le gouvernement communiste tchécoslovaque fut l’un des derniers à tomber en 1989. Si maintenant l’ambassadeur américain à Prague trouve “bizarre” la présence du Président Zeman à Moscou, celà prouve seulement qu’il me connaît pas l’histoire tchèque!

  2. excellent article .
    j’aime beaucoup tous ces informations pour le président de technique tient a la diplomatie américaine .
    merci pour le partage .

  3. L’ambassadeur US ne comprend sans doute pas que le chef d’état d’un pays européen ne soit pas, comme les autres, à la botte de l’administration américaine ni vendu aux intérêts des multinationales d’outre-Atlantique…

  4. Bravo Monsieur le Président, au moins vous avez du cran et du panache, sans parler de l’intelligence, car il est évident que vos intérêts sont certainement du côté de la Russie et non du côté des USA !
    Et une bonne gifle à l’impudence yankee, quelle honte cette superbe d’un pays failli, menteur et criminel !
    A bas les US !
    ET VIVE POUTINE !

  5. Au sujet de Munich il reste à expliquer pourquoi Benés a laissé envahir son pays sans combattre alors que l’armée tchèque etait plus forte que la Wehrmacht de l’epoque et que les fortifications construites sur le modèle de la ligne Maginot faisaient tres peur aux generaux allemands.
    La Tchecoslovaquie n’avait nul besoin d’alliés pour se defendre, le rôle de Benès dans cette affaire est tres mysterieux d’autant qu’il etait tres ami avec Staline.

  6. Excellente riposte à un fielleux propagandiste pro-conformiste qui trouve normal que les laches et hypocrites snobent Poutine pourtant reconnu comme le meilleur homme d’Etat de la planète .
    Le ras-le-bol sur l’arrogance et manque de discernement diplomatique des ricains s’accumule partout …

  7. Cet ambassadeur n’est pas ‘américain’ au sens où le commun des mortels le comprend. Il est encore moins ‘yankee’ .
    Renseignez-vous, il appartient à cette coterie qui fait la politique américaine, comme d’ailleurs celle de la France !…

  8. Rappelons cependant que, si la chancelière allemande a décliné l’offre qui lui était faite pour le 9 mai , elle viendra à Moscou pour le 10 mai déposer avec Poutine une gerbe aux soldats des 2 camps tombés durant la seconde guerre mondiale .. Un temps très fort pour l’Europe toute entière car il s’agit du front le plus sanglant de la guerre civile européenne. Qui veut bien prier avec moi (et bcp d’autres européens) une neuvaine avec Robert Schuman en faveur de la paix et de l’unité en Europe ? Je pense que nous sommes dans une fenêtre historique qui pourrait voir un rapprochement inespéré de l’Union Européenne avec la Russie (et réciproquement)

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