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Culture de mort : Euthanasie

Le Président de la Commission des Lois au Sénat s’oppose au rapport Claeys Léonetti

Philippe Bas (UMP) déclare :

"Successivement, le président de la République, lors de sa conférence de presse, et le débat provoqué par la situation personnelle et familiale très douloureuse de Vincent Lambert, une personne tétraplégique en état de « conscience minimale », ont relancé cette semaine le débat sur la fin de vie.

ll n’existe ni humanisme ni respect de la dignité humaine qui ne repose d’abord sur le respect de la vie humaine. Dans tout l’histoire de l’humanité, sous tous les cieux, aucune société ne s’était jusqu’à nos jours autorisée à décider de mettre fin à la vie de ses membres, même pour mettre un terme à des souffrances intolérables. L’important n’est pas d’instituer des procédures collégiales pour décider des fins de vie, mais de juguler la souffrance des agonisants, ce qui est désormais médicalement possible dans presque tous les cas.

Le débat sur l’euthanasie doit donc être abordé avec prudence, sans postuler la nécessité d’une nouvelle intervention de la loi : dire qu’il faut une loi, c’est déjà dire qu’il faut permettre de donner la mort, tout le reste étant déjà autorisé et organisé par la loi actuelle.

La législation française est en effet l’une des plus avancées d’Europe. Elle repose sur la loi Leonetti de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie. Elle prévoit notamment d’empêcher l’acharnement thérapeutique et rend possible l’arrêt de traitements qui deviendraient inutilement éprouvants s’ils étaient prolongés.

On ne réglera pas les problèmes de la mort et de la souffrance, ni le déni dont on les entoure trop souvent dans notre société, en empilant les textes supplémentaires mais en appliquant pleinement cette loi, dont les principes et les règles demeurent mal connus et sont donc insuffisamment appliqués.

Concentrons-nous donc sur l’accompagnement de la fin de vie et utilisons pleinement les méthodes médicales et les outils juridiques à notre disposition ! Et écoutons les médecins, les soignants, les bénévoles, les familles et surtout les malades en fin de vie que nous rencontrons dans les services de soins palliatifs : ce n’est pas la mort qu’ils demandent c’est la vie, en dépit de tout, sauf quelques-uns, parce qu’ils souffrent intolérablement, physiquement et parfois moralement.

C’est bien ce cri de vie qu’il faut entendre et cette souffrance qu’il faut traiter, avant de se poser d’autres questions.

Quant à l’aide médicalisée au suicide ou à la mort donnée à des patients en état comateux ou quasi-comateux, ou en situation de handicap particulièrement lourd, qui ne sont pas en fin de vie mais dans une situation médicalement stabilisée insupportable de leur point de vue, de celui de leur entourage, de celui des médecins ou même du point de vue de la société en général, on voit bien que ce n’est pas la même question que la question de l’agonie d’un malade en phase terminale. J’estime qu’aucun médecin, aucun magistrat, aucun proche ne doit se faire juge de la valeur de la vie d’autrui et qu’aucune norme préétablie posée par la loi ne peut déterminer par avance les situations dans lesquelles la mort serait une réponse et celles dans lesquelles elle ne pourrait l’être. La création de procédures juridiques permettant de donner la mort, même entourées des plus grandes garanties, aurait pour effet de créer une forme d’appel d’air qui conduirait à multiplier l’ouverture de cas individuels en vue de procéder à des euthanasies. Ce serait ouvrir la voie à une société gravement déshumanisée.

Quant aux cas où en conscience, un médecin décide de hâter l’issue fatale par un acte positif, ils doivent rester exceptionnels car ils constituent la transgression de règles fondamentales, mais la justice humaine sait parfaitement les absoudre quand elle estime que les circonstances dans lesquelles la mort a été donnée ne relèvent pas d’un crime. De ce point de vue aussi, le système français fonctionne comme il doit le faire, dans un domaine où la perfection est inaccessible, et où une appréciation humaine doit garder sa place."

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6 commentaires

  1. “Ce serait ouvrir la voie à une société gravement déshumanisée.”
    Mais la voie de la société gravement déshumanisée a déjà été ouverte il y a 40 ans par la loi Veil !
    Comment ne le voit-il pas ?
    A part ça, ses propos sont très positifs : s’il n’inverse pas la vapeur, il tente néanmoins de donner un bon coup de frein dans la course à la culture de mort.

  2. “J’estime qu’aucun médecin, aucun magistrat, aucun proche ne doit se faire juge de la valeur de la vie d’autrui et qu’aucune norme préétablie posée par la loi ne peut déterminer par avance les situations dans lesquelles la mort serait une réponse et celles dans lesquelles elle ne pourrait l’être” Très bien, il n’y a pas d’ailleurs de débat à organiser : Tu ne tuera point, point; aucune loi véritable ne peut transgresser cela, c’est pourquoi il faut abolir celle sur l’avortement.

  3. Il doit lire le SB plutôt que “le Point” ! Il n’a pas vu “une centaine” de manifestants, lui… mais bien 50 000 personnes au moins dans les rues de Paris hier.. !
    AhAhAh ! Ces journaleux! M’ont trop fait rire hier ! Bande de charlots ! … “une centaine de manifestants”, “pas plus d’un millier”.. Ouuarrff ! Trop ! ils sont au top du cirque Pinder à l’école des clowns !

  4. Louables propos, qui auraient quelqu’utilité s’il y avait place à un débat sur ces sujets fondamentaux.
    Rappelons nous du sénateur Michel après l’exposé remarquable de THIBAUD COLIN, sollicité comme expert par la commission sénatoriale sur le projet de loi relative au “mariage pour tous”; Il avait répondu laconiquement à ce philosophe “pour moi, la loi n’est qu’un rapport de force à un instant T”. Il aurait pu être nommé porte parole du gouvernement (avant que d’être remercié par les urnes…) tant ses propos d’alors reflètent la posture de nos gouvernants. Un examen attentif de la réalité nous montre que leur seul soucis dans ce “travail” parlementaire est de sauver les apparences d’une effectivité de débat…
    Relisons ZEMOUR : il n’exagère rien quand il dit qu’ils se sont débarrassés du peuple !

  5. Merci Monsieur le Président de la Commission des lois.

  6. “…qu’il faut permettre de donner la mort…” (sic)
    Il fallait dire : “qu’il faut permettre d’assassiner…”
    “…les situations dans lesquelles la mort serait une réponse…” (sic)
    Il fallait dire : “les situations dans lesquelles l’assassinat serait une réponse”
    “…un médecin décide de hâter l’issue fatale par un acte positif…” (sic)
    Il fallait dire : “un médecin décide d’assassiner”
    C’est le terme approprié ! Et cela passe nettement moins aisément que ses périphrases hypocrites qui essayent de ne pas dire les choses.

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