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L'Eglise : Benoît XVI / Pays : Allemagne

Le préjudice pour l’Église ne vient pas de ses adversaires, mais des chrétiens attiédis

Hier soir, lors de la veillée de prière, Benoît XVI a dit :

A "Lui, le Christ, qui dit de lui-même : «  Je suis la lumière du monde » (Jn 8, 12), fait briller notre vie, pour que soit vrai ce que nous venons juste d’écouter dans l’Évangile : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt5, 14). Ce ne sont pas nos efforts humains ou le progrès technique de notre époque qui portent la lumière dans ce monde. Toujours de nouveau, nous faisons l’expérience que notre engagement pour un ordre meilleur et plus juste, rencontre des limites. La souffrance des innocents, et, enfin, la mort de tout homme sont une obscurité impénétrable qui peut peut-être être éclairée momentanément, comme un éclair dans la nuit, par de nouvelles expériences. Cependant, à la fin, demeurent des ténèbres angoissantes.

Autour de nous, il peut y avoir l’obscurité et les ténèbres, et nous voyons toutefois une lumière : une petite flamme minuscule, qui est plus forte que l’obscurité apparemment si puissante et invincible. Le Christ, qui est ressuscité des morts, brille dans ce monde, et le fait d’une manière plus lumineuse justement là où, selon le jugement humain, tout semble être lugubre et privé d’espérance. Il a vaincu la mort -Il vit- et la foi en Lui, comme une petite lumière, pénètre tout ce qui est ténébreux et menaçant. Celui qui croit en Jésus, ne voit certainement pas toujours la clarté du soleil dans sa vie -comme si souffrances et difficultés pouvaient lui être épargnées- mais il y a toujours une lumière limpide qui lui indique une voie, la voie qui conduit à la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). Les yeux de celui qui croit au Christ voient aussi dans la nuit la plus obscure une lumière et voient déjà l’aurore d’un nouveau jour.

La lumière ne reste pas seule. Tout autour d’elle s’allument d’autres lumières. Sous l’effet de leur clarté, les contours de l’espace sont bien marqués si bien qu’il est possible de s’orienter. Nous ne vivons pas en solitaires dans le monde. Dans les choses importantes de la vie, nous avons justement besoin des autres. Ainsi de façon particulière, nous ne sommes pas seuls dans la foi, nous sommes des anneaux de la grande chaîne des croyants. Personne n’arrive à croire s’il n’est pas soutenu par la foi des autres, et d’autre part, par ma foi, je contribue à conforter les autres dans leur foi. Nous nous aidons réciproquement à être des exemples les uns pour les autres, nous partageons avec les autres ce qui est nôtre, nos pensées, nos actions et notre affection. Et nous nous aidons réciproquement à nous orienter, à identifier notre place dans la société.

Chers amis, « Je suis la lumière du monde – Vous êtes la lumière du monde », dit le Seigneur. C’est une chose mystérieuse et grandiose que Jésus dise de lui-même et de chacun de nous la même chose, c’est-à-dire : d’« être lumière ». Si nous croyons qu’il est le Fils de Dieu qui a guéri les malades et a ressuscité les morts, ou mieux, que Lui-même est sorti vivant du tombeau et qu’il vit vraiment, alors nous comprenons qu’il est la lumière, la source de toutes les lumières de ce monde. Nous, au contraire, nous expérimentons toujours de nouveau l’échec de nos efforts et l’erreur personnelle malgré nos bonnes intentions. Apparemment et en dernière analyse, le monde où nous vivons, ne devient pas meilleur malgré le progrès technique. Guerres, terreur, faim et maladie, pauvreté extrême et répression sans pitié existent encore. Et même ceux qui, dans l’histoire, ont pensé être « des porteurs de lumière », sans pourtant avoir été illuminés par le Christ, l’unique vraie lumière, n’ont pas créé quelque paradis terrestre, ils ont au contraire instauré des dictatures et des systèmes totalitaires, dans lesquels même la plus petite étincelle d’humanité vraie  a été étouffée.

À ce point, nous ne pouvons pas taire le fait que le mal existe. Nous le voyons en tant de lieux de ce monde ; mais nous le voyons aussi –et cela nous fait peur- dans notre vie elle-même. Oui, dans notre cœur lui-même existe l’inclination au mal, l’égoïsme, l’envie et l’agressivité. Grâce à une certaine autodiscipline, cela est peut être contrôlable dans une certaine mesure. Par contre, cela devient plus difficile quand c’est une manière d’être mauvaise plutôt cachée, qui peut nous envelopper comme un brouillard asphyxiant, et ce sont l’indolence et la lourdeur de vouloir et d’accomplir le bien. Sans cesse dans l’histoire, des personnes attentives ont fait noter : le préjudice pour l’Église ne vient pas de ses adversaires, mais des chrétiens attiédis. Comment le Christ peut-il alors dire que les chrétiens –et cela peut-être aussi ces chrétiens faibles- sont la lumière du monde ? Peut-être comprendrions-nous s’il criait : Convertissez-vous ! Soyez la lumière du monde ! Changez votre vie, rendez-la limpide et resplendissante ! Ne devons-nous pas peut-être rester étonnés que le Seigneur ne nous lance pas un appel, mais qu’il dit que nous sommes la lumière du monde, que nous sommes lumineux, que nous resplendissons dans l’obscurité ?"

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3 commentaires

  1. Sainte Bernadette disait, avec son bon sens percutant: “Je ne crains que les mauvais catholiques.”

  2. Cela rejoint une intuition que j’avais déjà et dont j’ai fait état sur le blog de F Mounier dans La Croix à propos des jmj. L’Eglise porte en elle ses propres ennemis et n’a à craindre que des kto attiédis et contestataires. Les manifs de Madrid contre les jmjistes ont été montées de toute pièce par un théologien de la Libération contestataire avec toutes sortes de mouvements habituellement christianophobes (homosexualistes, laïcs etc), les Indignados étant jusque-là focalisés sur leurs revendicaitons sociales. leur réussite est d’avoir convaincu les Indignados de se joindre à cette attaque des JMJ.
    Mais cela ne date pas d’hier: Jésus trahi par un disciple et jugé par ses coreligionnaires, St Paul executé par les Romains sans doute suite à une dénonciation de chrétiens d’une autre tendance à Ephèse (d’après l’excellent livre de MF Baslez, “St Paul”). Donc rien de nouveau et communion à la Croix pour B16 et ceux qui l’écoutent. Pdc

  3. “De nos jours plus que jamais, la force principale des mauvais, c’est la lâcheté et la faiblesse des bons, et tout le nerf du règne de Satan réside dans la molesse des Chrétiens” (Saint Pie X – 13 décmbre 1908). C’est toujours d’actualité… Et même pire…

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