Bannière Salon Beige

Partager cet article

Culture de mort : Avortement / Culture de mort : Euthanasie

Le pharmacien, un outil bien utile pour la criminalité

Le pharmacien, un outil bien utile pour la criminalité

Témoignage d’un pharmacien pour les lecteurs du Salon beige :

Les pharmacies en France constituent un réseau de santé, de magasins, où sont délivrés des médicaments qui sont accompagnés de conseils de santé. Il existe environ 22 000 pharmacies en France, à la campagne et dans les villes, certaines modestes, d’autres très bien achalandées. Le pharmacien tire principalement son profit des médicaments qui sont remboursés par la sécurité sociale, vendant par ailleurs une part non négligeable de produits connexes à la santé et puis des produits de cosmétiques. C’est donc un maillon essentiel de la santé en France.

C’est une profession commerciale et libérale. Libérale mais dont les marges bénéficiaires sur les médicaments remboursés sont décidées par l’État, le tout géré par la sécurité sociale. Les consignes donnés par l’État, premier client, sont donc respectées à la lettre. Très rares sont les pharmacies qui ont refusé toutes conventions avec la sécurité sociale. Les patients arrivent avec une ordonnance, la carte vitale, le pharmacien délivre, conseille et facture. La sécurité sociale le paie pour cela : une marge sur le médicament et un honoraire de délivrance.

Dans l’ensemble de l’arsenal thérapeutique que délivre le pharmacien se distingue deux types de médicaments qui a priori, selon une éthique humaine, n’en sont pas : les produits abortifs et les produits pour l’euthanasie. L’actualité permet de mettre en lumière la situation du pharmacien qui est peu connue du grand public.

Situation hors Covid

Le pharmacien délivre des produits contraceptifs ; des produits contraceptifs d’urgence (dit « du lendemain ») ; des stérilets et des préservatifs. C’est son quotidien. Il n’y a qu’un seul pharmacien en France connu à avoir décidé de ne pas rentrer dans ce système. Il s’est vu officiellement condamné par son Conseil de l’ordre.[1]

En situation de crise sanitaire du Covid

Comme un mot de passe ouvrant toutes les portes : le « Covid-19» permet au gouvernement d’imposer aux pharmaciens deux nouvelles choses : la délivrance de Rivotril injectable, qui l’implique alors dans l’euthanasie de façon active, et, la délivrance de produits abortifs avec extension du délai d’avortement chimique, passant de 7 semaines à 9 semaines. Voici la récente déclaration de la direction générale de la santé : « IVG médicamenteuse en ville étendue jusqu’à la 9e semaine d’aménorrhée (7e semaine de grossesse) selon les protocoles prévus par la Haute Autorité de Santé ».

Rivotril injectable

L’État français a donc décidé de faire prescrire un médicament hors AMM[2], le Rivotril injectable, c’est à dire, en dehors de ses indications référencées, pour pratiquer l’euthanasie à des patients atteint du Covid, chez eux, « en ville ». Sous entendu que cela se fait à l’hôpital. Hors AMM ? En effet, le médecin doit inscrire sur l’ordonnance de Rivotril injectable : « prescription hors AMM dans le cadre du Covid-19 ». Soit dit en passant, le même gouvernement interdit la prescription du Plaquénil (hydroxychloroquine) hors AMM, en dehors de ses indications classiques donc, dans le cadre d’une infection Covid par exemple. Illogique ? Non, ciblé : pratiquement, le Rivotril injectable est utilisé chez les patients non hospitalisés, atteints par le Covid 19, en état d’insuffisance respiratoire grave et proche de la mort, c’est à dire, induire la mort chez un agonisant, l’euthanasie. Il est à préciser que le Rivotril est prescrit doublement en dehors des recommandations de son AMM car il est interdit… en cas d’insuffisance respiratoire, justement ce dont souffre le patient atteint d’une forme grave de Covid. En France, aujourd’hui, l’euthanasie est autorisée par la loi mais à condition que la décision soit collégiale, donc prise par plusieurs personnes connaissant le patient. Dans ce cas précis de cette utilisation du Rivotril injectable hors AMM, la décision n’est pas collégiale, elle est prise par le médecin généraliste, donc hors cadre de la loi. L’euthanasie était présentée lors des premiers votes à l’assemblée il y a quelques années « comme induisant un sommeil profond et durable », pour ne pas dire : mort. Aujourd’hui, la mort dans ces conditions est appelée « sédation terminale à domicile entraînant le décès ».

Avortement médicamenteux

Le ministre de la Santé, s’était publiquement ému de la difficulté pour les femmes, en ces temps de confinement, d’accéder à l’avortement. Le directeur générale de la santé aussi et a écrit : « des travaux visant à assurer la continuité de l’accès à l’IVG dans cette période d’épidémie Covid-19… ont été menés…». Voici donc les mesures qui ont été prises : pour le pharmacien, délivrance des « médicaments » IVG avec un délai allongé de deux semaines,  téléconsultation par un médecin ou une sage femme. Le pharmacien touchera 4euros d’honoraire de dispensation. La participation  à l’IVG s’intensifie donc pour le pharmacien. Il est vrai que dire que, selon tout éthique, l’avortement est un crime de nos jours déclenche des réactions étranges.

Réflexion sur l’origine de l’avortement

Tout a commencé avec l’arrivée de la pilule. Pilule, qui par principe déclenche une « ménopause » chez une jeune femme de 15 ans, une infertilité, comme si elle en avait 65, avec les conséquences néfastes possibles au niveau de sa santé d’une part et aussi et surtout des inconséquences relatives à sa sexualité d’autres part. En effet, il est simple à comprendre que la pilule assure, au niveau psychologique et au niveau physique, le découplage de l’acte sexuel de celui de la procréation.

Convaincre ces mêmes personnes pour qui l’avortement est un « droit » – car faisant l’objet d’une « loi » inscrite dans le droit français -, les convaincre donc, que la pilule contraceptive est elle-même mauvaise au point de vue éthique et va contre la nature humaine, relève du puissant tour de force. Toute personne un tant soit peu réfléchie considère que l’avortement n’est pas un « droit » humain puisque de fait, il va contre la nature et la vie. Il n’est pas un droit car il va contre la conscience humaine. Pourquoi alors des gouvernements, comme la France, rendent légal ce crime ? Les historiens, les juristes, les démographes, les spécialistes des cultes, les théologiens et les autres personnes compétente et de bonne volonté doivent y répondre.

Que font le conseil de l’ordre des pharmaciens et les syndicats professionnels à ces deux sujets d’actualité pour le pharmacien, IVG et euthanasie ? Y a-t-il une remarque, une réaction officielle ? Rien. Ils se bornent à répéter les consignes en tout genre. L’IVG et l’euthanasie se retrouve au même niveau que les consignes concernant la distribution des masques chirurgicaux au professionnel de santé. En un mot : pharmaciens, obéissez aveuglément.

Peut-on être pharmacien et respecter sa conscience humaine ou être catholique ? Selon la loi, non. Ce qui, d’ailleurs, remet en cause le principe républicain de liberté religieuse. D’un côté, la république admet la liberté religieuse et d’un autre côté, elle rend impossible l’exercice de cette pratique.

Pourquoi un pharmacien n’a pas de solution ?

Le pharmacien n’a pas de solution parce que, la définition du médicament a été changé, avant l’arrivée de la pilule contraceptive, incluant une nouvelle notion. En effet, une substance « modifiant » une fonction physiologiques est considéré comme un médicament : modifier le cycle hormonal naturel chez la femme – la pilule contraceptive – fait donc partie de l’arsenal thérapeutique. Une fois cette modification faite de la définition du médicament, la voie était libre pour permettre l’agrément de la contraception hormonale en France. Une substance qui empêche l’arrivée de la vie est considéré comme un médicament, or le pharmacien a le monopole du médicament.

Il n’y a pas de solution pour le pharmacien parce que même s’il n’est pas tenu de délivrer des produits abortifs selon le code de la santé publique, le droit commercial l’y oblige : en effet, encore une fois, le pharmacien a le monopole du médicament : il n’y a que le pharmacien qui peut délivrer ces produits, il y est donc obligé. Contrairement au médecin qui peut faire prévaloir une clause de conscience pour l’avortement. Le pharmacien lui est obligé de délivrer ces produits et en plus il doit en conseiller le bon usage, il est donc forcé d’être complice en plus. Et bien sur, l’argument de dire qu’il existe d’autres pharmacies dans la ville qui veulent bien le faire n’est pas admis par les autorités : tout pharmacien est obligé de délivrer ces produits sans être hors-la-loi française.

Historiquement, et il n’y a pas si longtemps de cela, les pharmaciens prêtaient le serment de Galien en promettant de ne jamais délivrer de préparation abortive et de ne jamais suivre les boniments des souffleurs d’alchimie. Ce temps est révolu.

Cette interdiction faite au refus de délivrer des produits abortifs est aujourd’hui confirmée par les juges européens. Ces derniers n’ont pas accepté que l’article sur la liberté de conscience et religieuse de la convention européenne des droits de l’homme serve de justificatif à un refus de délivrer ce type de médicament par un pharmacien. Sous le prétexte que c’est un acte publique. Il est facile de conclure que, pour eux, la conscience humaine doit rester un acte privé. Cette logique est une honte faite à la dignité humaine et à son intégrité. L’écartèlement de la conscience humaine qu’impose cette décision européenne est réel : il tente à séparer la conscience des actes de la personne. Cela entraîne une rupture entre la conscience avec la réalité. Cela implique d’avoir une conscience fictive, alors que les actes criminels, imposés, sont bien réels. C’est la porte ouverte à l’irresponsabilité et aux automatismes mortifères. Le fil conducteur est pourtant là rendu évident : imposer la pilule contraceptive équivalait à séparer l’acte sexuel, du fait d’avoir conscience que l’acte sexuel était tourné vers la vie, vers la procréation. Il n’est donc pas étonnant que quelques années plus tard, par chute progressive des consciences, la plus haute instance juridique européenne décide sur cette même veine : la conscience des citoyens doit être déconnectée de leurs actes et inversement.

Un ancien maître de pharmacie avait l’habitude de répéter à ses étudiants et employés pharmaciens : « Pharmacien ? C’est le plus beau métier du monde ». Il devait exercer beaucoup de qualités humaines avec ses clients c’est certain, pourtant, il délivrait, comme tous les pharmaciens, froidement, en automate, suivant les ordres et les décrets du gouvernement français, avec inconséquence et complicité, comme un kapo nazi se bornait lui aussi à simplement obéir à ses supérieurs, il délivrait donc, des produits abortifs. Maintenant, les pharmaciens délivrent en plus, des produits induisant la mort. Pourtant, ces produits ne sont pas des médicaments, ils ne devraient pas, en conscience, les délivrer.

Paul Michel, pharmacien


[1]    Le pharmacien Bruno Pichon avait été condamné par la Chambre disciplinaire en 2016 pour avoir refusé de vendre un stérilet, en raison de ses effets potentiellement abortifs.

[2]    On entend par une prescription hors AMM, tout médicament qui peut faire l’objet d’une prescription non conforme à ce qui est prévu dans son autorisation de mise sur le marché (AMM).

Partager cet article

6 commentaires

  1. Il me semble que Bernanos dit qch de ce type dans La France contre les robots, à propos des guerriers. En gros, au temps des reîtres, on savait à quoi ressemblait un soldat ou un tueur. De nos jours, un homme peut, un jour, balancer une bombe tuant des centaines de gens depuis son avion, et le lendemain se retrouver à un dîner en ville. On pourrait réutiliser cette image: en lisant cet article, on a le sentiment qu’aujourd’hui chacun de nous est devenu un meurtrier, finalement. Qu’en nous forçant à dissocier notre conscience et nos actes, nous devenons tous des assassins, tout en restant des gens très bien.
    Il est vrai qu’à partir du moment où l’on encourage une femme à considérer comme un objet l’enfant qu’elle porte, qui plus est un objet indésirable, toutes les autres limites éthiques peuvent être vite franchies.

  2. Mr Pichon n’est pas le seul , mon épouse a été poursuivie 14 ans par le conseil du désordre , jusqu’au conseil d’état

  3. Merci pour cette très belle synthèse relative à deux prises de textes officiels, en catimini, durant la crise du Covid.
    Mais la même idéologie peut s’appliquer aux terroristes : ils peuvent tuer, indépendamment de leur conscience ? Dualité !

  4. petite remarque : il y a quand même une grande différence entre quelqu’un qui choisi d’être pharmacien, études, stages et installation, sur plusieurs années, pour participer aux soins de l’humanité, et les terroristes qui détruisent des vies, au hasard, pour l’exemple, ce à quoi semble riper les commentaires…
    par contre, la clause de conscience, elle, devrait être entendue, mais encore faut-il crier si nécessaire ; l’histoire d’un amas de cellules a fait son effet !
    J’ai connu (il y a longtemps) un pharmacien qui ne vendait pas de capotes !

  5. Cet article qui compare le pharmacien a un “kapo nazi” suivant “comme un automate” les ordres du gouvernement est extrêmement stigmatisante pour toute une profession. Certes, le pharmacien n’a pas le choix, mais l’auteur oublie de dire qu’il est aussi le dernier maillon de la chaine à pouvoir alerter et poser des mots sur l’acte qui va être commis (ensuite, libre à la personne de persister dans ce choix ou non, mais peut-être qu’au moins une fois, elle aura entendu un autre son de cloches). A notre époque, et dans le contexte actuel, il est des métiers qui sont difficiles à exercer, cela ne veut pas dire que certains ne les exercent pas avec courage !

  6. Concernant la pilule contraceptive, je ne suis pas contente du tout de ce qu’on l’utilise. Au départ, il devait s’agir d’un médicament pour les femmes continentes bien sûr, visant à arrêter des douleurs très fortes de règles et à mettre les ovaires au repos pour prévenir l’apparition de kystes. Il fallait s’arrêter là.Le bon Dieu est bon, il a permis que ces femmes soient soulagées et ce n’était pas pour détourner ce médicament dans un but contraceptif. En plus, en ce qui me concerne, j’ai supporté pendant des années ces douleurs et malaises par peur des effets secondaires. J’en ai finalement pris quand j’ai habité dans un studio avec un lit mezzanine qui m’incitait fortement à accepter cette pilule sous peine de risquer de tomber en descendant l’échelle, car les malaises avaient souvent lieu au petit matin. Je n’ai pensé que tard de préciser au pharmacien que je ne couchais pas, et pourquoi je prenais cette pilule, de sorte qu’il ne fasse pas un péché en me la délivrant. La pilule n’a fait que contribuer à diminuer les salaires à mon avis, puisqu’il est acquis qu’un salaire et même deux doivent faire vivre environ quatre personnes maximum (2 enfants par couple). De plus, cela a augmenté les exigences en formation avant l’accès à l’emploi, à mon sens, puisque les couples sont disponibles indéfiniment ou presque avec la pilule, sans temps à consacrer aux enfants qu’ils n’ont pas. Bref, une catastrophe….. Et c’est un cercle vicieux. Puisque c’est ainsi, il devient “nécessaire” de prendre la pilule.

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services