«Le désordre de la société provient de celui des familles»

D'Aymeric Pourbaix dans Famille chrétienne :

"Curieusement, dans cette campagne électorale, la famille et les questions d’éthique font l’objet de conceptions assez tranchées, « clivantes », qu’il s’agisse du « mariage » homosexuel, de l’euthanasie ou du quotient familial. Bien sûr, il faut y regarder de plus près – le Diable est dans les détails – et scruter dans le passé récent les coups de canifs à la politique familiale, se méfier des belles promesses et tenter d’apprécier le degré de fiabilité des candidats. C’est que nous vous proposons de faire cette semaine, avec notre dossier thématique sur la famille. Nous voici donc confrontés à de véritables choix de société, autour de questions – on pourrait ajouter la laïcité – essentielles pour les chrétiens. Il semble même qu’il s’agisse d’une des nouveautés de cette élection : l’émergence d’enjeux de civilisation, sur lesquels l’Église possède une expertise qu’elle ne peut passer sous silence.

On pourra certes regretter qu’il faille soumettre au vote ce qui relève finalement de principes naturels, qui constituent le fondement de la vie en société, comme le mariage entre un homme et une femme. N’y a-t-il pas là une des perversions de la démocratie, celle de faire entrer dans le domaine du relatif et du rapport de forces politique ce qui appartient au patrimoine commun de l’humanité ?

Pour ce qui concerne la famille, on commence à peine à réaliser, par exemple, les méfaits d’une législation qui facilite le divorce et n’encourage pas à l’engagement dans la durée : enfants fragilisés, familles précarisées, surcoûts pour la collectivité…  

Au-delà de ce regard juridique et économique, et en attendant un hypothétique consensus sur ce que doit être une vraie politique familiale, il convient de dire et de montrer la beauté du projet chrétien pour le couple et la famille. Sans fausse gloriole – parce qu’il existe aussi des divorces chez les catholiques – mais avec l’humble conscience de porter un trésor, surnaturel, qui bénéficie à l’ensemble de la nation, cette famille de familles. Qui dira haut et fort l’apport essentiel des familles nombreuses et unies au bien de notre pays tout entier ? Comme le soulignait au XVIe siècle une éducatrice hors pair, sainte Angèle Merici : « Le désordre de la société provient de celui des familles ». Dès lors, le renouveau de la société viendra lui aussi des familles, du moins de celles qui auront réussi malgré tout à tenir le choc de plus de quarante ans de bouleversements. C’est une tâche immense, mais c’est sûrement à ce niveau que se situe leur sainteté."

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