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Le député Poisson demande une discussion sur le traité TAFTA

Jean-Frédéric Poisson député des Yvelines et président du Parti chrétien-démocrate écrit dans le Figarovox à propos du traité de libre-échange transatlantique «TAFTA» :

"[…] Dès le 2 juin dernier, j'adressai à Christian Jacob, Président du Groupe les Républicains à l'Assemblée nationale un courrier lui demandant d'exiger de Claude Bartolone la tenue d'un débat à l'Assemblée sur le traité transatlantique en cours de négociation. Un débat démocratique à l'échelon des Parlements nationaux me semble en effet indispensable, étant données les conséquences considérables de ce traité pour les peuples européens. […]

Il ne s'agit rien de moins que d'une unification économique, commerciale et juridique des espaces nord-américain et européen, sur des bases libre-échangistes à l'américaine. Ce projet aura des conséquences considérables pour notre pays. Comment savoir si cet accord de libre-échange sera équilibré entre les deux parties? Comment évaluer ces retombées en matière d'emploi, de santé, d'environnement?

Le seul moyen de le savoir est d'associer étroitement les Parlements nationaux au suivi des négociations du traité. C'est ce que je demande. Et je crois être le premier du côté des Républicains à exiger officiellement un débat à l'Assemblée nationale sur ce sujet.

À ce stade de la négociation, et à ce que l'on en sait, trois points m'interpellent.

Premièrement, la suppression totale des droits de douane (actuellement de 5,2 % pour l'UE et de 3.5% pour les États-Unis) sur les produits industriels et agricoles qui sera évidemment préjudiciable aux pays de l'Union européenne.

Deuxièmement, l'élimination programmée des barrières non tarifaires qui obligera à une convergence vers le bas des normes sociales, salariales, environnementales et sanitaires.

Troisièmement, la mise en place d'un mécanisme d'«arbitrage des différends» entre États et investisseurs privés qui renforcera les multinationales au détriment de la souveraineté des États.

Au-delà de ces points de négociation, qui en l'état sont clairement défavorables aux peuples européens, c'est la vision de la démocratie et de l'économie que sous-tend ce projet qui sont clairement inacceptables.

Un tel traité ne peut être adopté sans un examen démocratique préalable. Les Parlements nationaux me semblent le meilleur échelon pour en discuter.

C'est un enjeu de démocratie: on ne peut pas laisser les peuples européens et leurs représentants dans l'ignorance de ce qui va engager leur avenir. Le fait que ce soient non pas des élus mais des fonctionnaires de la Commission européenne qui sont chargés de négocier ce traité pose d'emblée la question de la légitimité des négociations. De même, on ne sait toujours pas à ce jour, si ce traité fera ou non l'objet d'une ratification par les Parlements nationaux!

C'est un enjeu de souveraineté: on ne peut accepter de brader la souveraineté des États européens au profit d'entreprises transnationales privées qui obéissent principalement aux intérêts financiers des États-Unis, et parfois européens. Voulons-nous continuer, au risque de nous perdre, à nous diluer dans la mondialisation? Je ne crois pas que ce soit le souhait des Français.

C'est un enjeu de société: voulons-nous favoriser un modèle économique qui repose sur la financiarisation accrue de l'économie, l'accélération des échanges, la fragilisation des producteurs, l'industrialisation de l'agriculture? Ou bien choisir un modèle tourné résolument vers l'emploi, les circuits courts et la qualité des produits? Alors que nous traversons une crise écologique majeure, comme vient de nous le rappeler avec exigence le Pape François dans son encyclique Laudato si', et que des millions de Français souffrent du chômage comment peut-on imaginer un seul instant opter, pour la première solution, celle que le projet TAFTA veut secrètement nous imposer?

Enfin, c'est un enjeu européen: voulons-nous continuer à nous aligner sur les États-Unis et diluer l'Europe dans un vaste marché? La France et l'Europe doivent retrouver leur indépendance vis-à-vis des États-Unis. Que ce soit en matière de politiques commerciale et économique, qui ont un impact direct en matière d'emploi et d'environnement. Mais aussi en matière de politique étrangère. La politique conduite par les États-Unis au Moyen-Orient, et trop souvent suivie par la France, mène au chaos dans cette région du monde, ce qui a des conséquences dramatiques pour l'Europe. En témoigne l'arrivée massive et incontrôlable de migrants sur nos territoires depuis plusieurs mois.

Je ferai pression au sein de mon groupe parlementaire Les Républicains et auprès du Président de l'Assemblée nationale pour que ce traité puisse être débattu dans l'hémicycle.

Une vaste mobilisation des consciences est en marche. Espérons que cette fois, les peuples seront écoutés et que l'on ne rejouera pas le mauvais scénario du projet de Constitution européenne et du traité de Lisbonne. Cela les Français ne l'accepteront pas."

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5 commentaires

  1. Si l’on se réfère au traité de Lisbonne, le fait d’obtenir un éventuel débat parlementaire sur le TAFTA ne me semble pas garantir la prise en compte de la vox populi…
    M. Poisson devrait également se préoccuper du traité UE-Canada dont la négociation est terminée et qui devrait être ratifié par chaque État membre de l’UE. Il semblerait qu’une mise en œuvre provisoire en soit prévue AVANT le terme du processus de ratification.
    http://www.economie.gouv.qc.ca/objectifs/conformer/accords-commerciaux/accord-economique-et-commercial-global-entre-le-canada-et-lunion-europeenne-aecg/page/apercu-18231/?tx_igaffichagepages_pi1%5Bmode%5D=single&tx_igaffichagepages_pi1%5BcurrentCat%5D=&cHash=a2bb9f2750f0a430e59c1b4f321a7b1f#c45684

  2. La mise en place d’un mécanisme d’«arbitrage des différends» entre États et investisseurs privés qui renforcera les multinationales au détriment de la souveraineté des États, est en réalité la fin de la démocratie ! Si lors d’un référendum, le peuple ne veut plus par exemple du round up, il ne pourra plus lutter contre !
    D’autre part, comment peut-on activer ainsi les échanges internationaux sachant que les transports sont une des causes majeures du réchauffement climatique ? Soit le réchauffement n’est qu’une vaste fumisterie pour mettre en place une taxe carbone servant au financement de la mondialisation, soit on a des hommes politiques totalement irresponsables !
    Bref, ce traité transatlantique décidé en catimini, a tout l’air d’être un traquenard où les seuls bénéficiaires risquent d’être le monde de la finance et des multinationales et non des peuples.

  3. Le traité TAFTA est secret, illégal et illicite
    Des gens qui prétendent signer des traités en dehors de tout processus démocratique sont des traitres et n’ont AUCUNE légitimité donc AUCUN pouvoir.

  4. Il y a encore des députés courageux!
    C’est un traité du même type, le traité de Montargis, signé 22 et 28 octobre 1484 par des personnes non investies du pouvoir sur la Bretagne (mais pensionnés du roi de France), qui a permis l’annexion de la Bretagne à la France.
    5 siècles plus tard, nous y sommes encore, malgré rebellions et répressions massives.

  5. un poisson qui veut discuter la loi “maquereau” c est drôle non ?

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