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France : Société

Le déclin est-il inéluctable ?

Dans Figaro Vox, Mathieu Bock-Côté note que, de Michel Onfray à Eric Zemmour, en passant par Michel Houellebecq, "le sentiment de la fin d'un monde traverse aujourd'hui la pensée française." Et de poser la question :

"Que faire ? La question peut sembler simpliste, exagérément prosaïque, mais elle ouvre pourtant un vaste champ de possibilités à quiconque ne se résigne pas à être le témoin d'une triste agonie. Dans L'écriture du monde et La croix et le croissant, deux livres magnifiques, François Taillandier se l'est posée, en méditant sur la fin de Rome et la naissance de l'Europe chrétienne. «Les hommes véritablement utiles sèment ce qu'ils ne verront pas fructifier. L'arbre qu'ils ont planté donnera de l'ombre à leurs descendants, ils le savent, et se résignent de gaieté de cœur, ayant labouré et semé, de n'être plus là quand viendra le temps des moissons».

Autrement dit, la cité qui meurt n'emporte pas tout avec elle. Sa part la plus précieuse peut être conservée par des hommes renonçant au prestige social et politique pour conserver dans les marges de la cité certains trésors précieux. Encore faut-il avoir une certaine idée de la transcendance pour transmettre au fil du temps ce que l'on croit sacré. Mais cette réponse exige aussi une forme de renoncement civique: l'homme de savoir n'entend plus féconder le monde commun des principes fondamentaux et des œuvres vitales. Il entend les mettre à l'abri de la destruction pour qu'un jour, ils contribuent à une renaissance.

Il y a une grandeur admirable dans ce choix. Mais le commun des mortels peut-il vraiment se satisfaire de cette stratégie de l'arche? Chose certaine, on sent la politique ordinaire de plus en plus traversée par cette angoisse existentielle, que peinent à traduire les partis, lorsqu'ils ne se contentent pas d'y voir une peur irrationnelle. (…) De mille manières, on souhaite se déprendre de l'alternance devenue aliénante entre sociaux-libéraux et libéraux-sociaux.

À sa manière, le peuple appelle au secours. Il sent bien qu'il fera les frais de cet effondrement. Il a le sentiment intime de ce déclin historique. Si ce terme n'était pas aujourd'hui à peu près proscrit, il parlerait peut-être même de décadence. Il cherche alors l'homme providentiel ou se laisse tenter par la révolte populiste. À travers cela, il espère qu'une volonté immense puisse renverser le cours des choses. Il entend moins du politique qu'il n'adoucisse le déclin de nos sociétés qu'il ne restaure les cadres politiques et culturels sans lesquels la cité n'est plus protectrice, sans lesquels, en fait, elle se retourne contre l'homme.

On en revient au point de départ. C'est une chose de craindre la fin de la civilisation occidentale. C'en est une autre de la décréter inéluctable. Mais la chute du communisme nous rappelle qu'un monde trop en contradiction avec les aspirations profondes de l'homme peut s'affaisser sans prévenir. Après coup, chacun dira avoir prophétisé la chute. Mais avant qu'elle ne survienne, qui s'y serait vraiment risqué? Ne peut-on dire la même chose de la société actuelle qui déracine les peuples, brouille les repères de civilisation, enraye les mécanismes de la transmission culturelle et condamne le politique à l'impuissance?

Il se pourrait que le vieux monde fasse encore valoir ses droits."

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6 commentaires

  1. Bel article en effet. Mais la réponse au “que faire ?” ne se résume pas à la “stratégie de l’arche”… C’est plutôt souffler sur des braises encore chaudes pour que bientôt le feu reprenne et ça, oui, c’est enthousiasmant.

  2. Inéluctabilité du déclin français?
    Eric Zemmour provoque pour réveiller, donc il espère.
    Michel Houellebecq prédit pour faire peur, donc il espère.
    Michel Onfray, trahi lui, désespère. Il ne croyait qu’en l’homme …
    Du mal qui nous agresse aujourd’hui sortira un bien demain,
    Parce qu’on est en France, pays du bon vin,
    et donc de l’Espérance.

  3. Prévoir la transmission n’empêche pas de ranimer l’Espérance.Ce que je fais ,à ma place de maire-adjoint dans ma ville.Nous combattons aux remparts de la cité,en rêvant de l’avenir de nos enfants et de notre civilisation chrétienne.

  4. beaucoup de littérateurs peu d’hommes d’action encore moins d’hommes, vrais politiques au service de la France, la seule France !

  5. Mathieu Bock-Côté en vient à écrire et à prévoir comme possible :
    “La cité qui meurt n’emporte pas tout avec elle. Sa part la plus précieuse peut être conservée par des hommes renonçant au prestige social et politique pour conserver dans les marges de la cité certains trésors précieux.”
    Ce phénomène s’est produit à plusieurs reprises en Europe, au cours du premier millénaire. Ainsi les textes anciens, latins et grecs, ont été mis à l’abri des Barbares dans les monastères, et, quelques siècles plus tard, retrouvés, recopiés, puis édités par Pétrarque et ses disciples d’abord, puis par Erasme rt les érudits de la Renaissance.

  6. Notre Dame à La Salette :
    Suite aux prières et aux larmes des bons, mon Fils enverra ses anges mettre à mort tous les hommes adonnés au Mal”
    Saint Pie X :
    Saint Pie X, à Mgr Touchet, évêque d’Orléans, lors de la lecture du décret de béatification de Jeanne d’Arc, 13 décembre 1908.
    “Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une lumière céleste et entendra une voix qui lui répètera : “Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ?” Et sur la réponse : “Qui es-tu Seigneur ?”, la voix répliquera : “Je suis Jésus que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que dans ton obstination, tu te ruines toi-même.” Et elle, tremblante et étonnée, dira : “Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?” Et lui : “Lève-toi, lave tes souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein tes sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre.”
    Pie XII :
    “Il n’est pas rare qu’aux instants les plus critiques, ainsi qu’un coup de vent rompt les nuages et laisse voir l’étoile qui guidera le navigateur au port, le Seigneur envoie l’inspiration surnaturelle qui doit faire d’une âme le salut de son peuple. Levez donc les yeux, fils bien-aimés, dignes représentants d’une nation qui se glorifie du titre de fille aînée de l’Eglise, et regardez les grands exemples qui vous ont précédés. […] Vénérez les saints. […] Tombez à genoux devant le Dieu qui vous attend au tabernacle, renouvelez votre profession de foi, promettez-lui de nouveau votre fidélité la plus parfaite, et soyez sûrs que ce faisant vous répondrez à votre vocation d’hommes, de chrétiens, de Français. […]
    Et s’il peut sembler un moment que triomphent l’iniquité, le mensonge et la corruption, il vous suffira de faire silence quelques instants et de lever les yeux au ciel, pour imaginer les légions de Jeanne d’Arc qui reviennent, bannières déployées, pour sauver la patrie et sauver la foi.”

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