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Pays : International

Le choix d’investir est un acte moral non anodin

Dans L’Homme Nouveau, Philippe Maxence rappelle quelques réalités qu’avait énoncé Jean-Paul II sur la finance :

H "La crise financière qui touche la planète révèle une nouvelle fois que la mondialisation n’est pas ce paradis sur terre que l’on nous chante habituellement. Elle montre aussi que le fameux « marché » n’est pas en lui-même suffisant pour régler le cours du monde. Jean-Paul II soulignait déjà dans Centesimus annus

«que même le choix d’investir en un lieu plutôt que dans un autre, dans un secteur de production plutôt qu’en un autre, est toujours un choix moral et culturel» (C.A. n. 36).

On l’a souvent oublié comme on oublie aujourd’hui de s’examiner sur ce point. Hasard ? Autre oubli : le rôle de l’État. Citons encore une fois Jean- Paul II :

«L’activité économique, en particulier celle de l’économie de marché, ne peut se dérouler dans un vide institutionnel, juridique et politique.» (C.A., n. 48).

Laissé à lui-même, le « marché » n’offre pas la garantie d’une vie bonne pour l’homme. Il lui faut être orienté au bien commun, une notion devenue vide de sens et que l’on confond généralement avec celle « d’intérêt général », un beau révélateur de nos modes de pensée matérialistes. La primauté de la finance sur l’activité économique et sur la fonction politique, conduit toujours à des désastres humains. Le choc de la crise conduit à chercher les coupables et à leur demander des comptes. C’est certainement nécessaire ! Mais il faut aller plus loin. C’est à une réorientation générale de nos modes de vie qu’il faut penser. Pour dépasser la simple mise en cause d’un système dont nous nous contentons fort bien quand tout va bien."

MJ

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2 commentaires

  1. Bonjour.
    La mauvaise nouvelle (pour les capitalistes): ils ont joué, ils ont perdu. Le casino mondial est en train de se volatiliser.
    La bonne nouvelle pour tous les peuples : l’année 2008 fut l’année de la chute de la pire dictature économique que le monde ait connu.
    Bon Jour
    Arold

  2. Toujours dans CENTESIMUS ANNUS, ces passages qui montrent que le trop d’Etat ou le trop d’impôt tue l’Etat et l’impôt et se retournent contre la société et le citoyen. La prolongation des aides publiques au relogement de Roosevelt jusqu’en 2008 a déséquilibré l’immobilier et créé une bulle :
    § 48. …………….L’Etat a par ailleurs le devoir de surveiller et de conduire l’application des droits humains dans le secteur économique ; dans ce domaine, toutefois, la première responsabilité ne revient pas à l’Etat mais aux individus et aux différents groupes ou associations qui composent la société. L’Etat ne pourrait pas assurer directement l’exercice du droit au travail de tous les citoyens sans contrôler toute la vie économique et entraver la liberté des initiatives individuelles. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il n’ait aucune compétence dans ce secteur, comme l’ont affirmé ceux qui prônent l’absence totale de règles dans le domaine économique. Au contraire, l’Etat a le devoir de soutenir l’activité des entreprises en créant les conditions qui permettent d’offrir des emplois, en la stimulant dans les cas où elle reste insuffisante ou en la soutenant dans les périodes de crise.
    ………….. Ces interventions de suppléance, que justifie l’urgence d’agir pour le bien commun, doivent être limitées dans le temps, autant que possible, pour ne pas enlever de manière stable à ces groupes ou à ces entreprises les compétences qui leur appartiennent et pour ne pas étendre à l’excès le cadre de l’action de l’Etat, en portant atteinte à la liberté économique ou civile.
    On a assisté, récemment, à un important élargissement du cadre de ces interventions, ce qui a amené à constituer, en quelque sorte, un Etat de type nouveau, l’« Etat du bien-être ». Ces développements ont eu lieu dans certains Etats pour mieux répondre à beaucoup de besoins, en remédiant à des formes de pauvreté et de privation indignes de la personne humaine. Cependant, au cours de ces dernières années en particulier, des excès ou des abus assez nombreux ont provoqué des critiques sévères de l’Etat du bien-être, que l’on a appelé l’« Etat de l’assistance ». Les dysfonctionnements et les défauts des soutiens publics proviennent d’une conception inappropriée des devoirs spécifiques de l’Etat. Dans ce cadre, il convient de respecter également le principe de subsidiarité: une société d’ordre supérieur ne doit pas intervenir dans la vie interne d’une société d’un ordre inférieur, en lui enlevant ses compétences, mais elle doit plutôt la soutenir en cas de nécessité et l’aider à coordonner son action avec celle des autres éléments qui composent la société, en vue du bien commun (100).
    En intervenant directement et en privant la société de ses responsabilités, l’Etat de l’assistance provoque la déperdition des forces humaines, l’hypertrophie des appareils publics, animés par une logique bureaucratique plus que par la préoccupation d’être au service des usagers, avec une croissance énorme des dépenses. En effet, il semble que les besoins soient mieux connus par ceux qui en sont plus proches ou qui savent s’en rapprocher, et que ceux-ci soient plus à même d’y répondre.

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